Dimanche 8 avril 2007
Un article paru sur un blog que je ne peux citer, m'a un peu fait réfléchir. La fuite, se fuir soi-même. Voilà un thème que je connais par coeur... pour l'avoir pratiqué souvent.Mon premier amour : j'ai fuis lâchement et en prime j'ai fait du mal autour de moi, à des gens que je ne voulais vraiment pas faire souffrir... on va me dire que ça arrive, j'en garde tout de même un reste de culpabilité, même si pour certains c'est oublié et pardonné depuis longtemps... et pour d'autres qui gardent une certaine rancoeur et amertume, ça me rend triste, non que j'attende l'absolution, mais au moins l'oubli. Bref... première fuite...
d'une longue série...
Je me suis fuis moi-même, j'ai fuit des travails aussi... parce que j'avais tellement peur de ne pas être à la hauteur, de décevoir ou simplement de me prendre un mur. Alors je n'ose pas.
La dernière de mes fuites fut le Japon... ah oui, je vous entend bien, vous, là bas, au-fond à droite, ricaner et dire que comme fuite ce doit être plutôt sympa et qu'il y a pire... Oui et non...
J'avais besoin de me retrouver, d'être sûre que je pouvais "le faire". Quoi ?
Tout.
N'importe quoi.
Mais le faire.
Ne plus fuir... pourtant j'ai fuis une dernière fois... parce que je ne supporte plus le Sud de la France, Nice et Antibes en particulier... oui, ce sont (surtout Antibes) de très belles villes, il y a la mer, la montagne à proximité...mais si je fais le comptes des mauvais souvenirs, le compte de tout ce qui m'y est arrivé, la balance est très négative...
Il me fallait repartir de zéro, pour plein de raisons... savoir si j'avais un problème avec l'autorité, si j'étais vraiment une chieuse au boulot... résultat des courses avec le boulot que j'ai ? Oui, et non... oui, un peu mais parce que j'aimerais travailler plus et qu'avec un collègue aussi bordélique que le JCF, c'est même pas en rêve que je pourrais y arriver... tout ce que j'entreprends, il le met en pièce, ce qui rend malade la directrice d'exploitation qui passe son temps à lui secouer les puces, mais il ne réagit guère...
Je voulais aussi des lieux neufs... sans histoires, des lieux que je pouvais regarder le matin en me disant "c'est chouette d'être ici"... et ça c'est facile quand il n'y a aucun souvenirs particuliers qui y sont rattachés...
Je voulais aussi prendre un peu plus mes responsabilités faire les visites médicales quand il le fallait, parce qu'il le faut... Je suis allée voir le gynécologue pour la première fois depuis que je m'étais faite opérer y'a 6 ans (ou 5, je suis plus sûre)... Mouais, je sais les filles, faut y aller au moins une fois par an... je sais... j'évitais... et me voilà bien aujourd'hui à repartir avec un problème (enfin, on ne sait pas encore...)...
J'espèrais plein de chose... c'est difficile, je peux pas dire que ça ne me perturbe pas... mais le bilan de tous ces changements sur un an est plutôt positif... il me faut encore une colloc ou un appart peu m'importe, le premier à me dire "oui" je prends, j'ai besoin d'indépendance complète, d'être "Chez moi" ... seule.
... avec ma bestiole... et quelques poissons rouges ? Nan, je blagues... mais l'idée est là... je veux mon bordel, mon lit, quelques affaires, rester à rêvasser assise à la fenêtre à regarder les oiseaux passer pendant des heures un calepin à la main si j'en ai envie, dormir pendant 15h d'affilés le weekends, si je veux... rester debout jusqu'à 3h du matin à fredonner tout bas des chansons, si l'humeur y est... j'ai envie....
De vivre, d'être moi, tout simplement...
Et tout doucement, l'oiseau fait son nid.
En résumé, je crois qu'on ne peut pas passer sa vie à fuir, à un moment ou un autre on se retrouve confronté à soi-même... reste à voir si on veut ou non pouvoir se regarder dans une glace le matin au réveil.
Car on est toujours seul face à sa propre conscience et mon Gimini Cricket est du genre casse-pied...
par Cassandre
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