Vendredi 13 juin 2008
Vous avez sûrement entendu parler de cette exposition controversée dont la Cité des Sciences et de l'Industrie de Paris n'a pas voulu ?
Non ?
Bon, pour les retardataires, il s'agit d'une exposition où l'on découvre le corps humain, notre corps finalement, de l'intérieur, avec tous les détails possibles et imaginables.
Et ce qui fait bondir certains, c'est que cela est représenté à l'aide de vrai corps humains.
Tous ces corps et organes sont exposés dans six grandes salles thématiques, viennent de Hong-Kong (centres universitaires, d'écoles de médecine, d'instituts de recherches). Ils sont issus de la "Anatomical Sciences and Technologies Foundation". Le Dr. Enhua Yu, président du comité scientifique de cette fondation chinoise a bien précisé que tous ces corps et organes proviennent de donneurs qui ont accepté de donner leur corps à la science et qu'ils ont autorisé la Fondation à les utiliser dans un cadre d'études scientifiques privées ou publiques.
Voilà pour l'origine. Ensuite, comment stopper la nature dans le processus de décomposition des corps ? Parce, c'est bien joli de vouloir nous parler de beauté intérieure, mais encore faut-il que "ça tienne le coup" !
La technique employée fut donc celle de l'imprégnation polymérique. Tous les corps et matériaux contenant de l'eau, que ce soit le cuir, le bois, les plantes, les insectes et les animaux peuvent être traités par imprégnation polymérique pour produire des spécimens totalement secs, inodores et non toxiques. Il va sans dire que cette technique de conservation est assez récente.
Les spécimens conservés par la méthode d'imprégnation polymérique sont utilisés dans de nombreuses institutions à travers le monde comme un moyen unique d'enseignement grâce à leur solidité et à la préservation intacte de leurs tissus. Les spécimens anatomiques sont de véritables corps, l'eau contenue dans les tissus est remplacée par des polymères. Le type de polymère utilisé pendant le processus d'imprégnation détermine les propriétés visuelles du spécimen (transparent ou opaque) et mécanique (flexible ou rigide).
Celle-ci s'oppose au formol autrefois couramment utilisé, qui, si elle permettait de conserver les organes, ne permettait pas de pouvoir les manipuler librement. En effet, pour pouvoir faire des travaux de recherche approfondis, il est impératif de porter des gants et en plus de se coltiner les vapeurs toxiques du formaldéhyde.
Pas très glamour même si c'est pour la bonne cause de l'étude et de la recherche.
L‘extrême réalisme et le caractère unique de chaque spécimen conservé par la méthode d'imprégnation polymérique permettent à tous d'avoir un regard plus précis sur la nature du corps humain et d'atteindre un niveau de détails impossible à obtenir avec les spécimens préservés par les méthodes de conservation traditionnelles.
Mais je vous ferais grâce des explications technique pour en venir au fait.
Doit-on ou pas être choqué par une telle exposition qui quoiqu'orienté vers la vulgarisation du savoir médical du corps humain utilise de réels corps pour le faire ?
Car si la Villette n'en a pas voulu en ses murs, c'est pour cause d'Ethique. D'où viennent les corps ? Sommes nous sûrs que ce ne sont pas des prisonniers qui auraient été exécutés ? Le Dr Enhua Yu, bien que président de la "Anatomical Sciences and Technologies Foundation", est avant chinois, tout comme cette fondation. Alors, vérité ou mensonges ?
Je me demande si on ne se cache pas la face en arguant d'un faux problème.
Car autrefois, les autopsies étaient très mal vues de l'Église Catholique. Il a fallu attendre bien longtemps pour que ce ne soit plus aussi blasphématoire de pratiquer de telles interventions à des fins scientifiques. Que ce soit la compréhension du corps ou plus simplement, trouver pourquoi une personne est morte.
Bref, il en résulte que peut être certaines personnes ne sont pas prête à voir de l'intérieur de quoi elles sont faites. C'est du moins mon humble avis.
Car même si certains corps sont mis dans des positions que certains veulent appeler "artistique", alors je ne suis pas d'accord.
Pour l'archer, par exemple : on voit bien quels sont les muscles requis pour faire un tel geste, on a le détail dans son intégralité, idem pour le vélo cycliste ou le joueur d'échecs.
Ok, peut être que la pose prise par le squelette représentant la vascularisation était peu être un peu "comique" (c'est à peu près comme ci-dessous) mais au moins on voit bien tout le schéma vasculaire du corps.
Mais je n'ai rien trouvé de choquant, c'était certes étrange de se dire que ces gens là ont bien été vivants un jour mais en dehors de ça, j'ai plutôt trouvé fascinant de voir en détails comment fonctionne mon corps, j'ai appris des tas de choses, et réalisés d'autres parce que mes connaissances en anatomie sont forcément restreintes.
Tous le monde ne fait pas médecine juste pour savoir de quoi sont composés nos organes ou comment ceux-ci s'articulent autour du reste...
Alors y'a ceux qui disent que parce que ça vient de Chine, il faut se méfier (parce que les corps sont anonymes et qu'on ne sait plus qui ils étaient). Et puis y'a ceux qui disent que c'est de l'esthétisme morbide et qu'il faut arrêter ça parce que "c'est mal" et que c'est juste du voyeurisme.
Ben, moi, j'ai bien aimé voir comment mon appareil génital se place dans mon corps, comment il fonctionne. J'ai enfin pu voir où se trouvait se foutu nerf sciatique qui me fait parfois souffrir, et j'ai enfin compris le pourquoi du comment de plusieurs choses.
Bref, j'ai appris. Et c'était infiniment mieux que sur des planches à plat de nos bons vieux livres de sciences naturelles, qui d'ailleurs, n'allaient pas aussi loin dans les explications.
J'ai pu voir in situ comment nous étions fait pour de vrai, et oui, j'ai trouvé cette exposition très instructive.
Et le débat métaphysique sur le respect des morts ?
On va quand même pas revenir plus de 500 ans en arrière avec les dissections, si ?
Non ?
Bon, pour les retardataires, il s'agit d'une exposition où l'on découvre le corps humain, notre corps finalement, de l'intérieur, avec tous les détails possibles et imaginables.
Et ce qui fait bondir certains, c'est que cela est représenté à l'aide de vrai corps humains.
Tous ces corps et organes sont exposés dans six grandes salles thématiques, viennent de Hong-Kong (centres universitaires, d'écoles de médecine, d'instituts de recherches). Ils sont issus de la "Anatomical Sciences and Technologies Foundation". Le Dr. Enhua Yu, président du comité scientifique de cette fondation chinoise a bien précisé que tous ces corps et organes proviennent de donneurs qui ont accepté de donner leur corps à la science et qu'ils ont autorisé la Fondation à les utiliser dans un cadre d'études scientifiques privées ou publiques.
Voilà pour l'origine. Ensuite, comment stopper la nature dans le processus de décomposition des corps ? Parce, c'est bien joli de vouloir nous parler de beauté intérieure, mais encore faut-il que "ça tienne le coup" !
La technique employée fut donc celle de l'imprégnation polymérique. Tous les corps et matériaux contenant de l'eau, que ce soit le cuir, le bois, les plantes, les insectes et les animaux peuvent être traités par imprégnation polymérique pour produire des spécimens totalement secs, inodores et non toxiques. Il va sans dire que cette technique de conservation est assez récente.
Les spécimens conservés par la méthode d'imprégnation polymérique sont utilisés dans de nombreuses institutions à travers le monde comme un moyen unique d'enseignement grâce à leur solidité et à la préservation intacte de leurs tissus. Les spécimens anatomiques sont de véritables corps, l'eau contenue dans les tissus est remplacée par des polymères. Le type de polymère utilisé pendant le processus d'imprégnation détermine les propriétés visuelles du spécimen (transparent ou opaque) et mécanique (flexible ou rigide).
Celle-ci s'oppose au formol autrefois couramment utilisé, qui, si elle permettait de conserver les organes, ne permettait pas de pouvoir les manipuler librement. En effet, pour pouvoir faire des travaux de recherche approfondis, il est impératif de porter des gants et en plus de se coltiner les vapeurs toxiques du formaldéhyde.
Pas très glamour même si c'est pour la bonne cause de l'étude et de la recherche.
L‘extrême réalisme et le caractère unique de chaque spécimen conservé par la méthode d'imprégnation polymérique permettent à tous d'avoir un regard plus précis sur la nature du corps humain et d'atteindre un niveau de détails impossible à obtenir avec les spécimens préservés par les méthodes de conservation traditionnelles.
Mais je vous ferais grâce des explications technique pour en venir au fait.
Doit-on ou pas être choqué par une telle exposition qui quoiqu'orienté vers la vulgarisation du savoir médical du corps humain utilise de réels corps pour le faire ?
Car si la Villette n'en a pas voulu en ses murs, c'est pour cause d'Ethique. D'où viennent les corps ? Sommes nous sûrs que ce ne sont pas des prisonniers qui auraient été exécutés ? Le Dr Enhua Yu, bien que président de la "Anatomical Sciences and Technologies Foundation", est avant chinois, tout comme cette fondation. Alors, vérité ou mensonges ?
Je me demande si on ne se cache pas la face en arguant d'un faux problème.
Car autrefois, les autopsies étaient très mal vues de l'Église Catholique. Il a fallu attendre bien longtemps pour que ce ne soit plus aussi blasphématoire de pratiquer de telles interventions à des fins scientifiques. Que ce soit la compréhension du corps ou plus simplement, trouver pourquoi une personne est morte.
Bref, il en résulte que peut être certaines personnes ne sont pas prête à voir de l'intérieur de quoi elles sont faites. C'est du moins mon humble avis.
Car même si certains corps sont mis dans des positions que certains veulent appeler "artistique", alors je ne suis pas d'accord.
Pour l'archer, par exemple : on voit bien quels sont les muscles requis pour faire un tel geste, on a le détail dans son intégralité, idem pour le vélo cycliste ou le joueur d'échecs.
Ok, peut être que la pose prise par le squelette représentant la vascularisation était peu être un peu "comique" (c'est à peu près comme ci-dessous) mais au moins on voit bien tout le schéma vasculaire du corps.
Mais je n'ai rien trouvé de choquant, c'était certes étrange de se dire que ces gens là ont bien été vivants un jour mais en dehors de ça, j'ai plutôt trouvé fascinant de voir en détails comment fonctionne mon corps, j'ai appris des tas de choses, et réalisés d'autres parce que mes connaissances en anatomie sont forcément restreintes.
Tous le monde ne fait pas médecine juste pour savoir de quoi sont composés nos organes ou comment ceux-ci s'articulent autour du reste...
Alors y'a ceux qui disent que parce que ça vient de Chine, il faut se méfier (parce que les corps sont anonymes et qu'on ne sait plus qui ils étaient). Et puis y'a ceux qui disent que c'est de l'esthétisme morbide et qu'il faut arrêter ça parce que "c'est mal" et que c'est juste du voyeurisme.
Ben, moi, j'ai bien aimé voir comment mon appareil génital se place dans mon corps, comment il fonctionne. J'ai enfin pu voir où se trouvait se foutu nerf sciatique qui me fait parfois souffrir, et j'ai enfin compris le pourquoi du comment de plusieurs choses.
Bref, j'ai appris. Et c'était infiniment mieux que sur des planches à plat de nos bons vieux livres de sciences naturelles, qui d'ailleurs, n'allaient pas aussi loin dans les explications.
J'ai pu voir in situ comment nous étions fait pour de vrai, et oui, j'ai trouvé cette exposition très instructive.
Et le débat métaphysique sur le respect des morts ?
On va quand même pas revenir plus de 500 ans en arrière avec les dissections, si ?
par Cassandre
publié dans :
Sciences et Technos
ajouter un commentaire commentaires (4) créer un trackback recommander
ajouter un commentaire commentaires (4) créer un trackback recommander



