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"Happiness always looks small while you hold it in your hands, but let it go, and you learn at once how big and precious it is. "  - Maksim Gorky

"Si nous voulons construire une amitié durable, nous devons aimer nos amis pour eux et non pour nous." - Charlotte Brontë


"Every man is the architect of his own  life. He builds it just the way he  wants it. However,  after he  has built  what he  wants, he  sometimes decides that he doesn't like  what he  has built  and looks  for someone  or something  to blame instead of changing himself." - Sidney Madwed

"L'imagination porte bien plus loin que la vue." - Baltasar Gracian Y Morales


"La connaissance a de commun avec la  bêtise qu'elle n'a pas de limites. Il  est commun que les limites de nos connaissances sont des bêtises. Les limites de nos bêtises sont nos connaissances communes. La connaisance de nos limites met à  nu nos bêtises communes. C'est une  bêtise d'arrêter nos connaissances aux  limites de nos bêtises communes."





A mes visiteurs...

Je vous souhaite la bienvenue sur ce modeste Journal, intime parfois (qui a dit souvent, là bas au fond ??!! ;-) ), réactif souvent, photographique le lundi, "littéraire" le mercredi, à propos du Japon (pays que j'aime beaucoup) le samedi et aussi humouristique, du moins je l'espère !

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Jeudi 22 mai 2008
Sûrement que ce nom ne vous évoque rien, et ça ne m'étonne pas. Chanteuse des années 80 en Allemagne, jamais exportée en France. Un style qui rappelle méchamment Top Gun ou Cocktail pour l'époque et l'ambiance. Je ne dirais pas que j'adore, mais j'ai découvert quand je suis allée chez ma correspondante en août 1989. J'avais 14 ans, c'était trois mois avant que le pater ne se casse définitivement de la maison.

J'ai passé trois semaines chez elle. Au début, c'était censé être 2 mais j'ai tellement insisté pour rester (sur invitation de la famille d'accueil bien sûr) que j'ai eu gain de cause : c'était toujours une semaine de plus aussi pour eux pour pas m'avoir sur le dos.

C'est donc ma "corres" qui écoutait cet album "True Love Lory" en boucle qui me l'a mis en tête. J'ai demandé une cassette, avec les photos, ça me faisait double souvenir.

Je ne sais pas vous mais je marche beaucoup à l'association musique / évènement. Et j'ai donc associé cet album à ces trois semaines en pleine cambrousse.

Trois semaines de rêve, première fois où j'étais libre, dans une famille agréable, sympathique et chaleureuse.

Le départ ne se fit pas sans peine pourtant. Le coût du billet d'avion ne changeait pas beaucoup de celui pour Paris qui était habituellement pris l'été pour m'envoyer chez ma grand-mère (cette année là, c'est elle qui est venue sur la Côte au mois de juillet me garder). Donc en lieu et place d'un Nice / Paris, j'ai eu droit à un Nice / Stuttgart. Le mur n'était pas encore tombé, c'était encore l'Allemagne de l'Ouest, mais on ne savait pas encore que ça n'allait pas durer. Ces choses ne faisaient pas parti de nos préoccupations.

Avec Dorothée (eh oui, c'est son prénom :) ), nous correspondions depuis un an. Surtout pas en allemand, pas plus qu'en français, l'anglais, c'était plus simple ;-)
Elle devait venir à la maison dans le cadre du programme d'échange scolaire en septembre, mais sa famille voyant que l'on s'entendait très bien, s'est dit que ce serait bien de me recevoir avant, que ça nous feraient de vraies vacances ensemble, puisque lorsqu'elle viendrait, nous aurions les cours à suivre... pas vraiment rigolo.

Antibes est jumelée à la ville de Schwäbisch Gmünd à environ 50 km de Stuttgart. Malgré cette apparente proximité, je n'ai pas visité cette dernière du tout, juste atterri et décollé de l'aéroport. Et puis de toute façon, cette famille n'habitait pas non plus vraiment Schwäbisch Gmünd mais Leigenfield, tout petit village, que je n'arrive même pas à retrouver sur une carte.

Faut dire, il y avait une rue. Une seule. Bordée de maison, avec un restaurant / boulangerie / épicerie / charcuterie / poste, tout ça à la fois. Il y avait quand même un distributeur de banque. Ouah. Trop la classe.

Comme trou perdu on faisait pas mieux. Surtout que la route en question attérissait dans les champs, et se terminait sur un petit aérodrôme. Au-delà, c'était fini plus de routes.

Le jour du départ pour l'Allemagne j'étais excitée comme une puce. C'était la première fois que je partais pour un endroit où j'avais envie d'aller. Pas une colonie de vacances où les autres enfants étaient plus méchants les uns que les autres ou les moniteurs plus bêtes encore.

Et puis j'allais dans un nouveau pays. Même si l'allemand et moi ça a toujours fait deux (encore que je puisse le lire globalement, le comprendre un peu, mais me demandez pas de le parler... ou si, pour vous demander d'aller au ciné avec moi :-p "Willst du ins kino gehen mit mir ?") c'était une expérience qui me faisait vraiment envie.

Évidemment, rien ne peut se passer correctement, surtout pas avec mes parents. J'ai failli ne pas pouvoir prendre l'avion, ils avaient oublié de signer le formulaire d'autorisation de sortie du territoire. Et il fallait visiblement s'assurer que le pater était aussi d'accord, et comme il n'avait pas daigné venir à l'aéroport, je peux affirmer sans me tromper, que le coup de fil de la police de l'air (je crois que c'était ça, cette police de l'aéroport) pour lui demander de venir sinon je pourrais pas partir, l'a bien emm.... mais il est venu, juste à temps pour que je puisse embarquer. Mais je me souviens encore que si les flics avaient pas été là, je me serais pris une rouste (bien sûr, voyons, c'était ma
faute encore... ^^").

Bref, j'embarque, soulagée et heureuse. Fini, plus de parents, juste des hôtesses sympa, un vol en avion (j'adore les vols en avion :) ) et une destination inconnue.

A l'arrivée, j'ai tout de suite reconnue la famille de Dorothée. Je me suis dirigée tout de suite vers eux, et franchement, personne n'a contrôlé s'ils avaient bien le droit de m'emmener. J'aurais pu partir dans la nature avec n'importe qui, les hôtesses n'étaient plus là pour s'occuper de moi (ou m'étais-je éclipsée sans vraiment me rendre compte que je devais rester dans l'avion ? Je ne me souviens plus bien de ça, j'avoue).

Présentation, timidité des premiers moments, et puis, ma foi, en bonne fille qui se respecte, on commence à papoter. Le chemin en voiture se fait sans encombre. On traverse la campagne, la forêt, mon regard a rencontrer celui d'un cerf qui s'est aussitôt enfui...

Arrivée à Leigenfield. Et me voilà devant une ferme. La première que j'ai vu aussi moderne : des vaches, des poules, des canards, des dindes et j'en oublie... un silo à grain. Un garage pour le tracteur. J'étais tombée sur de vrais fermier.
Loin de me gêner, moi enfant de la ville, j'étais aux anges.

A peine le temps de poser la valise que déjà les voisins s'intéressent à moi. La France était loin, les parents encore plus... nous avions commencé une partie de badminton sauvage dans la rue avec Heike et Thomas... la meilleure amie de Dorothée et le frère aînée de cette dernière.

Vers 22h, je n'avais toujours pas téléphoné à la maison pour dire que j'étais bien arrivée. J'avais oublié. Mais alors complètement.
Ce n'est que parce que ma mère a trouvé le numéro de téléphone, je ne sais comment, que je me suis fait enguirlandé comme pas deux pour n'avoir pas prévenu que tout allait bien.

Ce fut le seul coup de téléphone du séjour. Au grand étonnement de la famille, mais tout à leur joie aussi, car finalement, ils devaient se dire que j'étais heureuse chez eux, et que ça me suffisait.
C'était le cas : réveil au champ du coq, balades à vélo dans la campagne verdoyante d'un été ni trop chaud ni trop pluvieux. Des fêtes de la bière et de bons fou rires, barbecues et autres activités de ferme : ramassage d'oeuf, tentative de traite d'une vache, montée sur le tracteur pour aller aux champs pour la moisson...

C'était tout simplement idyllique. Le retour au bercail fut dur.

Malheureusement, quand Dorothée est venue, ce fut une autre histoire. Bien que plus âgée que moi, sa maison lui manquait et il fallait qu'elle téléphone tous les jours à sa mère. Laquelle était bien embarrassée et pris finalement l'habitude de téléphoner tous les jours.
Et puis, les parents se sont conduit comme d'hab. Alors dispute, mauvaise ambiance donnée par le pater bien sûr... je sentais le malaise chez Dorothée, mais comment lui expliquer ?

On ne s'est plus écrit ensuite, mais ces trois semaines restent pour moi inoubliables, et franchement ces gens gardent une place spéciale dans mon coeur.

Et Bonnie Bianco ? Bah, c'est juste la musique qui me rappelle ces trois semaines, l'odeur des champs fraîchement moissonnés et du bonheur fugace que j'ai connu durant cette période.


La ferme de la famille de Dorothée, là où il y a le silo. On dormait dans la chambre sous le toit pentu, la petite lucarne tout en haut... :)

par Cassandre publié dans : Divers
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