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Citations

"Happiness always looks small while you hold it in your hands, but let it go, and you learn at once how big and precious it is. "  - Maksim Gorky

"Si nous voulons construire une amitié durable, nous devons aimer nos amis pour eux et non pour nous." - Charlotte Brontë


"Every man is the architect of his own  life. He builds it just the way he  wants it. However,  after he  has built  what he  wants, he  sometimes decides that he doesn't like  what he  has built  and looks  for someone  or something  to blame instead of changing himself." - Sidney Madwed

"L'imagination porte bien plus loin que la vue." - Baltasar Gracian Y Morales


"La connaissance a de commun avec la  bêtise qu'elle n'a pas de limites. Il  est commun que les limites de nos connaissances sont des bêtises. Les limites de nos bêtises sont nos connaissances communes. La connaisance de nos limites met à  nu nos bêtises communes. C'est une  bêtise d'arrêter nos connaissances aux  limites de nos bêtises communes."





A mes visiteurs...

Je vous souhaite la bienvenue sur ce modeste Journal, intime parfois (qui a dit souvent, là bas au fond ??!! ;-) ), réactif souvent, photographique le lundi, "littéraire" le mercredi, à propos du Japon (pays que j'aime beaucoup) le samedi et aussi humouristique, du moins je l'espère !

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Mercredi 3 janvier 2007
Voilà, j'ai décidé de m'y mettre... Alors pour commencer cette nouvelle année, un petit feuilleton à suivre, comme il y avait autrefois dans les journaux, ça m'obligera à faire quelques exercices d'écriture, cet an-ci c'est pas ça côté création et pourtant ce n'est pas faute d'avoir des idées... alors voici, ce que je vous propose...

J'ai l'idée générale de l'histoire, c'est bien à plat dans ma tête mais seul le début est, pour l'instant, écrit.

A vous de deviner la suite, et fonction de vos réactions, ma foi, il se pourrait que j'inclue vos éléments dans l'histoire... Qu'en pensez-vous ?

Aller, je me jette à l'eau... bonne lecture !




Puisqu'il ne pourrait rien obtenir du sheriff et de son adjoint, tous deux bons pour la retraite depuis au moins une décennie, le chroniqueur du Lincoln Review regarda rapidement sa montre et se dit qu'il était temps de déguerpir, il n'apprendrait rien de plus de ces deux énergumènes. Il les remercia néanmoins pour le temps qu'ils lui avaient accordé, glissa de quoi régler la note sous la salière et se tira vite fait. Ne remarquant même pas la jeune femme installée aux côtés des antiquités, hormis peut être son étonnante plastique...

Une fois le journaliste parti, Steven pris prestement les billets et les enfourna dans son vieux portefeuille en faux crocodile usé jusqu'à la corde, avec un petit sourire malicieux.
"Mais qu'est ce que vous faites !?" demanda, surprise, Amélia Heart, bien que connaissant le loustic, celui-ci devait vouloir, une fois de plus "choquer cette jeune recrue" (en fait ils adoraient ça tous les deux).
"Que pensez vous ?" dit-il arborant un sourire tout fier de lui.
- On dirait bien que vous venez d'empocher l'argent qui payait notre repas !
- Pour sûr, vous n'êtes pas née de la dernière pluie ma chère, acquiesça Steven en lançant un de ses clins d'oeil malicieux à son compère et adjoint, Marty.
Ces deux là étaient Shérif et adjoint de la petite bourgade de Buffalo depuis au moins aussi longtemps que la ville existait. Nul ne savait réellement pourquoi on ne les avait pas envoyés à la retraite, par nostalgie sans doute et puis... il fallait bien l'admettre, ce n'était pas dans le coin que l'on avait beaucoup de problèmes avec la délinquance, les vols ou les meurtres... tout au plus quelques gamins mal élevés ou en manque de frissons qui volaient deux trois bonbecs au marchand du coin. Rien de bien transcendant en somme.
- Mais...enfin... Pourquoi ?
- Vous avez peur que je fasse en sorte que nous partions sans régler et que je mette ça sur le compte de Liz ?
- Non... heu... au fait, qui est Liz ?
- Liz Tallor, notre serveuse fit Marty en lançant un regard dans la direction d'une femme d'une cinquantaine d'année, en train de ramasser les reliefs d'un autre repas sur une table voisine. Parce qu'il se trouve que c'est une des habitudes favorites de Carter Prince, qui possède un autre établissement de ce genre, tout comme son père avant lui et... mais... pour ce que ça peut vous faire de toute façon...
- Ca m'intéresse...
- Je sais, fit Steven en posant sa patte de poulet toute fripée sur celle, lisse et douce, de la jeune femme. Et Marty aussi, et c'est pour ça qu'on prend bien le temps de vous expliquer.
- Ah, ça y est... on reprend la formation.
- Yup, ma petite dame ! Et d'ailleurs, vous savez ce qu'il y a de chouette pour des vieux de la vieille comme nous ?
- C'est que vous n'avez à faire la classe qu'à des gens qui ont envie d'apprendre... dit-elle dans un sourire.
- Tout à fait exact, acquiesça Steven en s'adossant confortablement sur la banquette, s'essuyant le menton de la mayonnaise du plat qu'il venait de finir. Et ça, c'est vraiment chouette.

"La politique du Coyote à Trois Pattes c'est que justement les serveuses sont responsables des additions de leurs tables jusqu'à ce que celles-ci soient réglées. Et Carter est bien clair sur ce point avec toutes ses serveuses, histoire qu'elles ne viennent pas chouiner ensuite en disant qu'elles n'avaient pas bien compris."

- Ca ne me semble pas tout à fait... lança-t-elle et s'arrêtant au milieu de sa phrase, ne sachant comment ils allaient prendre sa remarque.
- Pas juste ? C'est le mot que vous cherchiez ? fit Steven d'un ton pince-sans-rire.
Dans sa bouche, ça donnait quelque chose plus proche de "pô ju'" comme si les mots étaient prémâchés... Amélia venait de Omaha et se retrouver mutée ici, dans le fin fond du Nebraska, c'était vraiment pas la joie. Elle avait même failli démissionner. Après tout, se retrouver au placard comme ça, juste pour une toute petite erreur de parcours, c'était assez humiliant. Et puis, comment faire son boulot, quand vous ne compreniez même pas ce qui se disait autour de vous ?
Mais un jour Marty l'a prise à part et lui a dit "ne nous quittez pas encore, Amélia, patience, ça va venir". Et comme si ces quelques mots avaient été une formule magique destinée à enlever les bouchons qu'elle avait l'impression d'avoir dans les oreilles, dès le lendemain, leurs explications lui semblaient aussi limpides que de l'eau de roche. Alors passer sa vie dans ce trou perdu, peut être pas, mais y passer un petit moment et les comprendre, pou' su'  elle pouvait.
- Pas juste, oui, c'est le terme.
- Mais ce n'en est pas un qui fasse partie du vocabulaire de ce bon vieux Carter Prince ! Sauf si on parle additions ! fit Steven et sans changer de ton il ajouta, mais arrête de te bâfrer ! Tu as bien assez de graisse côm' çô !
- Eh, oh ! On a pas gardé les vaches ensemble alors m'fais pas la morale, ok ?
Et dis lui c'que tu as à dire sans prendre trois milliards de détours...
- S'il est pas mignon ? L'a jamais appris que c'était mal poli de parler la bouche pleine.
Il se pencha un peu plus vers Amélia, une mèche blanche lui tombant sur le front. Et dans un souffle, poursuivi :
- Liz, elle a trois mômes entre douze et seize ans, elle vit seule et comme on dit par chez nous, les fins de mois sont durs, surtout les trente derniers jours. Vous voyez ?
- Oui, je vois tout à fait répondit Amélia.

Et c'est précisément à ce moment là que l'objet de leur conversation s'approcha de leur table :
- Steven, Marty... ne saluant la jeune inconnue à leur côté que d'un signe de tête. J'ai vu qu'vôt' invité l'avait filé, sans doute pour attraper le dernier train.
- Ouais, fit Steven, s'est rendu compte qu'il valait mieux qu'il rentre à Lincoln vite fait bien fait.
- Pour sûr. Vous avez fini ?
- Oui, mais on est pas pressés, apportez-nous la note dès que vous voudrez Liz. Et les gosses, y vont bien ?
- Ca peut aller, le petit dernier a encore fait l'imbécile et s'est cassé un bras en tombant d'un arbre où il voulait faire ami-ami avec un écureuil. Il m'a fichu une de ces trouilles !
Les deux ancêtres se jetèrent un regard et s'esclaffèrent, sûrement se remémorant leur propre jeunesse aujourd'hui envolée... quel gamin n'a jamais joué les casse-cou, sans jamais se préoccuper du soucis que cela pouvait causer à leur mère ?
Ils s'arrêtèrent rapidement, prirent un air contrit et Marty exprima toute sa compassion... mais Liz n'était pas dupe et fit en aparté à Amélia :
- Ces hommes tous les mêmes ! Ils font les 400 coups, mais qui est-ce qui leur apporte une aspirine pour calmer les douleurs au milieu de la nuit ? Puis, reprenant à la ronde, bon je vous apporte l'addition."
Et elle s'en fut, trainant les pieds tout le poids du monde sur les épaules.

"C'est quelqu'un de bien" fit Steven
"Pour sûr, reprit Marty en prenant toutefois un air penaud, et si elle nous a enguirlandés, c'est bien qu'on le méritait. Bref, Amélia, concernant le déjeuner, voilà le deal. Je ne sais pas combien coûtent trois bons repas à Lincoln, mais qu'on me coupe une main si l'addition qu'on va nous apporter dépasse les cinquante billets. Vous me suivez ?
- Oui, toujours.
- Alors, le journaleux l'a laissé cent. Va probablement grifouiller sur sa note de frais, Déjeuner, Coyote à Trois pattes, Buffalo juste à côté de "Enigmes non élucidées", cent vingt dollars. Histoire de pouvoir sortir sa donzelle à moindre frais, pigé ?
- Oui, répéta Amélia, choquée par tant de cynisme et portant aux deux flics un regard lourd de reproches.
- Donc au moins cinquante de trop, même si on compte le pourboire. Alors quand Liz nous filera l'addition, je la signerais, vu qu'on a une ardoise ici.
- Mais j'ose espérer que vous laisserez plus de quinze pour cent de gratification !
- C'est là que vous vous trompez, fit Steven.
- Et pourquoi cela !? cria presque Amélia, offusqué, quand on connait sa situation...
- Justement, reprit Marty, réfléchissez bien avec votre petite cervelle, qui n'a rien à voir avec celle d'un moineau."
Elle fit tourner ses méninges à cent à l'heure et finit par dire :
"Ce serait pris pour de la pitié ?"
Les deux compères se regardèrent d'un air amusé.
- Il faudrait voir à mieux regarder autour de vous, si vous voulez être un bon flic ma petite, répondit Steven.

Perplexe, Amélia regarda attentivement autour d'elle... dans la salle, elle s'aperçu que ne se trouvait que les gens du cru, alors que dehors, sur la terrasse au soleil, se trouvaient les estivants, ceux qui venaient passer leurs vacances à la campagne. Et les serveuses étaient aussi différentes, plus jeunes et moins expérimentées mais assez pour les touristes de l'été, qui n'étaient que de passage de toute façon.

D'un seul coup, la lumière se fit dans l'esprit de la jeune recrue :
"Les serveuses se partagent les pourboires ?
- Bingo dans le mille, Emile, fit Marty en faisant le geste de tirer avec la main.
- Mais alors qu'allez-vous faire ?
- Nous allons laisser le pourliche habituel de quinze pour cent au moment de signer l'addition et lui glisser le reste dans sa poche sans qu'elle s'en aperçoive.
- Comme ça, c'est réglo, elle a la totale, et ce que Big Brother ne sait pas, ma foi, ça peut pas lui faire de mal, fit Steven en faisant un clin d'oeil à son adjoint.
- Vous savez ce qui m'plait ? demanda Marty.
- Non quoi ? répondit Amélia
- C'est la façon qu'a l'argent d'aller et venir, de tourner comme dans une machine à laver. Au final, il finit toujours par atterrir là où on en a besoin... Et cerise sur le gâteau, ce type de la ville a bien payé le déjeuner, et n'a rien eu en retour, que dalle...
- Ouaip, rien de rien... nada reprit Steven.
Amélia les regarda tour à tour, interloquée, ne comprenant pas très bien où ils voulaient en venir.

Liz revenait avec l'addition.
"Merci ma chère, fit Steven en glissant subrepticement les billets dans la poche de la serveuse. Service impeccable comme d'habitude !
- Ma foi, merci pour l'compliment, t'as quelque chose à me demander mon petit père ? Un dessert à l'oeil peut-être ?
- Non, non pas cette fois-ci Liz, mais peut être notre bleue prendrait quelque chose ?
- Non, merci, répondit Amélia, un peu gênée.
Liz regarda ses trois clients, et finalement leur fit un grand sourire, "Fort bien..." et se tournant vers la jeune femme, "en tout cas ma belle, tu te retrouves à faire ta formation avec deux sacrés loustics, je te souhaite bien du courage !"
Après avoir fini de débarrasser, elle tourna les talons et s'éloigna vaquer à d'autres occupations.
"Elle ne va pas savoir d'où vient l'argent ?! fit Amélia aux deux policiers, balayant du regard la salle histoire de jauger qui pourrait laisser un tel pourboire... peu en vérité.
- Non, peut être pas, mais est-ce qu'on devrait pour autant changer nos habitudes ?
- Je ne vois pas où vous voulez en venir...
- Et moi je crois que si. Aller, venez, il est temps de retourner au poste... je crois que le moment est venu qu'on vous raconte la véritable histoire de Buffalo, n'est-ce pas Marty ?
- Yup, tout à fait ! fit ce dernier, avec un regard malicieux.

A suivre...




Toutes remarques sont les bienvenues... et ... d'après vous, de quoi il en retourne ? Quelle est la véritable histoire de Buffalo ?

La suite peut être pas la semaine prochaine, mais je vais essayer pour la semaine d'après... en attendant on remercie les matinées hyper calmes du bureau... Merci aux vacances et au téléphone qui ne sonne pas... il ne sonne tellement pas que je pense pouvoir préparer deux ou trois volets cette semaine mais les garder pour faire durer le suspence =^.^=



Entre temps le chapitre 2 est paru ... ICI
par Cassandre publié dans : Textes
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