Mercredi 23 janvier 2008
Comme tous les matins en semaine, il était temps de se rendre au travail. Travail, rien que l'énoncé de ce mots lui faisait dresser les cheveux sur la tête et accelérer les battements de son coeur.
Depuis que la société avait été rachetée par les Chinois, plus rien n'était comme avant. Les horaires augmentaient alors que le salaire, lui restait de marbre. Avec
les nouvelles lois sur les contrats de travail et le fameux slogan "Travailler plus pour gagner plus", il avait été facile à la direction de faire prendre des vessies pour des lanternes aux
employés.
Mais si encore il n'y avait que ça. Ce ne serait pas trop grave, il aime son travail. Mais avec tout ces changements, l'équipe a été remaniée et l'ambiance en a pris
un coup. Un sacré coup même. Plus de pause café en arrivant le matin, plus de pause déjeuner à la cantine, plus d'occasion de parler... ses nouveaux collègues l'avaient mis sur la touche. On le
trouvait trop vieux, mais personne ne pouvait le mettre dehors, le travail, étant lui, bien fait et toujours dans les temps.
Il ne supportait pas ces jeunes aux dents si longues qu'elle rayent le parquet. Oui, il est encore le directeur du service commercial. C'est lui qui pilote, mais
pour combien de temps encore ?
Ce matin, il a décidé que s'en serait fini des railleries et autres méchancetés, que oui, il était gentil, mais non, on ne pouvait pas le prendre pour un con ainsi
impunément.
Fini les coussins péteurs, les punaises sur sa chaise. Fini les coups de fils anonymes pour lui vendre un séjour en maison de retraite ou des obsèques sur mesure.
Fini tout ça, il allait y mettre un terme une fois pour toute, on allait bien voir qui était le chef.
Il entra dans le bâtiment. A peine avait-il montré sa bobine que les bavardages autour de la machine à café cessèrent, tout le monde le regardant d'un oeil
narquois.
Il se planta devant ses collaborateurs, l'air plus sérieux que jamais.
"Réunion de tout le personnel du service commercial en salle 101 à 10h tapante. Je ne tolérerais aucune absence. C'est bien compris ?"
Les mines restèrent abasourdie devant ce ton si décidé.
Jack semblait satisfait de l'effet d'annonce. 10h. Vivement 10h.
Il avait tout prévu : Uzi et suffisament de munition pour n'oublier personne. C'était l'épiphanie hier ? Fort bien, on allait voir qui était le roi, et pour ça,
fallait bien tirer quelques fèves non ?
par Cassandre
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