Mercredi 14 mars 2007
Chapitres précédents :
| Chapitre 1 |
Chapitre 2 |
| Chapitre 3 |
Chapitre 4 |
| Chapitre 5 |
Chapitre 6 |
| Chapitre 7 | Chapitre 8 |
| Chapitre 9 | Chapitre 10 |
Le mercredi 22 avril 1979, Julia Queen est allée travailler à Phaidon Press de Detroit, comme tous les autres mercredis. C'est ce qu'il m'a raconté. Elle portait un classeur de dessins sur lesquels elle travaillait, pour un livre sur les chauves souris et les animaux de la nuit, un livre apparemment prévu pour avoir un gros tirage cette fois-ci. Queen était l'une des deux artistes qui travaillaient sur ce livre depuis six mois, et il était catégorique : la maison d'édition était très satisfaite du travail de Julia, et réciproquement - Julia aimait ce livre. Il m'a dit que sa spécialité, c'était les animaux sauvages, surtout s'il fallait leur donner une expression humaine.
Amélia eu un petit sourire nostalgique en repensant aux livres qu'elle même lisait lorsqu'elle était enfant.
Steven hocha la tête. "Brian était un artiste à sa façon aussi, mais avec les mots. Le portrait qu'il m'a peint, c'est celui d'une femme qui aimait son mari, son bébé, et son travail.
- Parfois l'amour rend aveugle, fit remarquer Amélia.
- Jeune, mais cynique !" s'exclama Marty, non sans une certaine délectation.
"Pou' su', mais elle marque un point, glissa Steven. Le seul hic, c'est que vingt mois suffisent en général à dissiper le voile rose des illusions. S'il y avait anguille sous roche - une insatisfaction professionnelle, ou peut-être une petite aventure en catimini, ce qui paraîtrait le plus probable - j'imagine qu'il en aurait trouvé les signes, ou qu'il en aurait perçu le parfum inconnu, à moins que cette femme n'ait été très, très prudente, parce que, en vingt mois, il a parlé à tous ceux qu'elle connaissait, plusieurs fois pour la plupart, et ils lui ont tous dit la même chose : qu'elle aimait son travail, qu'elle aimait son mari, et qu'elle idôlatrait littéralement son bébé. Il en revenait toujours à ça. "Elle n'aurait jamais abandonnée Emilie, je le sais, monsieur Seagull. Je le sais au plus profond de mon coeur." Steven haussa les épaules comme pour dire Allez-y, fichez-vous de moi. "Et je l'ai cru.
- Et elle n'en avait pas marre de son travail ? demanda Amélia. Pas d'envie de changer de décor ?
- D'après lui, non. Il disait qu'elle adorait leur maison dans les colines au-dessus du comté de Buffalo, elle avait même mis une pancarte au-dessus de la porte d'entrée qui disait TANIERE DE L'OURS. Et il a discuté avec l'autre dessinateur qui travaillait avec elle sur ce livre, un collègue de Julia, qui la connaissait depuis des années... Marty, tu te rappelles son nom ?
- Jordan Tyler, ou Jordan Taylor. Je ne sais plus lequel des deux, là, au débotté.
- Ne te laisses pas abattre par des broutilles, mon vieux. Même Sandy Koufax* en laissait échapper un ou deux, surtout en fin de carrière."
Marty lui tira la langue.
Steven hocha la tête comme s'il n'en attendait pas moins de la part de son adjoint, puis reprit une fois encore le fil de son récit.
"Jordan le dessinateur, qu'il s'appelle Tyler ou Taylor, a expliqué à Brian que Julia avait atteint le bout de ce que son talent lui permettait d'accomplir, et qu'elle avait la chance non seulement d'être consciente de ses limites, mais aussi de savoir s'en satisfaire. Il a dit que la grande ambition de Julia serait un jour de diriger le service artistique des éditions Phaidon Press. Aussi, étant donné cette ambition, tout quitter pour se rendre dans le Nebraska sur un coup de tête paraissait vraiement la dernière chose qu'elle était susceptible de faire.
- Pourtant c'est l'hypothèse pour laquelle il penchait, n'est-ce pas ?" demanda Amélia.
Steven reposa sa tasse de café et passa la main dans sa touffe vaporeuse de cheveux blancs, déjà bien ébouriffés. "Brian Queen est comme tout le monde prisonnier de l'évidence.
> Julia Queen a quitté son domicile à six heures trente ce matin-là, et elle a pris l'autoroute de Blind Falls, direction Detroit. Tout ce qu'elle avait sur lui, c'était ce classeur que j'ai mentionné tout à l'heure. Elle portait un pantalon de tailleur noir, un chemisier blanc, un foular gris, un manteau long noir. Oh, et j'allais oublier, aux pieds, des escarpins noirs.
- Pas de veste légère ?
- Pas de veste, confirma Marty, mais le pantalon noir, la chemise blanche et les escarpins noirs étaient sans aucun doutes ceux qu'il portait quand John et Mary l'ont trouvée raide morte sur la plage, appuyée à sa poubelle.
- Son manteau ?
- Jamais retrouvé. Ni le foulard d'ailleurs - mais bien sûr, quand une femme retire son foulard, neuf fois sur dix elle la glisse dans la manche du manteau ou la poche et j'ai toutes les raisons de croire que si ce manteau noir devait bel et bien réapparaitre, le foulard serait dedans.
- A huit heures trente tapantes, elle était devant sa planche à dessin, enchaîna Steven, à travailler sur son projet. Vers dix heures moins le quart, Jordan le dessinateur, a vu notre Fille se diriger vers les ascenseurs. Julia lui a dit qu'elle allait au coin de la rue se chercher un "vrai café" chez Starbucks, et un sandwich merguez-harissa pour son déjeuner, parce qu'elle avait l'intention de le manger à son bureau. Elle a demandé à Jordan s'il voulait quelque chose.
- C'est tout ce que Brian vous a raconté, pendant que vous le conduisiez jusqu'à Buffalo ?
- Oui, m'dame. Je l'ai emmené voir Brightman, pour une identification formelle de la photo - "C'est bien ma femme, c'est Julia Queen" - puis pour qu'il signe l'ordre d'exhumation. Il nous attendait.
- D'accord. Désolée de vous interrompre. Continuez.
- Ne vous excusez pas de poser des questions, Amélia. Poser des questions, c'est ce que font les flics. Quoi qu'il en soit, Jordan le Dessinateur...
- Tylor ou Taylor... ajouta Marty obligeamment.
- Pou' su', celui-là même - il a dit à Julia qu'il passerait son tour sur le café, mais il a accompagné Julia jusqu'aux ascenseurs pour discuter un peu du pot de départ en retraite d'un dénommé Halifax, l'un des fondateurs de la maison d'édition. La fête était prévue pour la mi-mai, et Jordan le Dessinateur a dit à Brian que sa femme paraissait toute excitée par cette perspective, qu'elle avait hâte d'y être. Ils ont passé en revue tout un tas d'idées de cadeaux de retraite jusqu'à l'arrivée de l'ascenseur, et alors Julia l'a pris en disant à Jordan le Dessinateur qu'il faudrait en reparler au déjeuner et demander à telle femme - une de leurs collègues - ce qu'elle, elle en pensait. Jordan a répondu que c'était une très bonne idée, Julia lui a fait un petit signe, les portes de l'ascenseur se sont refermées, et c'est la dernière personne qui se rappelle avoir vu la Fille de Buffalo dans le Michigan.
- Jordan le Dessinateur, répéta Amélia, un peu ébahie. Vous pensez que les choses auraient évolué de la même manière, si Jordan avait dit : "Oh, attend une minute, j'enfile mon manteau et je t'accompagne au coin de la rue" ?
- Impossible à dire, conclut Steven.
- Est-ce qu'elle portait un manteau ? demanda-t-elle. Julia ? Est-ce qu'elle portait son manteau noir en sortant ?
- Brian a posé la question, mais Jordan le Dessinateur ne s'en souvenait pas, répondit Steven. Le mieux qu'il ait pu répondre, c'est "Je ne crois pas". Et c'est sans doute vrai. Le Starbucks et la sandwicherie étaient côte à côte, et ils se situaient vraiment au coin de la rue.
- Il a aussi dit qu'il y avait une réceptionniste, glissa Marty. Mais la réceptionniste en question ne les a pas vu se rendre au l'ascenseurs. Elle a dit qu'elle avait "dû s'absenter un minute de son bureau"."
Il secoua la tête d'un air désapprobateur.
"Ca ne se passe jamais comme ça dans les romans policiers."
Mais l'esprit d'Amélia s'était emparé d'autre chose, et elle eut soudain l'impression d'avoir ramassé des miettes alors qu'un gâteau entier se dressait au milieu de la table. Elle leva son index gauche près de sa joue gauche.
"Jordan le Dessinateur dit au revoir de la main à Julia - La Fille de Buffalo - autour de onze heures moins le quart, ce matin-là. Ou peut être onze heures moins dix, le temps que l'ascenseur arrive à l'étage et qu'elle monte dedans.
- Pour sûr", dit Steven.
Il la regardait les yeux pétillants. Tous deux la regardait, les yeux pétillants.
Amélia leva cette fois son index droit à côté de sa joue droite.
"Et la fille de chez Adrian's a dit qu'elle avait mangé son fish and chips assise à une table qui donnait sur l'eau, ves cinq heures et demie de l'après-midi.
- Pour sûr, acquiesça de nouveau Steven.
- Il y a combien de décalage horaire, entre le Michigan et le Nebraska ? Une heure ?
- Deux, corrigea Dave.
- Deux", confirma-t-elle. Après une pause, elle répéta : "Deux heures. Alors quand Jordan le Dessinateur l'a vue pour la dernière fois, quand les portes de l'ascenseur se sont refermées, il était déjà plus de midi, dans le Nebraska.
- En supposant que les heures soient exactes, fit remarquer Marty. Et on ne peut que supposer, pas vrai ?
- Est-ce que ça collerait ? leur demanda-t-elle. Aurait-elle pu matériellement faire ce trajet dans un laps de temps aussi court ?
- Oui, dit Steven.
- Non, dit Marty.
- Peut être", conclurent-ils en choeur, et Amélia resta assise là à les contempler, perplexe, sans plus penser à la tasse de café qu'elle tenait à la main.
A suivre...
* Sandy Koufax : joueur de base ball des années 60... connu apparemment d'après ce que j'ai trouvé...
Pas la moindre idée pour le décalage horaire si c'est vraiment bon ou pas... mais tant pis, j'en avais besoin pour l'histoire...
Les jours des années en questions sont peut être pas tout à fait bon... mais j'ai pas de calendrier perpétuel à dispo...
Qu'on me pardonne mes petites erreurs :)
Amélia eu un petit sourire nostalgique en repensant aux livres qu'elle même lisait lorsqu'elle était enfant.
Steven hocha la tête. "Brian était un artiste à sa façon aussi, mais avec les mots. Le portrait qu'il m'a peint, c'est celui d'une femme qui aimait son mari, son bébé, et son travail.
- Parfois l'amour rend aveugle, fit remarquer Amélia.
- Jeune, mais cynique !" s'exclama Marty, non sans une certaine délectation.
"Pou' su', mais elle marque un point, glissa Steven. Le seul hic, c'est que vingt mois suffisent en général à dissiper le voile rose des illusions. S'il y avait anguille sous roche - une insatisfaction professionnelle, ou peut-être une petite aventure en catimini, ce qui paraîtrait le plus probable - j'imagine qu'il en aurait trouvé les signes, ou qu'il en aurait perçu le parfum inconnu, à moins que cette femme n'ait été très, très prudente, parce que, en vingt mois, il a parlé à tous ceux qu'elle connaissait, plusieurs fois pour la plupart, et ils lui ont tous dit la même chose : qu'elle aimait son travail, qu'elle aimait son mari, et qu'elle idôlatrait littéralement son bébé. Il en revenait toujours à ça. "Elle n'aurait jamais abandonnée Emilie, je le sais, monsieur Seagull. Je le sais au plus profond de mon coeur." Steven haussa les épaules comme pour dire Allez-y, fichez-vous de moi. "Et je l'ai cru.
- Et elle n'en avait pas marre de son travail ? demanda Amélia. Pas d'envie de changer de décor ?
- D'après lui, non. Il disait qu'elle adorait leur maison dans les colines au-dessus du comté de Buffalo, elle avait même mis une pancarte au-dessus de la porte d'entrée qui disait TANIERE DE L'OURS. Et il a discuté avec l'autre dessinateur qui travaillait avec elle sur ce livre, un collègue de Julia, qui la connaissait depuis des années... Marty, tu te rappelles son nom ?
- Jordan Tyler, ou Jordan Taylor. Je ne sais plus lequel des deux, là, au débotté.
- Ne te laisses pas abattre par des broutilles, mon vieux. Même Sandy Koufax* en laissait échapper un ou deux, surtout en fin de carrière."
Marty lui tira la langue.
Steven hocha la tête comme s'il n'en attendait pas moins de la part de son adjoint, puis reprit une fois encore le fil de son récit.
"Jordan le dessinateur, qu'il s'appelle Tyler ou Taylor, a expliqué à Brian que Julia avait atteint le bout de ce que son talent lui permettait d'accomplir, et qu'elle avait la chance non seulement d'être consciente de ses limites, mais aussi de savoir s'en satisfaire. Il a dit que la grande ambition de Julia serait un jour de diriger le service artistique des éditions Phaidon Press. Aussi, étant donné cette ambition, tout quitter pour se rendre dans le Nebraska sur un coup de tête paraissait vraiement la dernière chose qu'elle était susceptible de faire.
- Pourtant c'est l'hypothèse pour laquelle il penchait, n'est-ce pas ?" demanda Amélia.
Steven reposa sa tasse de café et passa la main dans sa touffe vaporeuse de cheveux blancs, déjà bien ébouriffés. "Brian Queen est comme tout le monde prisonnier de l'évidence.
> Julia Queen a quitté son domicile à six heures trente ce matin-là, et elle a pris l'autoroute de Blind Falls, direction Detroit. Tout ce qu'elle avait sur lui, c'était ce classeur que j'ai mentionné tout à l'heure. Elle portait un pantalon de tailleur noir, un chemisier blanc, un foular gris, un manteau long noir. Oh, et j'allais oublier, aux pieds, des escarpins noirs.
- Pas de veste légère ?
- Pas de veste, confirma Marty, mais le pantalon noir, la chemise blanche et les escarpins noirs étaient sans aucun doutes ceux qu'il portait quand John et Mary l'ont trouvée raide morte sur la plage, appuyée à sa poubelle.
- Son manteau ?
- Jamais retrouvé. Ni le foulard d'ailleurs - mais bien sûr, quand une femme retire son foulard, neuf fois sur dix elle la glisse dans la manche du manteau ou la poche et j'ai toutes les raisons de croire que si ce manteau noir devait bel et bien réapparaitre, le foulard serait dedans.
- A huit heures trente tapantes, elle était devant sa planche à dessin, enchaîna Steven, à travailler sur son projet. Vers dix heures moins le quart, Jordan le dessinateur, a vu notre Fille se diriger vers les ascenseurs. Julia lui a dit qu'elle allait au coin de la rue se chercher un "vrai café" chez Starbucks, et un sandwich merguez-harissa pour son déjeuner, parce qu'elle avait l'intention de le manger à son bureau. Elle a demandé à Jordan s'il voulait quelque chose.
- C'est tout ce que Brian vous a raconté, pendant que vous le conduisiez jusqu'à Buffalo ?
- Oui, m'dame. Je l'ai emmené voir Brightman, pour une identification formelle de la photo - "C'est bien ma femme, c'est Julia Queen" - puis pour qu'il signe l'ordre d'exhumation. Il nous attendait.
- D'accord. Désolée de vous interrompre. Continuez.
- Ne vous excusez pas de poser des questions, Amélia. Poser des questions, c'est ce que font les flics. Quoi qu'il en soit, Jordan le Dessinateur...
- Tylor ou Taylor... ajouta Marty obligeamment.
- Pou' su', celui-là même - il a dit à Julia qu'il passerait son tour sur le café, mais il a accompagné Julia jusqu'aux ascenseurs pour discuter un peu du pot de départ en retraite d'un dénommé Halifax, l'un des fondateurs de la maison d'édition. La fête était prévue pour la mi-mai, et Jordan le Dessinateur a dit à Brian que sa femme paraissait toute excitée par cette perspective, qu'elle avait hâte d'y être. Ils ont passé en revue tout un tas d'idées de cadeaux de retraite jusqu'à l'arrivée de l'ascenseur, et alors Julia l'a pris en disant à Jordan le Dessinateur qu'il faudrait en reparler au déjeuner et demander à telle femme - une de leurs collègues - ce qu'elle, elle en pensait. Jordan a répondu que c'était une très bonne idée, Julia lui a fait un petit signe, les portes de l'ascenseur se sont refermées, et c'est la dernière personne qui se rappelle avoir vu la Fille de Buffalo dans le Michigan.
- Jordan le Dessinateur, répéta Amélia, un peu ébahie. Vous pensez que les choses auraient évolué de la même manière, si Jordan avait dit : "Oh, attend une minute, j'enfile mon manteau et je t'accompagne au coin de la rue" ?
- Impossible à dire, conclut Steven.
- Est-ce qu'elle portait un manteau ? demanda-t-elle. Julia ? Est-ce qu'elle portait son manteau noir en sortant ?
- Brian a posé la question, mais Jordan le Dessinateur ne s'en souvenait pas, répondit Steven. Le mieux qu'il ait pu répondre, c'est "Je ne crois pas". Et c'est sans doute vrai. Le Starbucks et la sandwicherie étaient côte à côte, et ils se situaient vraiment au coin de la rue.
- Il a aussi dit qu'il y avait une réceptionniste, glissa Marty. Mais la réceptionniste en question ne les a pas vu se rendre au l'ascenseurs. Elle a dit qu'elle avait "dû s'absenter un minute de son bureau"."
Il secoua la tête d'un air désapprobateur.
"Ca ne se passe jamais comme ça dans les romans policiers."
Mais l'esprit d'Amélia s'était emparé d'autre chose, et elle eut soudain l'impression d'avoir ramassé des miettes alors qu'un gâteau entier se dressait au milieu de la table. Elle leva son index gauche près de sa joue gauche.
"Jordan le Dessinateur dit au revoir de la main à Julia - La Fille de Buffalo - autour de onze heures moins le quart, ce matin-là. Ou peut être onze heures moins dix, le temps que l'ascenseur arrive à l'étage et qu'elle monte dedans.
- Pour sûr", dit Steven.
Il la regardait les yeux pétillants. Tous deux la regardait, les yeux pétillants.
Amélia leva cette fois son index droit à côté de sa joue droite.
"Et la fille de chez Adrian's a dit qu'elle avait mangé son fish and chips assise à une table qui donnait sur l'eau, ves cinq heures et demie de l'après-midi.
- Pour sûr, acquiesça de nouveau Steven.
- Il y a combien de décalage horaire, entre le Michigan et le Nebraska ? Une heure ?
- Deux, corrigea Dave.
- Deux", confirma-t-elle. Après une pause, elle répéta : "Deux heures. Alors quand Jordan le Dessinateur l'a vue pour la dernière fois, quand les portes de l'ascenseur se sont refermées, il était déjà plus de midi, dans le Nebraska.
- En supposant que les heures soient exactes, fit remarquer Marty. Et on ne peut que supposer, pas vrai ?
- Est-ce que ça collerait ? leur demanda-t-elle. Aurait-elle pu matériellement faire ce trajet dans un laps de temps aussi court ?
- Oui, dit Steven.
- Non, dit Marty.
- Peut être", conclurent-ils en choeur, et Amélia resta assise là à les contempler, perplexe, sans plus penser à la tasse de café qu'elle tenait à la main.
A suivre...
* Sandy Koufax : joueur de base ball des années 60... connu apparemment d'après ce que j'ai trouvé...
Pas la moindre idée pour le décalage horaire si c'est vraiment bon ou pas... mais tant pis, j'en avais besoin pour l'histoire...
Les jours des années en questions sont peut être pas tout à fait bon... mais j'ai pas de calendrier perpétuel à dispo...
Qu'on me pardonne mes petites erreurs :)
par Cassandre
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