Imaginez maintenant que l'enchère se déroule de façon à ce que vous ne puissiez plus voir les autres participants à la vente. On ne vous dira pas qui est là et qui a surenchéri de combien, on vous donnera juste une marge de surenchère. Et seulement payer plus ne suffit plus pour remporter l'enchère parce que le commissaire-priseur aura créé un système qui laisse les enchérisseur gagner même s'ils n'ont pas misé le plus.
Vous n'aimeriez peut être pas ce système mais ce sera ce commissaire-priseur qui aura la main mise sur tout le marché des enchères.
Imaginez donc ça, et vous avez imaginé Google.
Je m'explique, la plupart des gens pensent que Google n'est qu'un simple moteur de recherche gratuit. Et c'est le cas. Mais là où se trouve le génie de Google, c'est que cette société a compris que les publicitaires paieraient pour avoir leur liens/messages qui apparaissent au moment où nous entrons nos mots clefs dans le moteur. Ces "search add" représentent en fait la plus grosse part du marché de la publicité sur Internet. Google a la part du lion, ce qui lui a permis d'amasser tellement de pouvoir que cela pourrait se retourner contre lui et que les US lancent une enquête antitrust.
D'ailleurs, ils sont déjà en train d'examiner les problèmes de trust dans un marché qu'a conclu Google avec les auteurs pour vendre des milliers de livres en ligne. Et ils recherchent aussi les liens qu'il pourrait y avoir dans le fait que Google et Apple ont en commun deux membres aux comités de direction, l'un d'eux étant Eric Schmidt, le PDG de Google.
L'an passé, lorsque Google avait tenté de conclure un pacte avec Yahoo, les agents fédéraux de la régulation étaient à deux doigts de poursuivre la société pour monopole mais Google s'est retiré.
Microsoft tente de pousser les fédéraux à freiner Google - et c'est peut être une coïncidence, ou pas, qu'une des société extérieure de conseil juridique de Microsoft, représente aussi TradeComet, une petite société new-yorkaise qui a poursuivi Google en février pour violation des lois antitrust. (Microsoft affirme que cela n'a rien à voir avec cette affaire).
Finalement, l'administration d'Obama prend des positions plus sévère sur les lois anti-trust que l'administration Bush n'a fait.
Pourquoi toute cette agitation ? Les deux tiers des recherches Internet aux U.S. passent par Google, alors que Yahoo et Microsoft n'ont respectivement que 20% et 8% du marché selon une étude réalisée par eMarketer. En clair, si vous voulez vendre quelque chose sur Internet, mieux vaut faire sa campagne de pub sur Google.
Personne ne sait si Google a abusé de son pouvoir, mais l'an passé cette société a généré 22 milliards de dollars de revenu et 4,2 milliard rien qu'en profit net. Le succès n'est pas systématiquement synonyme de malversation, bien évidemment. Mais historiquement, c'est le meilleurs moyen pour les compagnies technologiques d'attirer les ennuis - c'est même presque devenu un rite de passage. IBM a souffert pendant 13 ans pour une affaire d'antitrust dans les années 70 ; il y a environ dix ans c'était le tour de Microsoft. En mai dernier, la régulation européenne a donné une amende de 1,45 milliard de dollars à Intel pour avoir abusé de sa position pour empêcher son rival AMD de gagner des parts de marché. Monter une affaire d'antitrust contre Google serait vraiment très difficile, même si le concept de cette société est simple, cela devient irrémédiablement compliqué dans la pratique. Toutefois, monter ce genre de dossier contre la plus puissante des compagnies technologiques peut être très tentant pour ceux qui veulent casser les monopoles...
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Après la censure d'une partie de la loi par le conseil constitutionnel, le gouvernement nous avait promis un amendement... voilà qui est en cours de réalisation, et c'est à Michèle
Alliot-Marie qu'il incombe, du coup, de nous le présenter, vu que notre nouveau ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a préféré s'abstenir, ne connaissant pas suffisamment le dossier.
