Mercredi 30 mai 2007
Et voici que voilà, la dernière partie :
Durant les jours qui suivirent, elle décala ses horaires afin de provoquer des rencontres "fortuites" avec ses deux autres voisines.
Il était onze heures. Mérédith attendait, les genoux confortablement installés sur un coussin pour éviter la rudesse des lattes de son plancher, l'oreille collée à la porte. Un glissement furtif la fit se lever. Elle ouvrit brusquement la porte et se trouva nez à nez avec une longue femme transparente, d'une triste cinquantaine, si mince qu'elle semblait se noyer dans son imperméable bleu océan. Elle tenait ses chaussures à la main, et Mérédith fixa d'un air stupide la couture des bas traçant le contour de ses orteils. L'autre couina, affolée :
- Oh... pardon, je, je...
- Madame ?
- Je suis mademoiselle Lecocq. Je partais... Je suis enseignante...
- Vous avez un problème ? demanda Mérédith en pointant du menton les pieds nus de la femme.
- Euh.. euh, non... Je ne veux pas vous déranger.
- L'escalier est moquetté et il est onze heures du matin.
- En effet, en effet... c'est une habitude... et bien, heu, ravie de vous avoir rencontrée...
La femme se sauva, dévalant les escaliers quatre à quatre comme si elle avait rencontré l'ennemi public numéro un.
Mérédith referma sa porte. La peur qui habitait ces yeux, ce petit visage gris, crispé d'angoisse, ce dos qui se voûtait comme pour la réduire aux regards, rien de tout cela ne cadrait avec son ennemie. De toute évidence, mademoiselle Lecocq était, elle aussi, victime de cette ombre malfaisante. Elle avait sans doute capitulé depuis longtemps, laissant l'autre la vider de son énergie, de sa vie. L'autre, c'était forcément madame Ledru. Mérédith crispa les poings. Madame Ledru allait amèrement regretter son attitude.
Mérédith ne devait la coincer que trois jours plus tard. Lorsqu'elle rentra du travail cette après-midi là, une femme à cheveux très courts, auburn, parlait ou plutôt murmurait avec la gardienne. Les deux femmes sursautèrent en l'apercevant. La mare rouge qui s'échappait du flanc du pauvre chat se réinstalla dans l'esprit de Mérédith, et la fureur la fit trembler. Elle fondit sur sa proie :
- C'est vous madame Ledru ?
- Mais, mais...
- C'est vous, oui ou non ?
L'autre se redressa soudain et persiffla :
- Oui, pourquoi ?
Mérédith la poussa sans ménagement contre le mur et hurla :
- A votre avis ? Alors écoutez moi bien... vous allez me lâcher, moi et mon chat. Tout de suite ! Je vous le conseille vivement !
- Mais... mais vous êtes folle ! Vous me faites mal !
Mérédith se rendit compte alors qu'elle agrippait la femme par le col de sa veste tailleur et la lâcha brutalement en la propulsant contre le mur où son crâne cogna en résonnant.
- Ca, c'est un avant goût ! Vous n'arriverez pas à me casser, en revanche, moi, je vais vous faire la peau !
Il était dix-huit heure quand de lourds pas se firent entendre dans l'escalier, juste avant que l'on ne cogne à la porte et que grosse voix masculine de rugisse :
- Police ! Ouvrez !
Ils étaient deux, deux policiers en uniforme. Le plus âgé s'enquit d'un ton désagréable :
- Nous avons une plainte de madame Ledru. Vous avez menacé et malmené cette dame devant témoins.
- Entrez. En effet, et je vais vous expliquer pour quelles raisons.
Lorsqu'ils repartirent, trente longues minutes plus tard, Mérédith sentit que la peur attendait, tapie tout près, forte du nouvel accès de faiblesse de sa victime familière. La convocation au commissariat que l'officier de police lui avait remise n'y était pour rien. La peur venait d'un doute, d'un effroyable doute. Elle fouilla dans le tiroir de sa commode, retournant tous les papiers entassés. Enfin, elle retrouva le petit papier griffonné par l'ancienne propriétaire. La gentille petite voix qui lui répondit la pria de bien vouloir patienter quelques instants : "Maman était dans la cuisine."
Mérédith lui rappela son nom, le récent achat de l'appartement. Un long soupir se fit entendre à l'autre bout de la ligne. Puis la femme déclara :
- Je crois que je sais pour quelle raison vous m'appelez. Je m'en suis voulu... Je me disais que j'aurais dû vous avertir, vous aviez l'air sympa. D'un autre côté, il fallait que je vende. Elle me rendait dingue et je ne voulais pas sombrer comme les autres zombies. Elle les terrorise.
La femme s'interrompit et reprit son souffle :
- Ca a duré presque deux ans... je me suis installée dans cet appartement après ma rupture avec le père de Lucie. J'étais déjà pas mal amochée émotionnellement, une proie facile. Les persécutions ont débuté quelques mois plus tard. C'est devenu un enfer. On ne pouvait plus parler, ou écouter de la musique. J'osais à peine passer d'une pièce à l'autre, on hésitait à prendre une douche. L'enfer, vraiment. J'ai plongé, ça s'est terminé avec des anti-dépresseurs. Il fallait que je parte, je ne pouvais pas imposer cela à ma fille.
Mérédith perçut le léger recul de la peur. La rage regagnait peur à peu le terrain perdu. Elle explosa :
- Mais enfin, qui est cette bonne femme pour avoir tant de pouvoir ?
- C'est une tordue, une dingue manipulatrice, mauvaise, menteuse, redoutable.
- Je vais faire circuler une pétition contre cette Ledru de malheur et je...
- Qui ?
- La Ledru.
- Mais il ne s'agit pas de Jeannine, vous n'y êtes pas du tout. Jeanine est aussi victime que nous, même si elle tente de sauver l'honneur en prétendant le contraire.
- Quoi ?
- Mais non, voyons... C'est Ginette. C'est Ginette qui commence par vous charmer avec ses manies de vieille dame sympathique, son porto, son ordre sacro-saint. Cette bonne femme est un cauchemar. Remarquez, j'ai, moi aussi, mis pas mal de temps avant de comprendre.
Il sembla à Mérédith que l'air fuyait de la pièce. La conversation se termina rapidement : elle respirait avec difficulté, devenant incapable d'aligner deux pensées cohérentes.
La nuit fut étrangement courte. Du moins, Mérédith ne se souvint-elle jamais de ses premières heures. A un moment, Perl vint poser sa truffe froide sur son nez. Elle attrapa son chat qui se roula aussitôt en boule sur son ventre. Le contact paisible et soyeux de ces poils fins entre ses doigts la calma progressivement. Sa Mamie se réinstalla tranquillement dans sa tête. Des petits instants avec Georgette se bousculèrent les uns derrière les autres. Des mots aussi. Mamie, poing sur la hanche, balançant au primeur le sac de cerises avariées qu'il avait tenté de lui fourguer. Georgette, raide comme la justice, dressée de toute la hauteur de son mètre cinquante, menaçant de son doigt en forme de patte de poulet l'abruti qui venait de tenter de la prendre pour plus myope qu'elle ne l'était. Cette phrase. A quelle occasion avait-elle prononcé cette phrase ? Le rat. "Lorsqu'ils tentent de vous manger la soupe sur la tête, on se défend et avec fermeté!"
Voilà quelque chose dont on pouvait tirer une leçon.
La nuit achevait de se décolorer lorsque Mérédith reposa le vieux chat sur son coussin. Elle se prépara un solide petit déjeuner et mit un CD de Nightwish dans sa chaîne hi-fi. Ces dernières semaines, c'est à peine si elle écoutait de la musique. Pire, elle s'était habituée à mettre son lecteur mp3 sur les oreilles en guise de substitution. Le son puissant de la musique emplit rapidement la pièce, pour la plus grande joie de sa propriétaire.
Les coups hargneux dans les canalisations arrivèrent plus vite qu'elle ne l'avait espéré. Elle poussa encore le son. Encore des coups ? Quelques décibels de plus. Le CD s'acheva. Mérédith était fin prête. Elle attendait.
Enfin, elle entendit l'autre porte palière s'ouvrir et sortit de son appartement. Un air catastrophé assombrissait le joli visage de Ginette, qui balbutia :
- Mon petit, mais vous êtes folle... elle va se venger...
- Sans blague ? Eh bien, voyons ça.
Le visage se transforma, le regard se fit coupant, mais Ginette n'eut pas le temps de commencer sa phrase ou son cri. Mérédith la poussa de toutes ses forces, de toute sa rage dans l'escalier, de biais, afin que sa tête aille cogner contre la cage métallique de l'ascenseur.
La jeune femme contempla l'angle bizarre que formait la tête de la vieille femme par apport à son torse. Un soupir derrière elle. Elle se retourna d'un bloc. Mademoiselle Lecoq se baissait pour enfiler ses chaussures. La grande femme trop mince se redressa, et rougit en tendant la main :
- Je m'appelle Thérese. Rupture de cervicales. C'est sans bavure. Je l'ai assez répété à cette pauvre Ginette : une femme âgée, gambader comme cela dans les escaliers. Un accident était inévitable. A son âge, on n'a plus les même réflexes qu'à vingt ans. Eh bien, je me sauve, je vais être en retard...
Dans l'ordre, appelez les pompiers et la gardienne. N'oubliez pas de mentionner que je suis témoin de la chute accidentelle de Ginette. Le bruit vous a attiré sur le palier. Et si nous sablions le champagne ce soir ? J'achète une bouteille. Vingt heure chez moi, ça vous va ? Je préviendrais Jeannine.
Une nouvelle loi venait de se former dans l'esprit de Mérédith : toutes les vieilles femmes ne sont pas des angelots. Certaines sont de vraies salopes, c'est tout. Ce qui prouve également que quelques écarts de langages sont parfois pertinents.
Durant les jours qui suivirent, elle décala ses horaires afin de provoquer des rencontres "fortuites" avec ses deux autres voisines.
Il était onze heures. Mérédith attendait, les genoux confortablement installés sur un coussin pour éviter la rudesse des lattes de son plancher, l'oreille collée à la porte. Un glissement furtif la fit se lever. Elle ouvrit brusquement la porte et se trouva nez à nez avec une longue femme transparente, d'une triste cinquantaine, si mince qu'elle semblait se noyer dans son imperméable bleu océan. Elle tenait ses chaussures à la main, et Mérédith fixa d'un air stupide la couture des bas traçant le contour de ses orteils. L'autre couina, affolée :
- Oh... pardon, je, je...
- Madame ?
- Je suis mademoiselle Lecocq. Je partais... Je suis enseignante...
- Vous avez un problème ? demanda Mérédith en pointant du menton les pieds nus de la femme.
- Euh.. euh, non... Je ne veux pas vous déranger.
- L'escalier est moquetté et il est onze heures du matin.
- En effet, en effet... c'est une habitude... et bien, heu, ravie de vous avoir rencontrée...
La femme se sauva, dévalant les escaliers quatre à quatre comme si elle avait rencontré l'ennemi public numéro un.
Mérédith referma sa porte. La peur qui habitait ces yeux, ce petit visage gris, crispé d'angoisse, ce dos qui se voûtait comme pour la réduire aux regards, rien de tout cela ne cadrait avec son ennemie. De toute évidence, mademoiselle Lecocq était, elle aussi, victime de cette ombre malfaisante. Elle avait sans doute capitulé depuis longtemps, laissant l'autre la vider de son énergie, de sa vie. L'autre, c'était forcément madame Ledru. Mérédith crispa les poings. Madame Ledru allait amèrement regretter son attitude.
Mérédith ne devait la coincer que trois jours plus tard. Lorsqu'elle rentra du travail cette après-midi là, une femme à cheveux très courts, auburn, parlait ou plutôt murmurait avec la gardienne. Les deux femmes sursautèrent en l'apercevant. La mare rouge qui s'échappait du flanc du pauvre chat se réinstalla dans l'esprit de Mérédith, et la fureur la fit trembler. Elle fondit sur sa proie :
- C'est vous madame Ledru ?
- Mais, mais...
- C'est vous, oui ou non ?
L'autre se redressa soudain et persiffla :
- Oui, pourquoi ?
Mérédith la poussa sans ménagement contre le mur et hurla :
- A votre avis ? Alors écoutez moi bien... vous allez me lâcher, moi et mon chat. Tout de suite ! Je vous le conseille vivement !
- Mais... mais vous êtes folle ! Vous me faites mal !
Mérédith se rendit compte alors qu'elle agrippait la femme par le col de sa veste tailleur et la lâcha brutalement en la propulsant contre le mur où son crâne cogna en résonnant.
- Ca, c'est un avant goût ! Vous n'arriverez pas à me casser, en revanche, moi, je vais vous faire la peau !
Il était dix-huit heure quand de lourds pas se firent entendre dans l'escalier, juste avant que l'on ne cogne à la porte et que grosse voix masculine de rugisse :
- Police ! Ouvrez !
Ils étaient deux, deux policiers en uniforme. Le plus âgé s'enquit d'un ton désagréable :
- Nous avons une plainte de madame Ledru. Vous avez menacé et malmené cette dame devant témoins.
- Entrez. En effet, et je vais vous expliquer pour quelles raisons.
Lorsqu'ils repartirent, trente longues minutes plus tard, Mérédith sentit que la peur attendait, tapie tout près, forte du nouvel accès de faiblesse de sa victime familière. La convocation au commissariat que l'officier de police lui avait remise n'y était pour rien. La peur venait d'un doute, d'un effroyable doute. Elle fouilla dans le tiroir de sa commode, retournant tous les papiers entassés. Enfin, elle retrouva le petit papier griffonné par l'ancienne propriétaire. La gentille petite voix qui lui répondit la pria de bien vouloir patienter quelques instants : "Maman était dans la cuisine."
Mérédith lui rappela son nom, le récent achat de l'appartement. Un long soupir se fit entendre à l'autre bout de la ligne. Puis la femme déclara :
- Je crois que je sais pour quelle raison vous m'appelez. Je m'en suis voulu... Je me disais que j'aurais dû vous avertir, vous aviez l'air sympa. D'un autre côté, il fallait que je vende. Elle me rendait dingue et je ne voulais pas sombrer comme les autres zombies. Elle les terrorise.
La femme s'interrompit et reprit son souffle :
- Ca a duré presque deux ans... je me suis installée dans cet appartement après ma rupture avec le père de Lucie. J'étais déjà pas mal amochée émotionnellement, une proie facile. Les persécutions ont débuté quelques mois plus tard. C'est devenu un enfer. On ne pouvait plus parler, ou écouter de la musique. J'osais à peine passer d'une pièce à l'autre, on hésitait à prendre une douche. L'enfer, vraiment. J'ai plongé, ça s'est terminé avec des anti-dépresseurs. Il fallait que je parte, je ne pouvais pas imposer cela à ma fille.
Mérédith perçut le léger recul de la peur. La rage regagnait peur à peu le terrain perdu. Elle explosa :
- Mais enfin, qui est cette bonne femme pour avoir tant de pouvoir ?
- C'est une tordue, une dingue manipulatrice, mauvaise, menteuse, redoutable.
- Je vais faire circuler une pétition contre cette Ledru de malheur et je...
- Qui ?
- La Ledru.
- Mais il ne s'agit pas de Jeannine, vous n'y êtes pas du tout. Jeanine est aussi victime que nous, même si elle tente de sauver l'honneur en prétendant le contraire.
- Quoi ?
- Mais non, voyons... C'est Ginette. C'est Ginette qui commence par vous charmer avec ses manies de vieille dame sympathique, son porto, son ordre sacro-saint. Cette bonne femme est un cauchemar. Remarquez, j'ai, moi aussi, mis pas mal de temps avant de comprendre.
Il sembla à Mérédith que l'air fuyait de la pièce. La conversation se termina rapidement : elle respirait avec difficulté, devenant incapable d'aligner deux pensées cohérentes.
La nuit fut étrangement courte. Du moins, Mérédith ne se souvint-elle jamais de ses premières heures. A un moment, Perl vint poser sa truffe froide sur son nez. Elle attrapa son chat qui se roula aussitôt en boule sur son ventre. Le contact paisible et soyeux de ces poils fins entre ses doigts la calma progressivement. Sa Mamie se réinstalla tranquillement dans sa tête. Des petits instants avec Georgette se bousculèrent les uns derrière les autres. Des mots aussi. Mamie, poing sur la hanche, balançant au primeur le sac de cerises avariées qu'il avait tenté de lui fourguer. Georgette, raide comme la justice, dressée de toute la hauteur de son mètre cinquante, menaçant de son doigt en forme de patte de poulet l'abruti qui venait de tenter de la prendre pour plus myope qu'elle ne l'était. Cette phrase. A quelle occasion avait-elle prononcé cette phrase ? Le rat. "Lorsqu'ils tentent de vous manger la soupe sur la tête, on se défend et avec fermeté!"
Voilà quelque chose dont on pouvait tirer une leçon.
La nuit achevait de se décolorer lorsque Mérédith reposa le vieux chat sur son coussin. Elle se prépara un solide petit déjeuner et mit un CD de Nightwish dans sa chaîne hi-fi. Ces dernières semaines, c'est à peine si elle écoutait de la musique. Pire, elle s'était habituée à mettre son lecteur mp3 sur les oreilles en guise de substitution. Le son puissant de la musique emplit rapidement la pièce, pour la plus grande joie de sa propriétaire.
Les coups hargneux dans les canalisations arrivèrent plus vite qu'elle ne l'avait espéré. Elle poussa encore le son. Encore des coups ? Quelques décibels de plus. Le CD s'acheva. Mérédith était fin prête. Elle attendait.
Enfin, elle entendit l'autre porte palière s'ouvrir et sortit de son appartement. Un air catastrophé assombrissait le joli visage de Ginette, qui balbutia :
- Mon petit, mais vous êtes folle... elle va se venger...
- Sans blague ? Eh bien, voyons ça.
Le visage se transforma, le regard se fit coupant, mais Ginette n'eut pas le temps de commencer sa phrase ou son cri. Mérédith la poussa de toutes ses forces, de toute sa rage dans l'escalier, de biais, afin que sa tête aille cogner contre la cage métallique de l'ascenseur.
La jeune femme contempla l'angle bizarre que formait la tête de la vieille femme par apport à son torse. Un soupir derrière elle. Elle se retourna d'un bloc. Mademoiselle Lecoq se baissait pour enfiler ses chaussures. La grande femme trop mince se redressa, et rougit en tendant la main :
- Je m'appelle Thérese. Rupture de cervicales. C'est sans bavure. Je l'ai assez répété à cette pauvre Ginette : une femme âgée, gambader comme cela dans les escaliers. Un accident était inévitable. A son âge, on n'a plus les même réflexes qu'à vingt ans. Eh bien, je me sauve, je vais être en retard...
Dans l'ordre, appelez les pompiers et la gardienne. N'oubliez pas de mentionner que je suis témoin de la chute accidentelle de Ginette. Le bruit vous a attiré sur le palier. Et si nous sablions le champagne ce soir ? J'achète une bouteille. Vingt heure chez moi, ça vous va ? Je préviendrais Jeannine.
Une nouvelle loi venait de se former dans l'esprit de Mérédith : toutes les vieilles femmes ne sont pas des angelots. Certaines sont de vraies salopes, c'est tout. Ce qui prouve également que quelques écarts de langages sont parfois pertinents.
par Cassandre
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