Mercredi 28 mai 2008
Ca fait quelques mois que ma décision est prise et que j'ai commencé à agir dans ce sens. Les premiers temps j'ai trouvé cela un peu difficile
à mettre en oeuvre : trouver le matériel, les endroits où pratiquer mon art.
Ce n'était vraiment pas évident.
Et puis, le jour de la première fois - je ne l'oublierais jamais - j'étais tremblant, j'avais peur mais j'ai surmonter mon anxiété pour me laisser gagner par l'euphorie de l'instant. C'était intense. Plus intense que toutes mes "autres" premières fois. La première fille que j'ai connu, le premier baiser, la première fois que j'ai fait l'amour, toutes ces expériences n'étaient rien à côté de ce que j'étais en train de vivre.
Le meilleur est de préparer les préparatifs, certains diront, mais le passage à l'acte est tout aussi jouissif, croyez moi, et puis après, le goût salé de l'aventure reste sur les papilles, et on en redemande.
Alors j'ai recommencé.
Pas bien longtemps après d'ailleurs.
Tout préparer demande du temps, mais j'avais des idées à revendre, des scènes plein la tête, et les photos qui me reste de ces instants sont les meilleurs chefs d'oeuvres que j'ai jamais publié.
D'ailleurs, depuis, je connais un succès fou : j'ai été exposé à Paris, New York et même à Tokyo. Lyon songe à faire une exposition de trois mois dans son musée d'art moderne l'an prochain.
Consécration d'une vie de dure labeur. C'est que ça fait 40 ans que je fais de la photo, mais jusqu'ici, personne ne s'intéressait à mes paysages ou mes portraits : trop classiques.
Jusqu'à ce que cette idée formidable me vienne. Idée qui m'est venue sur un tournage qui se passait près de chez moi. Un film policier français pour une chaîne publique. En grugeant un peu j'ai réussi à être autorisé à faire des photos du tournage.
Et c'est là que m'est venu l'illumination. Mais je trouvais le résultat encore assez fade. Manquant de réalisme. J'ai tenté de mettre en scène dans mon studio, mais même les meilleurs maquilleurs n'arrivaient pas à rendre ce que je voulais rendre.
La vie, c'est facile de mettre en image : tout le monde y est confronté tous les jours, on a l'habitude de l'image. Les oiseaux, les arbres, les gens autour de nous qui bougent. C'est simple, facile. Terriblement banal.
Alors mon idée, c'est donner une image de la mort.
Mais les fausses morts, comme je m'y attendais, ça se voit : absence de voile sur l'oeil, sang coagulé dans le meilleur des cas parce qu'ils auront utilisé du sang de porc, et les trucs chimiques sont trop vif à mon goût. Je me suis coupé une fois pour voir comment la couleur du sang évoluait avec le temps, et ça n'a rien à voir, vous pouvez me croire.
Et puis en studio, c'était trop froid, trop clinique. Pas de mise en opposition avec la vie.
Alors j'ai commencé à arpenté les squats, trouvé quelques candidates ou candidats, le sexe m'importe peu, ce que je veux c'est le cliché.
J'en ai déjà mis en scène presque 50 avec un succès total, et en plus, je n'ai pas à payer les "poseurs", de toute façon, ils m'ont signé une décharge. C'est amusant les mots aussi : j'allais les chercher dans des décharges humaines, et ils me signaient une décharge.
Ils sont célèbres, et me rendent célèbre mieux que le couple de Doisneau à l'hôtel de ville.
J'ai encore quelques scènes à préparer avant l'exposition prévue pour le mois prochain à Rome. Je suis tout ému de tant de considération et peut être aurais-je un jour le prix Niepce ou Balzac. Qui sait ?
Ce n'était vraiment pas évident.
Et puis, le jour de la première fois - je ne l'oublierais jamais - j'étais tremblant, j'avais peur mais j'ai surmonter mon anxiété pour me laisser gagner par l'euphorie de l'instant. C'était intense. Plus intense que toutes mes "autres" premières fois. La première fille que j'ai connu, le premier baiser, la première fois que j'ai fait l'amour, toutes ces expériences n'étaient rien à côté de ce que j'étais en train de vivre.
Le meilleur est de préparer les préparatifs, certains diront, mais le passage à l'acte est tout aussi jouissif, croyez moi, et puis après, le goût salé de l'aventure reste sur les papilles, et on en redemande.
Alors j'ai recommencé.
Pas bien longtemps après d'ailleurs.
Tout préparer demande du temps, mais j'avais des idées à revendre, des scènes plein la tête, et les photos qui me reste de ces instants sont les meilleurs chefs d'oeuvres que j'ai jamais publié.
D'ailleurs, depuis, je connais un succès fou : j'ai été exposé à Paris, New York et même à Tokyo. Lyon songe à faire une exposition de trois mois dans son musée d'art moderne l'an prochain.
Consécration d'une vie de dure labeur. C'est que ça fait 40 ans que je fais de la photo, mais jusqu'ici, personne ne s'intéressait à mes paysages ou mes portraits : trop classiques.
Jusqu'à ce que cette idée formidable me vienne. Idée qui m'est venue sur un tournage qui se passait près de chez moi. Un film policier français pour une chaîne publique. En grugeant un peu j'ai réussi à être autorisé à faire des photos du tournage.
Et c'est là que m'est venu l'illumination. Mais je trouvais le résultat encore assez fade. Manquant de réalisme. J'ai tenté de mettre en scène dans mon studio, mais même les meilleurs maquilleurs n'arrivaient pas à rendre ce que je voulais rendre.
La vie, c'est facile de mettre en image : tout le monde y est confronté tous les jours, on a l'habitude de l'image. Les oiseaux, les arbres, les gens autour de nous qui bougent. C'est simple, facile. Terriblement banal.
Alors mon idée, c'est donner une image de la mort.
Mais les fausses morts, comme je m'y attendais, ça se voit : absence de voile sur l'oeil, sang coagulé dans le meilleur des cas parce qu'ils auront utilisé du sang de porc, et les trucs chimiques sont trop vif à mon goût. Je me suis coupé une fois pour voir comment la couleur du sang évoluait avec le temps, et ça n'a rien à voir, vous pouvez me croire.
Et puis en studio, c'était trop froid, trop clinique. Pas de mise en opposition avec la vie.
Alors j'ai commencé à arpenté les squats, trouvé quelques candidates ou candidats, le sexe m'importe peu, ce que je veux c'est le cliché.
J'en ai déjà mis en scène presque 50 avec un succès total, et en plus, je n'ai pas à payer les "poseurs", de toute façon, ils m'ont signé une décharge. C'est amusant les mots aussi : j'allais les chercher dans des décharges humaines, et ils me signaient une décharge.
Ils sont célèbres, et me rendent célèbre mieux que le couple de Doisneau à l'hôtel de ville.
J'ai encore quelques scènes à préparer avant l'exposition prévue pour le mois prochain à Rome. Je suis tout ému de tant de considération et peut être aurais-je un jour le prix Niepce ou Balzac. Qui sait ?
***
"Police, ouvrez !!!
- Oui, que puis-je faire pour vous ?
- Nous vous mettons en examen pour les meurtres de plusieurs SDF de la banlieue de Rillieux. Votre dernier "modèle" a survécu.
- Ah ? Tant mieux, il pourra contempler mon oeuvre et voir sa célébrité alors ! Je suis content pour lui !
- ...
Embarquez le, je ne veux plus le voir. Et dire que ça l'a rendu célèbre !"
par Cassandre
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