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Citations

"Happiness always looks small while you hold it in your hands, but let it go, and you learn at once how big and precious it is. "  - Maksim Gorky

"Si nous voulons construire une amitié durable, nous devons aimer nos amis pour eux et non pour nous." - Charlotte Brontë


"Every man is the architect of his own  life. He builds it just the way he  wants it. However,  after he  has built  what he  wants, he  sometimes decides that he doesn't like  what he  has built  and looks  for someone  or something  to blame instead of changing himself." - Sidney Madwed

"L'imagination porte bien plus loin que la vue." - Baltasar Gracian Y Morales


"La connaissance a de commun avec la  bêtise qu'elle n'a pas de limites. Il  est commun que les limites de nos connaissances sont des bêtises. Les limites de nos bêtises sont nos connaissances communes. La connaisance de nos limites met à  nu nos bêtises communes. C'est une  bêtise d'arrêter nos connaissances aux  limites de nos bêtises communes."





A mes visiteurs...

Je vous souhaite la bienvenue sur ce modeste Journal, intime parfois (qui a dit souvent, là bas au fond ??!! ;-) ), réactif souvent, photographique le lundi, "littéraire" le mercredi, à propos du Japon (pays que j'aime beaucoup) le samedi et aussi humouristique, du moins je l'espère !

Notez que tout le contenu de ce blog est mis à disposition
sous un contrat Creative Commons.

Creative Commons License

Et si ça vous convient pas ? Passez votre chemin manant :P


ou allez visiter ce site entièrement dédié à la photographie :


Samedi 31 mars 2007
Tout d'abord je tiens à saluer les membres du blog Blogborygmes pour m'avoir inspiré ce jeu concours... surtout après les poissons camouflés du 28 février par Saoul Fifre... j'ai ramé comme pas permis pour trouver le nom de ces 53 satanés poissons... mais j'ai trouvé...

Aussi, aujourd'hui je vous en présente une version personnelle... ce ne sont point des poissons, non point de pays, ou de chanteurs dont il s'agit... mais de villes de France, et de Navarre... ne soyons pas chauvin.

Idée qui m'est venue en me rendant à Lyon, ville pour le moins sauvage d'où nous proviens parfois l'écho des Savanes... (uniquement si acheté en kiosque et envoyé de là... sinon, on en trouve partout).

Le principe en est simple, je vais tout de même le donner pour ceux qui n'auraient :

a/ Pas envie de suivre les liens ci-dessus
b/ Ne lisent pas le blog de mes amis sus-mentionné

Des noms de villes sont cachés dans le texte ci-dessous, de façon PHONETIQUE, et j'insiste sur ce point. Il y en a 40 (oui, il faut mériter, j'ai trop souffert, c'est mon tour, je suis sadique :)  et puis c'est sauf erreur de ma part). Et comme un exemple, vaut toujours mieux qu'un long discours, ça peut se présenter sous cette forme :

"Nous y allions", on y trouve Lyon.

NE REPONDEZ PAS DANS LES COMMENTAIRES, merci pour les participants... toute erreur heu... sera sanctionnée... ^^" et le commentaire, bien sûr effacé. La personne en étant l'auteur, discalifiée (à moins que si je suis de bonne humeur... :) )

Nota bene : pas de villes à noms composés... sinon on en sort pas :) (donc pas de Saint quelque chose, ou de Truc sur machin...)

Mais bon, trêve de longs discours, place au concours !

A vos marques ?

Prêts ?

Partez !



Des nouvelles des villes pour Neuville


C'est par un jour de tonnerre, et non pas hier, que Neuville décida que sa cellule,  sa chambre quoi, était trop petite, et pas que d'un tiers. Son orgeuil lui dictait d'aller voir ailleurs même si financièrement, ce n'était pas sage. Cette idée était vieille et lui causait soucis aussi décida-t-il de bouger.
J'arnaquerais pas le lecteur, ce texte alloue peu de place à la logique, si, si, la force m'abandonne, le mou me gagne et je ne remporterais pas la palme d'or du prochain festival de Cannes. Le temple de la bêtise ose se montrer, noyant du même coup l'histoire...
De l'eau à mon moulin, pour une histoire qui ne sentirais pas le roussi, voilà ce qu'il me faudrait...
Neuville donc, cherchait la ville juste, celle qui ne serait pas sale mais joyeuse. Soyons honnête, ce n'était pas simple à trouver... A ses oreilles, là, celle qui saurait trouver grâce, n'était pas encore arrivée.
Dur, de trouver, mais aux bonnes heures du jour, nan, sans rigoler, il entendit une oraison portée par les vents du haut de la falaise. Comme il n'était pas bouché, ni charcutier... il entendit la voix. Et Dieu le fit alors s'installer sur l'heure, ramener sa fraise quoi, sans lui laisser le temps de finir son verre, sur Lyon. Ceci afin d'être un peu plus sauvage, car seule la chèvre nourrit son cabris au lait...
Je sais, c'était pas très passionnant, même pas de corps nus pour relever la sauce...



ahem, bof, pas très fière de moi... bon... Vous avez jusqu'à lundi soir 21h pour m'envoyer vos réponses à l'adresse mail, celle-ci paraitra mardi... =^.^=

Par Cassandre - Publié dans : Textes
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Vendredi 30 mars 2007
"Je pense donc je suis"  ainsi disait Descartes... Et bien avec la télé d'aujourd'hui, on désapprend à penser... et pire encore, avec les publicités et les lois de notre cher gouvernement. Notez, sur le fond, je ne suis pas entièrement contre... mais trop c'est trop...

On a plus le droit d'avoir de pub télévisées pour l'alcool : on pourrait devenir alcoolique...

Plus le droit non plus aux pubs pour le tabac, nos jeunes têtes blondes pourraient se mettre à fumer...

Et depuis le 1er mars, voilà que pour chaque pub vantant tels ou tels céréales, soda, biscuit... on nous dit qu'il faut "manger et bouger", parce que décidément, on pourrait devenir gros.

Alors, oui, ok, soigner les cancers, soigner l'alcoolisme, soigner l'obésité, ça coûte cher...

Mais.. on cotise non, pour nos bêtises ? Ca marche pas comme ça ?

Où sont passé la joie de vivre et la liberté de penser ?

Nan, parce que si c'est ça, autant ne pas faire dans la demi mesure et mettre un bandeau au bas des programmes de TF1, qui tournerait en boucle et dirait : "Attention, ceci peut rendre con". (Merci à Jeff pour ce trait d'humour que je reprend allègrement)

Pardonnez mes écarts de langages... mais j'en ai assez qu'on nous dicte quoi faire, quoi penser, quoi dire... sous prétexte que de plus hautes instances savent mieux que nous, ce qui est bon.

C'est pas parce qu'on ne va plus fumer qu'il n'y aura plus de cancer de la gorge ou des poumons... Je vois bien le temps arriver où l'on ne sera plus remboursé des soins si jamais l'on coche la case "fumeur" dans un questionnaire avant d'entrer à l'hôpital... ou celle qui dirait qu'on boit de l'alcool aussi...

Peut être même qu'ils en mettraient une "grignote entre les repas" tiens....

J'ai l'impression que plus le temps passe et plus on se retrouve dans cette société fliquée, espionnant les moindre faits et gestes (pensées aussi) de ses habitants dans "1984" de George Orwell.

Encore un peu et Big Brother deviendra autre chose qu'une simple émission de télé...

Je revendique mon droit à ne pas manger 5 fruits par jour, à ne pas faire de sport si j'en ai pas envie...

Et d'ailleurs... oui, tiens, ils sont gentils à la télé de nous dire de "bouger"... mais ils ont oublié que ça coûtait cher de pratiquer un sport... enfin, ça dépend lesquels, je vous l'accorde... la piscine ou courir, ne demande qu'un investissement minime... mais encore faut-il savoir courir... car avec de mauvaises chaussures, on peut se faire très mal...

Voilà le serpent qui se mord la queue : on nous dit de bouger, on bouge, on se fait mal et résultat, on coûte peut être plus cher à la sécu que si on était resté vautré devant la télé...

... je me demande quand la poste va reprendre son super slogan : "Bouger avec la poste"... distribueront-ils des pommes golden avec le courrier ?

Bayrou distribue des clémentines...

Même la politique s'y met...


Cassandre secoue la tête... et s'en va se prendre un "coca zéro" dans le frigo...

ben oui, j'voudrais pas qu'on me sucre ma sécu...

Par Cassandre - Publié dans : Coup de Gueule
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Jeudi 29 mars 2007
Quelques nouvelles de ma famille de coeur... ma Tante s'en sort pas mal avec plusieurs fractures, en fait, je me demande ce qui n'a pas été cassé donc je ne ferais pas la liste, ça va être long, très long... mais ça ira. Juste que ça va être le tour de mon oncle de s'occuper d'elle et ça il a pas du tout l'habitude, vu que c'est elle qui gérait tout (sauf l'argent, y'a des choses avec lesquelles on plaisante pas ;) ).

Ma cousine, je viens d'avoir son mari au téléphone, vient de sortir du coma. Elle est très faible, mais ses jours ne sont enfin plus en danger.

Bilan plutôt positif compte tenu de la situation.

Le chauffeur qui les a percuté, a lui, eu moins de chance. D'après R. qui a pu me donner des détails, il semblerait qu'il fut trop fatigué et ce soit endormi au volant...
Sans vouloir être cynique, j'imagine qu'il dormira longtemps maintenant...

Voilà, demain on fera un peu plus long, et surtout un peu plus gai.
Par Cassandre - Publié dans : Perso
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Mercredi 28 mars 2007
Chapitres précédents :


 
 Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7 Chapitre 8
Chapitre 9 Chapitre 10
Chapitre 11 Chapitre 12
   




Amélia le regardait, fascinée. "Elle a pu y arriver ?"
- Peut être, mais ce serait fichtrement serré, soupira Marty. Personnellement, je ne l'aurais pas cru, si on ne l'avait pas retrouvée morte sur la plage de Black Eagle. Et toi, Steven ?
- Nan, non plus, fit Steven sans même prendre le temps de réfléchir.
- Il y a cinq pistes d'attérissage en terre battue aux alentours de Buffalo, toutes saisonnières. Elles font le plus gros de leur chiffre en emmenant des touristes en villégiature l'été, ou contempler les feuillages flamboyants à l'automne, même si ça ne dure qu'une quinzaine de jours. Nous avons vérifié à tout hasard, dans le cas improbable où Julia Queen aurait loué un deuxième avion, cette fois-ci un petit monoplan à hélice genre Piper Club, pour faire le trajet de Lincoln à ici, aux commandes de l'engin.
- Et rien non plus de ce côté là, j'en déduis.
- Vous déduisez très bien, répondit Steven avec un sourire plus morose que rusé. Dès que les portes de l'ascenseur se referment sur Queen dans cet immeuble de Detroit, toute cette histoire se dissout dans des ombres insaisissables... Où on retrouve un cadavre.
- Quatre de ces pistes étaient désertes en avril, fermées, donc un avion aurait très bien pu s'y poser ni vu ni connu. Quant à la dernière, une femme du nom de Margaret Naive qui y vivait avec sa mère et une bonne cinquantaine de chats, prétend que personne n'a atterri chez eux entre octobre 1978 et mai 1980, mais elle sentait la distillerie à plein nez, et j'avais des doutes quand à sa capacité à se rappeler ce qui s'était passé une semaine plus tôt, alors presque deux ans...
- Et la mère de cette femme ? demanda-t-elle.
- Complétement aveugle et sourde comme un pot, fit Marty.
- Aïe.
- Pou' su'.
- Laissons Jane et Maragaret Naive où elless sont, fit Steven impatient. Je n'ai jamais cru à la Théorie du Deuxième Avion, concernant Queen. Pas plus que je ne crois à la Théorie du Deuxième Tireur embusqué dans l'affaire Kennedy. Si Julia Queen avait une voiture qui l'attendait à Detroit - et je ne vois pas d'autre solution que ça -, alors elle pouvait tout aussi bien en avoir une autre au terminal principal, par exemple. Et je crois bien que c'était le cas.
- C'est tellement tiré par les cheveux, fit remarquer Marty, non pas d'un ton railleur mais plaintif.
- P't'être bien, répondit Steven, imperturbable. Mais une fois qu'on se débarasse de l'impossible, ce qu'il reste... eh bien, c'est votre petit chien, qui gratte à la porte pour qu'on lui ouvre.
- Elle peut très bien avoir conduit elle-même, suggéra Amélia d'un air pensif.
- Une voiture de location ?" Marty secoua la tête.
"Je ne pense pas ma chère. Les agences de location ne prennent que les cartes de crédit, et les cartes de crédit laissent des traces.
- De plus, ajouta Steven, Julia Queen ne connaissait pas les routes du Nebraska,  car pour autant qu'on sache, elle n'était jamais venue avant. Amélia, vous commencez à les connaître, nos routes, et vous savez donc bien, qu'un blanc bec, même avec la meilleure carte, aura tendance à se mélanger les pinceaux. Non, je pense que Marty a raison. Si la Fille de Buffalo avait l'intention de venir en voiture, et si elle connaissait à l'avance l'étroitesse de son créneau horaire, elle aurait prévu un chauffeur. Quelqu'un qui empocherait l'argent en liquide, qui foncerait, sans se perdre."

Amélia réfléchit à la question un petit moment. Les deux hommes la laissèrent prendre son temps. "Trois chauffeurs, en tout, finit-elle par dire. Celui du milieu, c'est le pilote du jet privé.
- Avec peut être un copilote, fit tranquillement remarquer Marty. C'est ce que la loi exige, en tout cas.
- Voilà qui est saugrenu", lâcha-t-elle.
Steven hocha la tête en soupirant. "Ce n'est pas moi qui dirait le contraire.
- Et vous n'avez jamais retrouvé aucun des trois chauffeurs, n'est-ce pas ?
- Non."

Elle réfléchit de nouveau, cette fois-ci la tête penchée vers le bas, et son front d'ordinaire si lisse se plissa d'une ride profonde. Une fois de plus, il ne l'interrompirent pas, et au bout d'environ deux minutes, elle releva la tête. "Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'il pouvait y avoir de tellement important, pour que Julia en arrive là ?"

Steven Seagull et Marty Fellow échangèrent un regard, puis se tournèrent vers elle. "En voilà une bonne question, lança Steven.
- Une foutue bonne question, je dirais, renchérit Marty.
- C'est même la question, ajouta Steven.
- Ca, pour sûr, fit Marty. Depuis le début."

Et alors Steven, à voix presque basse : "On ne sait pas, Amélia. On a jamais su."

Et Marty, plus bas encore : "Le Lincoln Review n'aimerait pas ça. Ah non, pas du tout."

"Mais bien sûr, on n'est pas au Lincoln Review ici, fit remarquer Steven. On n'est juste une petite station de police, d'une petite ville de campagne, perdue dans le Nebraska. Mais, Amélia, quand une femme ou un homme adulte déraille complétement, tout flic, qu'il travaille pour un gros commissariat ou un petit poste de banlieue, devrait en chercher les raisons. Peu importe le résultat, peu importe que la moitié de la paroisse méthodiste finisse empoisonnée, ou qu'une honorable mère de famille disparaisse un beau matin, en pleine semaine, et qu'on ne la revoie plus jamais vivante. Maintenant - pour le moment, peu importe où elle a atterri, ou qu'il soit totalement improbable qu'elle y soit arrivée - dites-moi quelles pourraient être ces raisons de dérailler complètement. Enumérez-les moi, jusqu'à ce que je puisse en compter au moins quatre sur vos doigts."

Les cours reprennent, se dit-elle, avant de se rappeler une chose que lui avait dite Steven un mois plus tôt, presque en passant : "Pour réussir dans la police, avoir un esprit mal placé ne gâte rien, ma chère. A l'époque, elle avait trouvé cette remarque bizarre, peut être même un chouilla sénile. A présent il lui semblait qu'elle la comprenait un peu mieux.

"Le sexe, dit-elle en levant l'index gauche - doigt Fille de Buffalo -, c'est à dire un autre homme." Elle brandit un autre doigt. "Les problèmes d'argent, dettes ou bien vol.
- N'oubliez pas le fisc, suggéra Marty. Il arrive que les gens fuient lorsqu'ils se rendent compte qu'ils doivent des fortunes à l'Oncle Sam.
- Elle n'imagine pas combien le fisc peut se montrer pénible, commenta Steven. On ne peut pas le lui reprocher. Quoi qu'il en soit, à en croire son mari, Julia n'avait aucun problème avec les impôts. Continuez, Amélia, vous vous en tirez très bien."

Mais elle n'avait pas encore aligné assez de doigts pour qu'il se montre satisfait. Pourtant elle ne pensait qu'à une seule autre hypothèse.

"La compulsion de recommencer une nouvelle vie ? demanda-t-elle sur un ton dubitatif, paraissant plus se parler à elle-même qu'à eux. Pour... je ne sais pas... couper les ponts et repartir à zéro. Etre quelqu'un d'autre, ailleurs ?" Et c'est alors qu'il lui vint une autre hypthèse. "La folie ?"

A présent elle avait quatre doigts en l'air - un pour le sexe, un pour l'argent, un pour le changement et un pour la folie. Elle jeta un regard incertain aux deux derniers. "Le changement de vie et la folie, c'est peut être la même chose
- Peut-être, oui, concéda Steven. Et on pourrait répliquer que la folie recouvre toutes sortes de dépendances auxquelles les gens essaient d'échapper. Ce type de fuite est parfois désigné sous le nom de "cure géographique". Je pense surtout aux problèmes de drogue et d'alcool. Le jeu est aussi une de ces dépendances dont on essaie de se défaire en changeant de décor, mais j'imagine que ce problème là rentre dans la catégorie "argent".
- Avait-elle des problèmes de drogue ou d'alcool ?
- Brian Queen dit que non, et je pense qu'il aurait été au courant. Et après vingt mois passés à y réfléchir, surtout avec la découverte du cadavre au bout, j'imagine qu'il me l'aurait dit.
- Mais, Amélia, intervint Marty (sur un ton plutôt aimable), quand on y pense, la folie a forcément sa place là-dedans, vous ne croyez pas ?"

Elle pensa à Julia Queen, la Fille de Buffalo, morte, assise là, contre sa poubelle sur la plage de Black Eagle, avec une boulette de viande coincée dans la gorge, ses yeux fermés tournés en direction de Buffalo. Elle repensa à sa main encore enroulée, comme si elle tenait encore le reste de son en-cas nocturne, ce morceau de bifteck qu'une mouette affamée avait sans doute volé, ne laissant qu'un dessin de sable collant dans la paume de sa main. "Oui, la folie apparaît bien à un moment ou à un autre. Il le savait, lui ? Son mari ?"

Les deux hommes échangèrent un regard. Steven poussa un soupir et se frotta l'aile du nez, fin comme une lame. "Peut être oui, mais à l'époque il fallait qu'il se préoccupe de sa propre vie, Amélia. De sa vie et de celle de sa fille. Quand une femme disparaît comme ça du jour au lendemain, le mari se retrouve avec tout un tas de choses pénibles à gérer. Même pas sûr qu'il puisse garder maison sur les hauteur de leur Buffalo...
- La Tanière de l'Ours, murmura Amélia, avec un pincement de compassion au coeur.
- Pour sûr. Il est resté à flot sans avoir à emprunter de trop à sa famille ou à la sienne, mais il a épuisé presque toutes les économies faites pour envoyer Emilie à la fac. Quand on l'a vu, pour moi, il était clair qu'il cherchait deux choses, l'une concrète, et l'autre, je dirais... plus spirituelle ?"

Il jeta un regard plutôt dubitatif en direction de Marty, lequel haussa les épaules et hocha la tête, comme pour dire que c'était le mot adéquat.
Steven opina à son tour la tête et reprit. "Il voulait en finir avec l'ignorance. Est-ce qu'elle était vivante, ou morte ? Etait-il marié, ou veuf ? Pouvait-il enfin lâcher l'espoir, ou fallait-il qu'il le porte encore un moment ? Cette dernière question peut paraître quelque peu insensible, et elle l'est peut être, mais j'imagine qu'au bout de vingt mois, l'espoir devient un fardeau fichtrement lourd à porter - diablement lourd à trimbaler.
> Pour la requête pratique, ça n'a pas été très compliqué à régler. Tout ce qu'il voulait, c'est que la compagnie d'assurance lui paie ce qu'elle lui devait. Je sais que Brian Queen n'est pas la seule personne au monde à détester les compagnies d'assurances, mais je le placerais en tête de liste pour son acharnement. Il avançait comme il pouvait, voyez-vous, habitant avec sa petite Emilie, un vague trois pièce en centre-ville - un sacré changement, après la coquette maison des hauteurs -, la confiant dans la journée à la crèche ou à des nounous auxquelles il n'était pas toujours certain de pouvoir faire confiance, à se démener pour un travail qu'il n'aimait pas vraiment de toute façon, puis le soir gagnant seul le lit conjugal après des années avec quelqu'un qui venait se blotir contre lui, à s'inquiéter pour des factures, à garder un oeil sur l'aiguille du réservoir parce que le prix de l'essence n'arrêtait pas d'augmenter, même à l'époque... Et pendant tout ce temps, il avait la certitude dans son coeur qu'elle n'était pas morte, mais il duvait lutter contre cette fichue compagnie d'assurances qui ne voulait pas débourser un centime sur la simple foi de ce que clamait sa tête, pas sans cadavre, et encore moins sans cause de décès.
> Il n'a pas arrêté de me demander si ces "salopards" - c'est comme ça qu'il les appelait - allaient "se bouger le cul", s'il s'avérait qu'il s'agissait d'un suicide. Je lui ai dit que je n'avais jamais entendu parler de quelqu'un qui se suicide en s'étouffant avec un morceau de viande, et plus tard, une fois qu'il a eu identifié sa femme sur la photo, en présence de Brightman, il lui a dit la même chose que moi. Ca a eu l'air de le tranquiliser un petit peu.
> Brightman a attaqué bille en tête, il a dit qu'il appellerait l'agent d'assurance de Lansing dans le Michigan, qu'il parlerait des empreintes digitales et de l'identification d'après photo. Qu'il réglerait tout ça illico presto. Ce qui a ému un peu le monsieur - en partie de soulagement, et puis aussi simplement d'épuisement, j'imagine.
- Bien sûr, murmura Amélia.
- Je l'ai accompagné jusqu'à Buffalo, où je l'ai enregistré au motel California, poursuivi Steven. C'est là que vous êtes descendue en arrivant, non ?
- Oui", confirma Amélia. Elle logeait dans une pension familliale depuis environ un mois mais elle chercherait quelque chose de plus stable d'ici octobre. Si, bien sûr, ces deux vieux boucaniers étaient d'accord pour la garder avec eux, comme elle le supposait. Elle en venait à croire que c'était le sens de toute cette histoire.

"On a pris le petit déjeuner tous les trois, le lendemain, reprit Marty. Et comme la plupart des gens qui n'ont rien fait de mal et qui n'ont pas l'habitude d'avoir affaire à la police, il a été un peu réticent à parler mais on l'a rapidement mis en confiance, notamment grâce à ce petit déjeuner informel." Il marqua un temps d'arrêt. "Ce qu'il nous disait aurait pu mener à une hypothèse de meurtre, mais... ce ne fut pas le cas.
- Pas de déviation alors, fit Amélia.
- Ni déviation, ni rien du tout !" s'exclama Marty, puis il partit d'un grand éclat de rire qui se termina en quinte de toux.

Lorsque l'orage se fut dissipé, il s'essuya le coin des yeux avec un grand mouchoir à carreaux, qu'il avait extirpé de la poche arrière de son pantalon.
"Que vous a-t-il raconté ? demanda Amélia.
- Que pouvait-il nous raconter ? corrigea Steven. Ce qu'il a surtout fait, c'est poser des questions. La seule que moi je lui aie posée, c'est si le chervonetz était un porte-bonheur ou un souvenir, ou quelque chose comme ça, grogna-t-il d'un ton ironique. J'étais un sacré flic en ce temps là.
- Le chevron..."

A suivre...



A l'heure où je boucle ce chapitre, avec presque trois semaines d'avance sur le calendrier, et moment où vous lisez ces lignes, pour les premiers d'entre vous, lecteurs, je peux dors et déjà affirmer qu'il ne reste plus que 3 chapitres... sauf si je me sens d'en faire plus... pour l'instant ce n'est pas d'actualité.


Edito : il est entendu que, oui, il ne reste que trois chapitres.... =^.^=
Par Cassandre - Publié dans : Textes
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Mardi 27 mars 2007
Souvenirs souvenirs... je discutais l'autre jour avec des amis sur MSN, des amis japonais, et on parlait de la difficulté du français, du japonais... et bon... Si on pouvait me donner 100 euros chaque fois que j'entends un japonais me dire combien sa langue est "aimai na gengo" (ambiguë)... Je serais riche. Comment et pourquoi en sont-ils donc arrivé à une telle conclusion ? Et un langage peut-il être intrinsèquement ambigu ?
Voyons un peu ce qui se passe "in situ" :
Vous, un non japonais donc, vous trouvez à une soirée avec des japonais. Vous notez la présence d'une personne connue, vous vous approchez, engagez la conversation, et, entre autre chose finissez par demander :

- "Okusama wa? (où est votre femme?)
- Aa, kanai wa chotto... (oh, ma femme est un peu...)", répond-il en hochant la tête

Gné ? Un peu quoi ?
Et c'est là qu'un japonais va vous dire que c'est un exemple parfait d' "aimaisa" (ambiguïté) qui fait que c'est difficile pour vous de comprendre... puisque vous n'êtes pas japonais !

Cependant, devant cette vague réponse, vous ne vous démontez pas... et tentez de continuer la conversation :

- "Alors comme ça vous aimez le cinéma français. Qu'est-ce qui vous plait ?
- Mâ, suki desu ne. Nantonaku. (Ben oui, j'aime bien, en gros...)"

En gros ? Heu, oui mais comment ça en gros ?!

Mais comme vous êtes français et que vous n'allez pas vous laisser impressionner par ce genre de réponse et que vous vous dites que vous allez bien finir par en obtenir une concrète... il vous suffira de poser une question "fermée", pensez-vous, où la réponse ne peut être que "oui" ou "non"... ah, ah.. vous ne connaissez pas les japonais vous... et donc, vous finissez par poser "LA" question qui vous turlupine en fait depuis le début, mais que vous n'avez pas posé d'entrée de jeu parce que vous êtes quand même poli :

- "Bon, concernant le job dont nous avions parlé la dernière fois. Allez vous m'engager comme votre professeur de français ?
- Yâ (humm), va-t-il répondre en se grattant l'arrière de la nuque, "muzukashii desu ne. (C'est difficile, je pense)."

Qu'est-ce qui est difficile ? Le français ? De répondre ? Quoi ?
Et vous voilà complètement dans le "gorimuchû" (le brouillard), vous haussez les épaules en signe de désespoir et avec un petit sourire en coin, toujours utile pour se sortir de situations difficile (justement), vous vous ruez sur le buffet histoire de s'envoyer un petit kappamaki (vous savez ces petits rouleaux de riz rempli de concombre avec une feuille de nori autour... ^^" ) avec un peu de sake, pourquoi pas, histoire d'oublier tout ça.

Et là, bon nombre de japonais à qui vous raconteriez votre mésaventure vous diraient que vous vous êtes trouvé face à une variété d'ambiguïté typique des "garden-party". Où aucun japonais ne voudrait s'impliquer en expliquant pourquoi sa femme n'est pas venue, qu'il aime le cinéma français sans vraiment pouvoir dire pourquoi, et que "muzukashii" ne signifie pas, ici, "difficile" mais simplement : "même pas en rêve, mon ami !".

Quoiqu'il en soit, rien dans les exemples ci-dessus n'indique que la langue est ambiguë, mais plutôt que ceux qui l'utilise, le sont.
Et là encore, j'ai souvent entendu dire, que les japonais partageais entre eux le "ishin denshin" qu'on pourrait traduire par une sorte de communication télépathique. Un clin d'oeil par-ci, un sourire par là, une petite moue encore ici, et vous avez toutes les informations qu'il vous faut pour pouvoir écrire "Guerre et Paix".
Mais soyons réaliste, cela est valable pour un grand nombre de cultures et de langues non ?

Cependant ce qui va peut-être différencier les japonais de la plupart des occidentaux, c'est leur capacité à rester silencieux et posé. Il n'est pas rare que ceux-ci préfèrent rester "timide" plutôt que d'exprimer de façon véhémente ce qu'ils aiment ou ce qu'ils n'aiment pas, surtout s'ils pensent que cela peut offenser la personne à qui ils s'adressent.
Plutôt que de vous dire que vous n'êtes pas engagé comme prof de français, la personne utilisera "muzukashii" afin d'adoucir sa réponse.

Donc, même si je ne parle pas japonais couramment, je ne pense pas que le japonais soit une langue ambiguë. En tout cas pas plus que le français ou l'anglais. A partir du moment où deux personnes s'entendent bien, aucune importance si les mots échangés semblent vagues ou imprécis, ils communiquent sur un plan totalement différent. Si nous autres, occidentaux ne comprenons pas le sens, ce ne doit pas être forcément parce que la langue est ambiguë mais plutôt parce que nous ne sommes pas familier avec les us et coutumes locales, où l' "enryo" (la retenue) et le "kikubari" (empathie) sont considérée comme des vertues nationale.
Pas de doute que le gars de la soirée parlait de façon "ambiguë" pour de bonnes raisons. Que vous puissiez les deviner ne dépend pas vraiment de vos connaissances linguistiques mais plutôt de la façon dont vous êtes capable de comprendre la culture, la personnalité et la psychologie de votre interlocuteur.

Tout ça bien sûr, je ne l'ai pas inventé, ça m'a été expliqué, et j'ai pas mal discuté de la chose avec, entre autre, une de mes amies japonaise répondant au doux prénom de Aï, qui signifie rien moins qu'Amour...
Par Cassandre - Publié dans : Japoniaiseries
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