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Citations

"Happiness always looks small while you hold it in your hands, but let it go, and you learn at once how big and precious it is. "  - Maksim Gorky

"Si nous voulons construire une amitié durable, nous devons aimer nos amis pour eux et non pour nous." - Charlotte Brontë


"Every man is the architect of his own  life. He builds it just the way he  wants it. However,  after he  has built  what he  wants, he  sometimes decides that he doesn't like  what he  has built  and looks  for someone  or something  to blame instead of changing himself." - Sidney Madwed

"L'imagination porte bien plus loin que la vue." - Baltasar Gracian Y Morales


"La connaissance a de commun avec la  bêtise qu'elle n'a pas de limites. Il  est commun que les limites de nos connaissances sont des bêtises. Les limites de nos bêtises sont nos connaissances communes. La connaisance de nos limites met à  nu nos bêtises communes. C'est une  bêtise d'arrêter nos connaissances aux  limites de nos bêtises communes."





A mes visiteurs...

Je vous souhaite la bienvenue sur ce modeste Journal, intime parfois (qui a dit souvent, là bas au fond ??!! ;-) ), réactif souvent, photographique le lundi, "littéraire" le mercredi, à propos du Japon (pays que j'aime beaucoup) le samedi et aussi humouristique, du moins je l'espère !

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Mercredi 4 avril 2007
Chapitres précédents :


 
 Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7 Chapitre 8
Chapitre 9 Chapitre 10
Chapitre 11 Chapitre 12
   

Chapitre 13




Elle abandonna rapidement, en secouant la tête.

La pièce russe, dans sa poche, au milieu de la monnaie, dit Steven. C'était un chervonetz. Une pièce de dix roubles.  Je lui ai demandé si elle avait un sens en particulier pour elle, s'il s'agissait d'un grigri par exemple. Il n'en avait pas la moindre idée. Il m'a dit qu'à sa connaissance, le seul contact de Julia avec la Russie datait du jour où ils avaient loués Bons baisers de Russie, un James Bond, au vidéo-club.

- Elle a pu la ramasser sur la plage, raisonna-t-elle à voix haute. Les gens dégottent toutes sortes de choses sur les plages." Un jour, en se promenant sur une des plages du lac, elle-même avait trouvé un clavier d'ordinateur, dont les touches avaient été effacée à force d'être lechées par les vaguelettes.
"Peut être bien, pour sûr." Steven lui lança un regard appuyé, les yeux étincelants dans leurs orbites profondes. "Vous voulez savoir les deux choses que je me rappelle le mieux de lui, le lendemain de son rendez-vous avec Brightman ?
- Bien sûr.
- Eh bien... son air reposé. Et le solide repas qu'il a fait, au petit déjeuner.
- C'est un fait, acquiesça Marty. Vous connaissez ce vieux dicton qui dit que le condammné mange de bon coeur, mais moi je pense que personne n'a autant d'appétit que celui qui s'est fait gracier. Et en un sens, c'est ce qui lui est arrivé, à lui. Il ne savait peut être pas pourquoi elle était venue dans ce coin perdu, ou ce qui lui était arrivé une fois ici, et je crois qu'il commençait à comprendre qu'il ne le saurait sans doute jamais...
- Oui, il commençait à comprendre, confirma Steven. Il me l'a dit, sur le chemin, quand je l'ai raccompagné à l'aéroport.
- Mais il savait la seule chose qui avait de l'importance : elle était morte. Son coeur avait beau le lui avoir chuchoté à l'oreille depuis le début, sa tête avait besoin de preuves pour pouvoir continuer d'avancer.
- Sans parler de convaincre cette saleté de compagnie d'assurance, ajouta Marty.
- Est-ce qu'il a fini par avoir l'argent ?" demanda Amélia.

Marty sourit. "Oui, m'dame. Je ne dis pas qu'ils n'ont pas traînés les pieds - ces gars-là ont tendance à se presser quand il s'agit de faire de l'argent, mais ça ralentit sec dès que quelqu'un fait jouer ses droit - mais ils ont fini par payer. Ca nous a valu une lettre de sa part, nous remerciant de tous nos efforts. Il disait que sans nous, il serait toujours en train de se poser des questions, et la compagnie d'assurances prétendrait toujours que Julia Queen était peut être encore vivante, à New York ou à Paris.
- Quel genre de questions a-t-elle posé ?
- Celles auxquelles on pourrait s'attendre, répondit Steven. Tout d'abord, il a voulu savoir où elle était allée, en descendant du train. Nous étions incapables de lui répondre. Nous avons fait de notre mieux - n'est-ce pas Marty ?" L'intéressé acquiesça. "Mais personne ne se rappelait l'avoir vu, expliqua Steven. Evidemment, il faisait presque nuit à cette heure-là, alors il n'y avait pas de raison que quiconque - et à cette époque de l'année, ils ne sont pas nombreux, surtout à bord du dernier train du jour -, ils ont sans doute filé tout droit à leurs voitures dans Back Street, la tête rentrée dans le col de leur manteau pour se protéger du petit vent froid qu'il y a souvent le soir.
- Et puis il a demandé à récupérer son sac. Tout ce qu'on a pu dire, c'est qu'il n'avait jamais été retrouvé... Enfin, que personne ne l'avait jamais rapporté chez nous. J'imagine qu'il est possible que quelqu'un l'ait pris à un moment ou un autre, puis qu'il l'ait balancé dans le lac.
- Tout comme il est possible que le paradis soit un grand cirque, mais rien n'est moins sûr, fit Steven d'un ton sec. Si elle avait du liquide dans son porte-monnaie, pourquoi lui en restait-il - dix dollars en billets - dans la poche de son pantalon ?
- Au cas où, suggéra Amélia.
- Peut-être bien, admit Steven. Mais à moi ça ne me semble pas logique. Et honnêtement, je trouve cette idée de pickpocket opérant dans un train entre Lincoln et Buffalo encore moins crédible que celle d'une dessinatrice affrétant un jet privé pour se précipiter au Nebraska.
- Quoi qu'il en soit, nous n'avons pas pu dire ce qu'était devenu le sac, résuma Marty, ni le manteau. Ni pourquoi on l'avait retrouvée assise contre une poubelle sur cette plage, en pantalon et chemisier.
- Et les cigarettes ? fit Amélia. Je suis sûre qu'il était curieux de savoir."

Steven eut un rire qui ressemblait à un aboiement. "Curieux n'est pas le mot. Ce paquet de cigarettes, l'a presque rendu dingue. Il ne comprenait pas pourquoi elle l'avait sur elle. Et on n'a pas eu besoin qu'il nous dise qu'elle n'était pas le genre à s'arrêter pour replonger juste après. Brightman lui a bien ausculté les poumons au cours de l'autopsie, pour des raisons que vous comprendrez, j'en suis certain...
- Il voulait quand même vérifier qu'elle ne s'était pas noyée ? demanda Amélia.
- C'est exact, répondit Steven. Si le docteur Brightman avait trouvé de l'eau dans les poumons, au-dessous de cette boulette de viande, alors ça aurait suggéré qu'on avait essayé de maquiller la cause réelle de la mort de madame Queen. Ca n'aurait pas prouvé catégoriquement qu'il s'agissait d'un meurtre, mais il y aurait eu une forte présomption. Mais Brightman n'a pas trouvé d'eau dans les poumons de Queen, pas plus que de preuve qu'elle fut une fumeuse, même repentie. C'était tout propre tout rose là dedans, il a dit. Pourtant quelque part entre son bureau et l'aéroport de Detroit, et malgré la précipitation dans laquelle elle devait se trouver, Julia a demandé à son chauffeur de s'arrêter, pour qu'elle puisse s'acheter un paquet. Ou bien elle les avait mises de côté à l'avance, ce qui me paraît plus plausible. Peut-être avec sa pièce russe.
- Vous le lui avez dit, à lui ?
- Non." Au même instant le téléphone se mit à sonner. "Excusez-moi" dit-il, en se levant pour aller répondre.

Il n'échangea que quelques phrases, prononça quelques pou' su', puis revint vers eux en s'étirant le dos. "C'était Hélène Dundee. Elle est enfin prête à porter plainte contre son salaud de mari. Je cite ses propres paroles. Je ne pense pas qu'elle ira jusqu'au bout, raison de plus pour ne pas trop traîner pour aller la trouver. Histoire de faire ça avant qu'elle ne change encore d'avis...
- Et il faut absolument que je m'occupe de ces factures, ajouta Marty. On dirait qu'il y en a une bonne douzaine de plus que lorsque nous sommes partis déjeuné. Je mettrais ma main à couper qu'elles se reproduisent entre elles quand nous sommes absents."

Amélia les considéra à tour de rôle avec une réelle inquiétude. "Vous ne pouvez pas vous arrêter maintenant. Vous ne pouvez pas me laisser comme ça, en haleine.
- Pas le choix, fit doucement Steven. C'est nous qui sommes en haleine, et ce, depuis vingt-cinq ans. Pas de secrétaire évincée dans cette histoire là.
- Pas non plus de lampadaires se reflétant sur les nuages, ajouta Marty. Pas même de pauvre vieux marin assassiné pour un hypothétique trésor de pirate, et laissé pour mort dans son sang sur le pont avant, après qu'on a balancé par-dessus bord tout le reste de l'équipage - et pourquoi ? Pour faire un exemple, une mise en garde adressée à tous les chasseurs de trésors en puissance, bien sûr ! En voilà une, de déviation, ma chère !"

Marty lui adressa un large sourire... Puis le sourire s'évanouit. Rien de tout ça, dans l'affaire de la Fille de Buffalo. Pas de fil pour aligner les perles, et pas de Sherlock Holmes ou d'Hercule Poireau pour les enfiler, de toute manière. Rien que deux pauvres hères dirigeant un petit poste de police paumés mais qu'il faut bien un service d'ordre, même dans les contrées les plus reculés du pays.

"A propos, ne vouliez-vous pas parler à Miss Saly à propos de cette histoired de bonbons volés à l'épicerie d'Oliver Street ?
- Je le voulais, oui... je le veux... je vais le faire ! Dites moi les gars, vous comprenez, au moins ? Que je tiens absolument à coincer le garnement qui vole toutes les confiseries de la ville dès que l'occasion s'en présente ?"

Steven Seagull éclata de rire, et Marty ne tarda pas à l'imiter.

"Pou' su', lui assura Steven, dès qu'il de nouveau capable de parler. Je ne sais pas ce qu'en penserait vos anciens suppérieurs, Amélia, je suppose qu'il vous en ferait une dépression sur-le-champ, mais je sais ce que c'est ce que vous voulez vraiment." Il jeta un oeil à Marty. "Nous le savons tous les deux.
- Et moi je sais que vous avez d'autres chats à fouetter, mais vous devez bien avoir des idées... des théories... après toutes ces années..."

Elle les regarda d'un air plaintif.
"Je veux dire... Vous en avez, n'est-ce pas ?"

Ils échangèrent un regard, et elle sentit de nouveau ce courant télépathique entre eux, mais cette fois-ci, elle n'eut aucune idée de ce qu'il véhiculait. Alors Marty se retourna vers elle.

"Que voulez-vous réellement savoir, Amélia ? Dites-nous un peu."


A suivre...


Alors alors, et vous... que voulez-vous vraiment savoir ??? ;-)

par Cassandre publié dans : Textes
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