Mercredi 7 mars 2007
Chapitres précédents :
Chapitre 9
| Chapitre 1 |
Chapitre 2 |
| Chapitre 3 |
Chapitre 4 |
| Chapitre 5 |
Chapitre 6 |
| Chapitre 7 | Chapitre 8 |
Chapitre 9
Avant de se réinstaller autour de la table de la petite cuisine, ils défilèrent à tour de rôle aux toilettes cachées dans l'alcôve, derrière le vieux ronéographe (dont on ne se servait plus depuis qu'une petite imprimante multifonctions en réseau avait été installée l'an dernier). Tandis que Marty s'était absenté, Amélia s'occupa du rituel du café. Si cette histoire-qui-n'en-était-pas-une devait durer encore une heure (et elle avait dans l'idée que c'était bien possible), ils seraient bien contents d'en prendre une petite tasse.
Lorsqu'ils furent de nouveau installés, Marty huma l'air en regardant en direction de la kitchenette, puis sourit d'un air satisfait.
"J'aime quand une femme décide que la cuisine n'est pas un lieu d'esclavage uniquement parce qu'elle travaille pour gagner sa vie.
- J'aime exactement la même chose chez un homme", répliqua Stéphanie.
Et lorsqu'il éclata de rire en hochant la tête (encore une bien bonne, qu'elle venait de sortir là... Deux en un seul après-midi, un vrai record), elle pencha la tête en direction du ronéographe posé sur le vieux photocopieur.
"C'est plutôt cet engin-là qui me rappelle l'esclavage, dit-elle.
- Celle-ci est moins une machine de torture qu'elle n'en a l'air, dit Steven. Il faut juste supporter les vapeurs d'alcool. Bon, où en étions-nous ?
- Au mari qui venait juste de découvrir qu'il était veuf, résuma Amélia. Je suppose qu'il est venu chercher le corps ?
- Vouaip, confirma Marty.
- Donc vous êtes allé le chercher à l'aéroport de Lincoln ?
- D'après vous ma chère ?"
Ce n'était pas là une question qu'Amélia eut à ressasser des heures. En avril ou mai 1982, l'affaire de la fille de Buffalo commençait déjà à être de l'histoire ancienne, pour les autorités de l'Etat du Nebraska... Et la victime étant morte d'étouffement, l'affaire n'avait été dès le départ que du menu fretin. Rien qu'un cadavre non identifié, point à la ligne.
"Bien sûr, que vous êtes allés le chercher. Vous étiez vraiment les deux seuls amis qu'il pouvait avoir dans le Nebraska."
Cette perspective eut sur elle un effet étrange : elle lui fit mesurer que Brian Queen avait été (et était sans doute encore) une personne bien réelle, et pas seulement un pion sur un échiquier comme dans un roman de Conan Doyle ou un épisode d'Arabesque.
"C'est moi qui y suis allé", l'informa Steven d'une voix douce.
Il s'avança un peu sur sa chaise, les yeux sur ses mains serrées comme un noeud de racines en dessous de ses genoux.
"Il ne ressemblait pas à l'image que je m'en était faite. J'avais une idée en tête, une image erronée. J'aurais dû m'en douter. Je suis flics depuis soixante-cinq ans environ - depuis pratiquement aussi longtemps que vit mon complice ici présent - et en tout temps, j'ai vu mon compte de cadavres. Pour la plupart, ils vous faisaient oublier en un fichu clin d'oeil toutes ces visions romantiques - "j'ai vu une jeune vierge pâle et inerte". Pour faire court, les cadavres, ce n'est pas joli du tout. La plupart n'ont même plus l'air humain. Mais ce n'était pas le cas de la Fille de Buffalo. Elle avait l'air assez présentable pour être l'objet d'un de ces poèmes de M. Poe. Elle avait été photographiée avant l'autopsie bien sûr, il ne faut pas oublier ce détail, et si l'on observait, ce cliché plus de quelques secondes, elle avait l'air morte et plus que morte (au moins pour moi)... Mais oui, elle avait quand même quelque chose de beau, avec ses joues livides, ses lèvres blêmes et cette petite touche de lavande sur les paupières.
- Brrr ", fit Amélia - pourtant elle voyait bien ce que Steven voulait dire et... oui, c'était bien un poème de Poe qui venait à l'esprit. Celui sur la Lénore perdue.
"Pour sûr, pour moi c'est le grand amour", conclut Marty, avant de se lever pour servir le café.
Lorsqu'ils furent de nouveau installés, Marty huma l'air en regardant en direction de la kitchenette, puis sourit d'un air satisfait.
"J'aime quand une femme décide que la cuisine n'est pas un lieu d'esclavage uniquement parce qu'elle travaille pour gagner sa vie.
- J'aime exactement la même chose chez un homme", répliqua Stéphanie.
Et lorsqu'il éclata de rire en hochant la tête (encore une bien bonne, qu'elle venait de sortir là... Deux en un seul après-midi, un vrai record), elle pencha la tête en direction du ronéographe posé sur le vieux photocopieur.
"C'est plutôt cet engin-là qui me rappelle l'esclavage, dit-elle.
- Celle-ci est moins une machine de torture qu'elle n'en a l'air, dit Steven. Il faut juste supporter les vapeurs d'alcool. Bon, où en étions-nous ?
- Au mari qui venait juste de découvrir qu'il était veuf, résuma Amélia. Je suppose qu'il est venu chercher le corps ?
- Vouaip, confirma Marty.
- Donc vous êtes allé le chercher à l'aéroport de Lincoln ?
- D'après vous ma chère ?"
Ce n'était pas là une question qu'Amélia eut à ressasser des heures. En avril ou mai 1982, l'affaire de la fille de Buffalo commençait déjà à être de l'histoire ancienne, pour les autorités de l'Etat du Nebraska... Et la victime étant morte d'étouffement, l'affaire n'avait été dès le départ que du menu fretin. Rien qu'un cadavre non identifié, point à la ligne.
"Bien sûr, que vous êtes allés le chercher. Vous étiez vraiment les deux seuls amis qu'il pouvait avoir dans le Nebraska."
Cette perspective eut sur elle un effet étrange : elle lui fit mesurer que Brian Queen avait été (et était sans doute encore) une personne bien réelle, et pas seulement un pion sur un échiquier comme dans un roman de Conan Doyle ou un épisode d'Arabesque.
"C'est moi qui y suis allé", l'informa Steven d'une voix douce.
Il s'avança un peu sur sa chaise, les yeux sur ses mains serrées comme un noeud de racines en dessous de ses genoux.
"Il ne ressemblait pas à l'image que je m'en était faite. J'avais une idée en tête, une image erronée. J'aurais dû m'en douter. Je suis flics depuis soixante-cinq ans environ - depuis pratiquement aussi longtemps que vit mon complice ici présent - et en tout temps, j'ai vu mon compte de cadavres. Pour la plupart, ils vous faisaient oublier en un fichu clin d'oeil toutes ces visions romantiques - "j'ai vu une jeune vierge pâle et inerte". Pour faire court, les cadavres, ce n'est pas joli du tout. La plupart n'ont même plus l'air humain. Mais ce n'était pas le cas de la Fille de Buffalo. Elle avait l'air assez présentable pour être l'objet d'un de ces poèmes de M. Poe. Elle avait été photographiée avant l'autopsie bien sûr, il ne faut pas oublier ce détail, et si l'on observait, ce cliché plus de quelques secondes, elle avait l'air morte et plus que morte (au moins pour moi)... Mais oui, elle avait quand même quelque chose de beau, avec ses joues livides, ses lèvres blêmes et cette petite touche de lavande sur les paupières.
- Brrr ", fit Amélia - pourtant elle voyait bien ce que Steven voulait dire et... oui, c'était bien un poème de Poe qui venait à l'esprit. Celui sur la Lénore perdue.
"Pour sûr, pour moi c'est le grand amour", conclut Marty, avant de se lever pour servir le café.
~~~~~~~~~~~~~~~~
Steven Seagull versa ce qui apparut comme une demie boîte de lait concentré dans sa tasse, puis reprit son récit. Avec aux lèvres un sourire un peu contrit.
"Tout ce que j'essaie de dire, c'est que je m'attendais à trouver une sorte d'icône des magazines au teint hâlé. Au lieu de quoi j'ai accueilli un blond un peu boulot aux cheveux long. Pas une seconde je n'ai douté de son chagrin et de son inquiétude, mais j'aurais dû me douter qu'il était plutôt le genre à bâfrer plutôt qu'à s'affamer quand il avait les nerfs en pelote. Ses parents avaient fait le voyage de Heartwell ou quelque chose du genre, pour garder la petite. Et je n'oublierais jamais cet air un peu perdu qu'il avait en sortant de la passerelle de l'avion avec son petit sac à dos ficelé sur son dos. Il était à vingt milles lieues de ce que je m'étais imaginé - rien à voir avec une Lenore perdue..."
Amélia sursauta. Peut-être bien que maintenant la télépathie est à triple sens.
"Mais je l'ai tout de suite reconnu. Je lui ai fait signe, il s'est approché et m'a demandé "Monsieur Seagull ?" Et quand j'ai répondu oui, que c'était bien moi, il a eu un air tellement soulagé, comme si un poids énorme avait été retiré de ses épaules, que s'en était un allègement pour moi aussi, et il a ajouté "Merci d'être venu me chercher. Merci pour tout. Je n'arrive pas à croire que c'est elle, mais quand je regarde cette photo, je sais bien que c'est elle."
> Ca fait une trotte, de venir jusqu'ici - personne ne le sait mieux que vous, Amelia -, et nous avons eu tout le temps de parler. La première chose qu'il m'a demandé, c'est si j'avais une idée de que Julia était venue faire dans le Nebraska, dans une ville homonyme de la sienne par dessus le marché. Je lui ai dit : "Pas la moindre". Il m'a ensuite demandé si elle était descendue dans un motel du coin pour la nuit du mercredi..." Il s'interrompit et jeta un regard en direction de Marty. "Je ne me trompe pas ? C'était bien mercredi soir ?"
L'intéressé hocha la tête. "Ce devait être un mercredi soir, parce que c'est un jeudi matin que John et Mary l'ont trouvée. Le 22 avril 1979.
- Vous vous souvenez de ça", constata Amélia épatée.
Marty haussa les épaules. "Ce genre de choses me collent à la mémoire, et ne même temps je suis capable d'oublier le pain que je voulais rapporter à la maison, et d'être obligé de ressortir le chercher sous une pluie battante."
Amélia se retourna vers Steven. "Il est évident qu'elle n'a pas réservé dans un motel pour la nuit de sa mort, ou alors vous ne l'auriez pas appelé la femme mystère si longtemps, les gars. Vous l'auriez connue sous un autre pseudonyme, parce que personne n'oserait s'enregistrer à l'hôtel sous celui-là."
Bien avant qu'elle ait fini sa phrase, Steven hochait la tête. "Avec Marty, nous avons passé les trois ou quatre semaines qui ont suivi la découverte du corps de la Fille de Buffalo à faire la tournée des hôtels, dans ce que M. Yeats aurait appelé de "grands cercles brisés", et dont le centre était Buffalo et sa plage de Black Eagle. C'aurait été tout bonnement impossible pendant la haute saison, avec les quelques quatre cents motels, auberges, chambres d'hôtes, bungalows et autres gîtes à louer, jusqu'à une demi-journée de voiture de la plage - et qui tous s'arrachent la clientèle - mais c'était beaucoup plus faisable en mai, parce que les hôtels n'ouvrent pas avant l'arrivée des vrais beaux jours, début juin. On a montré cette photo partout, Amélia.
- Sans succès ?
- Sans l'ombre d'un seul, confirma Marty."
Elle se tourna vers Steven. "Qu'a-t-il dit quand vous le lui avez appris ?
- Rien. Ca lui a coupé le sifflet." Il marqua une pause. "Il a pleuré un peu.
- Et c'est pas rien que de voir un gars pleurer, dit Marty.
- Et qu'avez vous fait ? demanda Amélia, toute son attention tendue vers Steven.
- Mon métier, répondit-il sans hésitation.
- Parce que vous êtes celui qui doit toujours tout savoir", dit-elle.
Il haussa ses sourcils broussailleux et emmêlés.
"Vous croyez vraiment ?
- Oui, je le crois vraiment." Et elle lança un regard à Marty, en quête de son approbation.
"J'ai comme l'impression qu'elle t'a eu là, partenaire.
- La question, c'est : est-ce votre à vous, Amélia ? demanda Steven avec un sourire en coin. Moi je crois que oui.
- C'est sûr." fit-elle d'un air distrait.
Elle le savait depuis des semaines, maintenant. Bien que, si on lui avait posé la question avant cette mutation forcée à Buffalo, elle eût ri au nez de quiconque aurait suggéré qu'elle serait sûre de son métier suite à une affectation aussi obscure. L'Amélia Heart qui travaillait à Lincoln avant d'être transféré à Buffalo, lui apparaissait aujourd'hui comme une autre personne. Une étrangère. "Que vous a-t-il dit ? Que savait-il ?
- Que des choses susceptibles de rendre encore plus étrange cette étrange histoire, dit Steven.
- Racontez-les-moi.
- D'accord, mais je vous préviens gentiment - c'est là que prend fin la déviation."
Amélia n'hésita pas une seconde. "Racontez-moi quand même."
A suivre...
On approche vraiment de la fin, je pense qu'il y aura 16 chapitres, j'en suis au 13ème... 17 si je suis en forme, mais j'ai des doutes...
=^.^=
Vers le chapitre 11
"Tout ce que j'essaie de dire, c'est que je m'attendais à trouver une sorte d'icône des magazines au teint hâlé. Au lieu de quoi j'ai accueilli un blond un peu boulot aux cheveux long. Pas une seconde je n'ai douté de son chagrin et de son inquiétude, mais j'aurais dû me douter qu'il était plutôt le genre à bâfrer plutôt qu'à s'affamer quand il avait les nerfs en pelote. Ses parents avaient fait le voyage de Heartwell ou quelque chose du genre, pour garder la petite. Et je n'oublierais jamais cet air un peu perdu qu'il avait en sortant de la passerelle de l'avion avec son petit sac à dos ficelé sur son dos. Il était à vingt milles lieues de ce que je m'étais imaginé - rien à voir avec une Lenore perdue..."
Amélia sursauta. Peut-être bien que maintenant la télépathie est à triple sens.
"Mais je l'ai tout de suite reconnu. Je lui ai fait signe, il s'est approché et m'a demandé "Monsieur Seagull ?" Et quand j'ai répondu oui, que c'était bien moi, il a eu un air tellement soulagé, comme si un poids énorme avait été retiré de ses épaules, que s'en était un allègement pour moi aussi, et il a ajouté "Merci d'être venu me chercher. Merci pour tout. Je n'arrive pas à croire que c'est elle, mais quand je regarde cette photo, je sais bien que c'est elle."
> Ca fait une trotte, de venir jusqu'ici - personne ne le sait mieux que vous, Amelia -, et nous avons eu tout le temps de parler. La première chose qu'il m'a demandé, c'est si j'avais une idée de que Julia était venue faire dans le Nebraska, dans une ville homonyme de la sienne par dessus le marché. Je lui ai dit : "Pas la moindre". Il m'a ensuite demandé si elle était descendue dans un motel du coin pour la nuit du mercredi..." Il s'interrompit et jeta un regard en direction de Marty. "Je ne me trompe pas ? C'était bien mercredi soir ?"
L'intéressé hocha la tête. "Ce devait être un mercredi soir, parce que c'est un jeudi matin que John et Mary l'ont trouvée. Le 22 avril 1979.
- Vous vous souvenez de ça", constata Amélia épatée.
Marty haussa les épaules. "Ce genre de choses me collent à la mémoire, et ne même temps je suis capable d'oublier le pain que je voulais rapporter à la maison, et d'être obligé de ressortir le chercher sous une pluie battante."
Amélia se retourna vers Steven. "Il est évident qu'elle n'a pas réservé dans un motel pour la nuit de sa mort, ou alors vous ne l'auriez pas appelé la femme mystère si longtemps, les gars. Vous l'auriez connue sous un autre pseudonyme, parce que personne n'oserait s'enregistrer à l'hôtel sous celui-là."
Bien avant qu'elle ait fini sa phrase, Steven hochait la tête. "Avec Marty, nous avons passé les trois ou quatre semaines qui ont suivi la découverte du corps de la Fille de Buffalo à faire la tournée des hôtels, dans ce que M. Yeats aurait appelé de "grands cercles brisés", et dont le centre était Buffalo et sa plage de Black Eagle. C'aurait été tout bonnement impossible pendant la haute saison, avec les quelques quatre cents motels, auberges, chambres d'hôtes, bungalows et autres gîtes à louer, jusqu'à une demi-journée de voiture de la plage - et qui tous s'arrachent la clientèle - mais c'était beaucoup plus faisable en mai, parce que les hôtels n'ouvrent pas avant l'arrivée des vrais beaux jours, début juin. On a montré cette photo partout, Amélia.
- Sans succès ?
- Sans l'ombre d'un seul, confirma Marty."
Elle se tourna vers Steven. "Qu'a-t-il dit quand vous le lui avez appris ?
- Rien. Ca lui a coupé le sifflet." Il marqua une pause. "Il a pleuré un peu.
- Et c'est pas rien que de voir un gars pleurer, dit Marty.
- Et qu'avez vous fait ? demanda Amélia, toute son attention tendue vers Steven.
- Mon métier, répondit-il sans hésitation.
- Parce que vous êtes celui qui doit toujours tout savoir", dit-elle.
Il haussa ses sourcils broussailleux et emmêlés.
"Vous croyez vraiment ?
- Oui, je le crois vraiment." Et elle lança un regard à Marty, en quête de son approbation.
"J'ai comme l'impression qu'elle t'a eu là, partenaire.
- La question, c'est : est-ce votre à vous, Amélia ? demanda Steven avec un sourire en coin. Moi je crois que oui.
- C'est sûr." fit-elle d'un air distrait.
Elle le savait depuis des semaines, maintenant. Bien que, si on lui avait posé la question avant cette mutation forcée à Buffalo, elle eût ri au nez de quiconque aurait suggéré qu'elle serait sûre de son métier suite à une affectation aussi obscure. L'Amélia Heart qui travaillait à Lincoln avant d'être transféré à Buffalo, lui apparaissait aujourd'hui comme une autre personne. Une étrangère. "Que vous a-t-il dit ? Que savait-il ?
- Que des choses susceptibles de rendre encore plus étrange cette étrange histoire, dit Steven.
- Racontez-les-moi.
- D'accord, mais je vous préviens gentiment - c'est là que prend fin la déviation."
Amélia n'hésita pas une seconde. "Racontez-moi quand même."
A suivre...
On approche vraiment de la fin, je pense qu'il y aura 16 chapitres, j'en suis au 13ème... 17 si je suis en forme, mais j'ai des doutes...
=^.^=
Vers le chapitre 11
par Cassandre
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