Mercredi 11 juin 2008
Je suis mort.
Il y a trois jours.
C'est une impression étrange. Un coup de feu. Les ténèbres et puis la lumière. Oh pas celle qui nous guide de "l'autre côté", non, ce serait trop simple. Non, celle, froide, de la salle d'accueil de la morgue. Mon autopsie n'a pas encore été pratiquée.
Je me suis assis sur le bord du brancard.
Curieusement, je ne sens rien. Il ne fait pas froid, l'acier où je me trouve me semble "neutre". Je n'exhale aucun souffle semble-t-il.
Je suis nu.
Juste une sorte de drap pour me recouvrir. Mon linceul.
Que s'est-il passé ?
Ah oui. Ca y est. La mémoire me revient. Je suis un voleur. Mais un grand voleur. Du genre qui ne vole que ceux qui ont suffisamment d'argent pour être indemnisés par leurs assurances. Mais je suis tombé sur le propriétaire du tableau que je convoitais et il était armé.
Avant que j'ai eu le temps de dire quoi que ce soit, une détonation. Et la nuit encore plus sombre qu'à l'accoutumée.
Que faire ?
Pourquoi suis-je encore maître de ce corps pourtant sans réelle vie ?
Je peux bouger, je peux prendre des objets... mais je ne sens rien. Je ne ressens rien.
Aucun battement de coeur dans ma poitrine, je suis détaché de moi-même.
Forcément, je suis mort.
Je décide de récupérer mes affaires. La morgue semble déserte. Elle l'est visiblement.
Je me rhabille. Je sors en crochetant deux trois serrures. Le jour va poindre.
Je rentre chez moi. Premier réflexe, je me fait un café. Mais j'ai oublié que je suis mort, le liquide ressort aussitôt.
Un tour dans la salle de bain s'impose.
Toute nourriture, dès lors, me semble interdite.
Je me contemple dans la glace. Un trou, propre, bien net, au niveau du coeur. La balle ne semble pas être ressortie, ne vois rien dans le dos.
Je décide de regarder la télé, ça me changera les idées, j'ai des tas de DVD en retard à visionner. Les heures passent. Aucune fatigue.
Je décide de faire un jogging. Histoire de voir.
Je cours. Je cours le long des quais de Seine, aucune fatigue aucune. Pas de transpiration. Mon corps n'a plus rien à donner.
Je suis vide.
Je continue de courir. Tout au bout, je saute directement dans la Seine. Peut être se passera-t-il quelque chose ?
L'eau m'entoure. J'ouvre les yeux. Toujours aucune véritable sensation. J'ouvre la bouche, l'eau pénètre dans ma bouche, ma gorge, mais ne semble pas aller plus loin.
Je ne respire pas, aucune bulle ne vient crever la surface de l'eau.
Je hurle.
Du moins je crois.
C'est le silence là-dessous.
Je ressors. Trempé.
Je rentre chez moi. Je me sèche, change de vêtements. Lis. Encore la télé.
Le vide.
J'ouvre le frigo vers minuit. Réflexe encore. Mais cette fois je retiens mon bras.
Deuxième jour identique au premier. Identique au premier jour de ma mort.
Au matin du troisième jour, je décide de retourner là où je suis mort.
Peut-être que mon destin est de voler cette toile après tout ? Peut être faut-il que je l'accomplisse pour que je sois en paix ? Peut-être est-ce ma mission avant de partir pour un ailleurs improbable ?
Qui y'a-t-il au-delà ? au-delà de la vie ?
La mort, oui, mais ça ne peut être ça, la mort !
On le saurait depuis le temps.
J'ai un avantage remarquez, je vais pouvoir déjouer les pièges de cette maison bien plus facilement. Les détecteurs de chaleurs ne me font plus peur.
J'y retourne. J'y suis. Je suis devant la toile. Ironie du sort, je n'avais pas fait attention que son titre était "Danse Macabre".
Subitement, la musique éponyme de Saint Saens se fait entendre.
Je me retourne, mon meurtrier est devant moi :
"Ainsi la légende disait vrai. Toute personne tentant de dérober ce chef d'oeuvre se verra vivre sa mort éternellement... jusqu'au prochain voleur.
- Que dites-vous ?
- Que ma fin est enfin arrivée, vous êtes le nouveau gardien. Gardez espoir, je n'ai eu qu'à attendre 150 ans avant que vous ne me sauviez..."
Et là, sous mes yeux, l'homme se désintégra en poussière, son costume se répandit sur le sol comme une coquille vide.
Alors voilà mon destin ? Garder une toile en espérant tuer son prochain voleur pour être délivré de la malédiction ?
Voilà qui est bien ironique. Ne trouvez-vous pas ?
Il y a trois jours.
C'est une impression étrange. Un coup de feu. Les ténèbres et puis la lumière. Oh pas celle qui nous guide de "l'autre côté", non, ce serait trop simple. Non, celle, froide, de la salle d'accueil de la morgue. Mon autopsie n'a pas encore été pratiquée.
Je me suis assis sur le bord du brancard.
Curieusement, je ne sens rien. Il ne fait pas froid, l'acier où je me trouve me semble "neutre". Je n'exhale aucun souffle semble-t-il.
Je suis nu.
Juste une sorte de drap pour me recouvrir. Mon linceul.
Que s'est-il passé ?
Ah oui. Ca y est. La mémoire me revient. Je suis un voleur. Mais un grand voleur. Du genre qui ne vole que ceux qui ont suffisamment d'argent pour être indemnisés par leurs assurances. Mais je suis tombé sur le propriétaire du tableau que je convoitais et il était armé.
Avant que j'ai eu le temps de dire quoi que ce soit, une détonation. Et la nuit encore plus sombre qu'à l'accoutumée.
Que faire ?
Pourquoi suis-je encore maître de ce corps pourtant sans réelle vie ?
Je peux bouger, je peux prendre des objets... mais je ne sens rien. Je ne ressens rien.
Aucun battement de coeur dans ma poitrine, je suis détaché de moi-même.
Forcément, je suis mort.
Je décide de récupérer mes affaires. La morgue semble déserte. Elle l'est visiblement.
Je me rhabille. Je sors en crochetant deux trois serrures. Le jour va poindre.
Je rentre chez moi. Premier réflexe, je me fait un café. Mais j'ai oublié que je suis mort, le liquide ressort aussitôt.
Un tour dans la salle de bain s'impose.
Toute nourriture, dès lors, me semble interdite.
Je me contemple dans la glace. Un trou, propre, bien net, au niveau du coeur. La balle ne semble pas être ressortie, ne vois rien dans le dos.
Je décide de regarder la télé, ça me changera les idées, j'ai des tas de DVD en retard à visionner. Les heures passent. Aucune fatigue.
Je décide de faire un jogging. Histoire de voir.
Je cours. Je cours le long des quais de Seine, aucune fatigue aucune. Pas de transpiration. Mon corps n'a plus rien à donner.
Je suis vide.
Je continue de courir. Tout au bout, je saute directement dans la Seine. Peut être se passera-t-il quelque chose ?
L'eau m'entoure. J'ouvre les yeux. Toujours aucune véritable sensation. J'ouvre la bouche, l'eau pénètre dans ma bouche, ma gorge, mais ne semble pas aller plus loin.
Je ne respire pas, aucune bulle ne vient crever la surface de l'eau.
Je hurle.
Du moins je crois.
C'est le silence là-dessous.
Je ressors. Trempé.
Je rentre chez moi. Je me sèche, change de vêtements. Lis. Encore la télé.
Le vide.
J'ouvre le frigo vers minuit. Réflexe encore. Mais cette fois je retiens mon bras.
Deuxième jour identique au premier. Identique au premier jour de ma mort.
Au matin du troisième jour, je décide de retourner là où je suis mort.
Peut-être que mon destin est de voler cette toile après tout ? Peut être faut-il que je l'accomplisse pour que je sois en paix ? Peut-être est-ce ma mission avant de partir pour un ailleurs improbable ?
Qui y'a-t-il au-delà ? au-delà de la vie ?
La mort, oui, mais ça ne peut être ça, la mort !
On le saurait depuis le temps.
J'ai un avantage remarquez, je vais pouvoir déjouer les pièges de cette maison bien plus facilement. Les détecteurs de chaleurs ne me font plus peur.
J'y retourne. J'y suis. Je suis devant la toile. Ironie du sort, je n'avais pas fait attention que son titre était "Danse Macabre".
Subitement, la musique éponyme de Saint Saens se fait entendre.
Je me retourne, mon meurtrier est devant moi :
"Ainsi la légende disait vrai. Toute personne tentant de dérober ce chef d'oeuvre se verra vivre sa mort éternellement... jusqu'au prochain voleur.
- Que dites-vous ?
- Que ma fin est enfin arrivée, vous êtes le nouveau gardien. Gardez espoir, je n'ai eu qu'à attendre 150 ans avant que vous ne me sauviez..."
Et là, sous mes yeux, l'homme se désintégra en poussière, son costume se répandit sur le sol comme une coquille vide.
Alors voilà mon destin ? Garder une toile en espérant tuer son prochain voleur pour être délivré de la malédiction ?
Voilà qui est bien ironique. Ne trouvez-vous pas ?
par Cassandre
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