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Citations

"Happiness always looks small while you hold it in your hands, but let it go, and you learn at once how big and precious it is. "  - Maksim Gorky

"Si nous voulons construire une amitié durable, nous devons aimer nos amis pour eux et non pour nous." - Charlotte Brontë


"Every man is the architect of his own  life. He builds it just the way he  wants it. However,  after he  has built  what he  wants, he  sometimes decides that he doesn't like  what he  has built  and looks  for someone  or something  to blame instead of changing himself." - Sidney Madwed

"L'imagination porte bien plus loin que la vue." - Baltasar Gracian Y Morales


"La connaissance a de commun avec la  bêtise qu'elle n'a pas de limites. Il  est commun que les limites de nos connaissances sont des bêtises. Les limites de nos bêtises sont nos connaissances communes. La connaisance de nos limites met à  nu nos bêtises communes. C'est une  bêtise d'arrêter nos connaissances aux  limites de nos bêtises communes."





A mes visiteurs...

Je vous souhaite la bienvenue sur ce modeste Journal, intime parfois (qui a dit souvent, là bas au fond ??!! ;-) ), réactif souvent, photographique le lundi, "littéraire" le mercredi, à propos du Japon (pays que j'aime beaucoup) le samedi et aussi humouristique, du moins je l'espère !

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Mercredi 23 mai 2007
Et voici la suite de la semaine dernière

Un peu plus courte que la première partie, c'est que je veux pas vous faire fuir non plus ^^"

La dernière partie la semaine prochaine donc :)



 Une femme désagréable finit par lui répondre :
- En effet, mademoiselle Lainée, nous avons trois plaintes écrites, anonymes bien sûr, et une autre téléphonique dont nous avons décidé... de ne pas tenir compte.
- Comment ça ?
- Il s'agit d'une dame... un peu particulière.
- Qui fait des histoires de tout, c'est ce que vous sous-entendez ?
- C'est un peu ça.
- Je sais, ma voisine m'a prévenue.
- Il n'en demeure pas moins que quatre copropriétaires mécontents, cela commence à peser. Votre chat fait pas mal de scandale.
- Ecoutez, c'est la première fois qu'il y a ce genre de problème, je ne comprend pas.
- Essayez les calmants.
- Je vais y penser.
Ce soir-là, après le travail, Mérédith passa chez un vétérinaire et commanda un collier anti-aboiement. Après tout, si ça marchait pour les chiens, cela devait aussi fonctionner pour les chats, se disait-elle naïvement.
En arrivant à son domicile, elle trouva une photocopie dans sa boite aux lettres : le texte récent de la loi règlementant les nuisances sonores en ville. Des passages entiers étaient surlignés au feutre rouge et ponctués dans la marge de points d'interrogation agressifs. La lecture de cette banale feuille de papier lui mit les jambes en coton. Ginette avait donc raison : quelqu'un dans cet immeuble lui en voulait et semblait décidé à aller jusqu'au bout. Mérédith inspecta les noms gravés sur chaque boite. Si on écartait Ginette et elle-même, il restait quatre possibilités. Moins, puisque le psychiatre du premier ne venait presque jamais à son cabinet, ne conservant celui-ci que comme pied à terre exceptionnel. Monsieur Blanchet, qui occupait le quatrième, était veuf, or Ginette et la concierge avait parlé d'une dame d'un âge certain. Restaient donc une demoiselle Lecocq et une madame Ledru.
Mérédith monta et frappa à la porte de Ginette, qui lui ouvrit avec un de ses sourires espiègles et chaleureux :
- Ginette, dites moi la vérité : c'est cette demoiselle Lecocq, ou madame Ledru ?
La petite femme prit aussitôt une expression apeurée et la pria d'entrer aussitôt chez elle. Elle referma brutalement la porte derrière elle.
- Chuuuut ! Pas si fort ! On pourrait vous entendre ! Je ne peux pas, mon petit...
- Je vous en pris Ginette, il faut que je sache, je n'en peux plus de ces histoires. J'ai la désagréable impression d'être surveillée.
Mérédith craignit un moment que Ginette ne fonde en sanglots. Elle semblait bouleversée et murmura :
- Non, non, je ne peux pas... C'est une mauvaise, un serpent. Si elle venait à le savoir, elle est capable... Méfiez-vous, Mérédith. Hum.. heu.. j'ai un peu mal à la tête là, je vais devoir vous demander de me laisser. Je ne veux pas parler de tout ça. Pas maintenant. Ca va finir par me retomber dessus.
Mérédith resta quelques instants interdite sur le palier, contemplant le panneau de bois vieilli que venait de refermer devant elle Ginette. Soudain, la précipitation de la gardienne à la mettre dehors, son mutisme, lui revinrent à l'esprit.
Les coups de téléphone anonymes commencèrent cette nuit-là.  Mérédith se réveilla en sursaut et se rua sur l'appareil. Rien. Un silence lourd à l'autre bout du fil indiquait une présence sourde à ses "allô" répétés. On raccrocha. On rappela, deux heures plus tard. La réveillant à nouveau. Ces appels nocturnes dont le silence était plus angoissant que les injures ou les obscénités ne devaient s'arrêter que cinq jours plus tard quand elle se décida à porter plainte auprès de France Télécom.
Cette première riposte sembla libérer la horde d'autres mesures plus agressives. Mérédith trouva un soir son paillasson imbibé d'un liquide dont elle préféra ignorer la provenance. Le lendemain, sa boite aux lettres et son courrier, furent remplis d'excréments, mais c'est la photo Polaroïd qu'elle ramassa sous sa porte le troisième soir, qui l'acheva. On y voyait Perl, en train de se frotter à ses jambes. Une flaque gribouillée au feutre rouge couvrait le flan du vieux matou. Au dos de la photo avait été scotché l'extrait d'un journal relatant des vols de chats et de chiens de compagnie. Les enquêteurs retenaient une hypothèse monstrueuse : les petites bêtes kidnappées étaient jetées lors des "entractes" des combats illégaux de chiens, se faisant déchiqueter par ces monstres dressés au carnage pour le plus grand délice des spectateurs. Des scènes de supplice, d'horreur rouge, gueulante, s'incrustèrent dans le cerveau de Mérédith. Une boule suffocante lui remonta dans la gorge et elle fondit en larme. Elle parvint à ouvrir les verrous de sa porte, et s'effondra à genou dans le couloir. Perl vint se frotter à elle, lui léchant les mains en ronronnant. Une douleur dans le ventre la tira de ses sanglots. Elle se leva et se rendit juste à temps dans les toilettes pour vomir.
Enfin, le collier arriva, et Mérédith soupira. Tout aller rentrer dans l'ordre.
Ce n'est que le deuxième jour qu'elle s'étonna que le niveau de la petite cartouche d'essence odorante n'ai pas baissé lorsqu'elle rentrait le soir. Se méfiant d'un éventuel dysfonctionnement, la jeune femme produisit une imitation potable de Perl contre la membrane sensible. Une giclée de citronnelle lui inonda le menton. Une sensation de vertige l'envahis soudain et elle dut se cramponner à la table pour ne pas tomber. Le collier fonctionnait, donc le chat ne miaulait pas. Tout ceci n'était que prétexte. Ca n'avait rien à voir avec des nuisances de voisinage. Il s'agissait de harcèlement, de pure méchanceté, de sadisme sournois et jouissif.
Pourquoi la scène du rat s'imposa-t-elle à nouveau ? Georgette qui ahanait sous l'effort, levant le balai, l'abattait, encore et encore. Saisissant le rat, le projetant contre le mur. La panique sourde que l'Autre, la harceleuse sans visage ni nom, avait réussit à insuffler dans le moindre des gestes de Mérédith céda aussi sous les coups de Georgette. Elle la sentit, la rage, la fureur qui remplace d'un coup la peur, lorsqu'on comprend enfin que la peur ne sert qu'au pire : à l'anéantissement. Elle la reçut comme sa grand-mère avait du la recevoir ce jour là : une bourrasque qui propulse le sang au cerveau, abolit la fatigue, la douleur. Son coeur lui remonta dans la gorge, cognant dans ses veines, lui indiquant que le temps de la crainte venait de s'achever, celui de se relever venait de commencer. Mérédith retint le rire qui lui montait aux lèvres : elle voulait la guerre ? Elle allait l'avoir !

par Cassandre publié dans : Textes
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