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Citations

"Happiness always looks small while you hold it in your hands, but let it go, and you learn at once how big and precious it is. "  - Maksim Gorky

"Si nous voulons construire une amitié durable, nous devons aimer nos amis pour eux et non pour nous." - Charlotte Brontë


"Every man is the architect of his own  life. He builds it just the way he  wants it. However,  after he  has built  what he  wants, he  sometimes decides that he doesn't like  what he  has built  and looks  for someone  or something  to blame instead of changing himself." - Sidney Madwed

"L'imagination porte bien plus loin que la vue." - Baltasar Gracian Y Morales


"La connaissance a de commun avec la  bêtise qu'elle n'a pas de limites. Il  est commun que les limites de nos connaissances sont des bêtises. Les limites de nos bêtises sont nos connaissances communes. La connaisance de nos limites met à  nu nos bêtises communes. C'est une  bêtise d'arrêter nos connaissances aux  limites de nos bêtises communes."





A mes visiteurs...

Je vous souhaite la bienvenue sur ce modeste Journal, intime parfois (qui a dit souvent, là bas au fond ??!! ;-) ), réactif souvent, photographique le lundi, "littéraire" le mercredi, à propos du Japon (pays que j'aime beaucoup) le samedi et aussi humouristique, du moins je l'espère !

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Mercredi 6 juin 2007
Voilà que j'ai un texte, mais pas de titre... quand celui-ci sera fini.. auriez-vous l'amabilité de m'aider à en trouver un? de titre ?

^^"

M'ci d'avance ! Et désolée si cette première partie est encore un peu longue... décidément, j'ai du mal à faire court... ^^




- Tu crois que j'suis finie, vraiment ?
Diane reposa sa tasse de chocolat chaud et leva un regard inquiet vers Xavier.
- Mais non mon amour.
Il souriait, tendre et vaguement amusé. Diane avait toujours ces sortes de crises quand elle entamait une nouvelle histoire. Elle s'était fait un nom dans le monde merveilleux de la fantasy genre Harry Potter et les contes de Narnia. Mais depuis quelques temps, ses manuscrits revenaient, accompagnés de remarques, parfois acides. Dès qu'elle s'y serait remise, "qu'elle aurait replongé dans le bain" comme elle disait, les choses se tasseraient d'elles-mêmes. A l'aise dans son monde rempli de lutins, licornes et autres magiciens.
- Non, parce que Nadia - Tu sais, la nouvelle éditrice, celle qui remplace Sandrine - Trouve que je ne décroche plus assez du réel. Plat... plus assez envoûtant. Et puis, elle sortait pas ça de façon méchante, c'était juste pour m'aider.
- Je sais, tu me l'as déjà dit hier soir, ma puce. Bon, je vais monter regarder mes mails, ça fait bien deux jours que je n'ai pas allumé le PC. Si ça se trouve, l'assistante de Gomez m'a envoyé un message.
- Elle devait te contacter ? On est samedi tout de même !
- Enfin, je te l'ai dit. Tu n'écoutes jamais.
- Mais si Xavier. Ne te plonge pas trop dans tes trucs, n'oublie pas qu'on avait prévu d'aller faire les courses avant la grande cohue. Pour la peine, je t'invite au chinois, si tu veux.
- Ah non ! Ras-la casquette de la bouffe asiatique.
- Une pizza alors ?
- Non, tu sais bien que je n'aime pas les pizza. Non, plutôt à la crêperie. Ca te va ?
- Mouais... Tu sais, moi, les crêpes...
- Ah mais ma chérie, c'est ça d'avoir épousé un Breton.
- Demi-Breton, comme moi. Bon, va pour cette fois-ci, on se fait une crêperie. Mais la prochaine fois, le chinois, d'accord ?
- Vendu.
Xavier monta dans son bureau et Diane nourrit les chiens, la vieille chatte noire et les oiseaux qui se disputaient dans leur cage. Elle débarrassa la vaisselle du petit déjeuner, fit le tour des placards et du réfrigérateur pour établir la liste des courses. Oublier quelque chose prenait des allures de petite catastrophe. C'est génial la campagne, mais il convient de s'organiser futé. Ils partaient le matin très tôt, chacun de leur côté. Diane, juriste par crainte du futur, occupait un poste de chef de service aux Ressources Humaines. Beaucoup de boulot, pour une paye assez modeste. Elle n'aurait jamais du accepter cette responsabilité à salaire constant. Chef de service, signifiait finalement se faire engueuler de tous les côtés, jouer le rôle délicat de la tranche de jambon entre les employés et la direction. Elle consacrait la plus grande partie de son énergie à régler les problèmes sur le mode "Elle / il n'a pas complètement raison, mais elle / il n'a pas complètement tord non plus". D'autant que les conflits l'épuisaient, la rendaient malade. Diane aurait tant voulu que tout le monde s'entende bien. Que le pouvoir soit une intelligente délégation.
Le soir, elle se dépêchait de rentrer, pour re-nourrir les animaux, mettre un peu d'ordre dans la maison et préparer le repas. Xavier rentrait encore plus tard, crevé. Il venait d'être promu vice-président d'une grosse agence immobilière. Ils dînaient paisiblement, son mari lui racontant les menues anecdotes de la journée. Bien sûr, c'était toujours un peu la même chose, mais Diane aimait l'écouter, ayant ainsi le sentiment de partager un peu de son temps quand il était loin d'elle. Elle finissait par connaître les habitudes des gens sans visages qu'il évoquait tous les soirs. D'un autre côté, sans doute l'assommait-elle avec les anecdotes répétitives et fort peu intéressantes du service dans lequel elle travaillait. Sauf que bien sûr, certains collègues à elle, la gonflaient assez pour mériter un place dans ses soirées.
Ils avaient pas mal galéré au début, financièrement, surtout lorsque Xavier, que la vie citadine exaspérait, avait pousser pour déménager à la campagne. Diane ne le regrettait pas. Même si, parisienne dans l'âme, elle avait sangloté durant tout le trajet en tentant d'apaiser le chat qui miaulait à vous faire dresser les poils du dos comme si on l'étripait.
C'était une des raisons qui l'avait pousser à prendre la plume, le manque d'argent et puis aussi, très loin en dedans, une frustration profonde. Faire, créer quelque chose qui n'appartienne qu'à elle. Peut être que si elle avait eu des enfants, cette frustration se serait diluée dans les premiers pas, les premiers mots d'un petit bout. Mais elle aurait alors du complètement sortir de l'enfance, elle aussi.
Finalement, l'enfance fantasmagorique qu'elle n'avait pas connue, elle se l'était construite au cours de l'adolescence, à fréquenter les bibliothèques et lire tout un tas de livres. Seul endroit vraiment confortable. Non, elle exagérait. Il y avait sa vie avec Xavier, ce qu'ils en avaient fait. Xavier était un de ces hommes qui permettent aux autres, aux femmes, de faire, parce que rien ne le menaçait. En fait, il avait un merveilleux ego qui faisait de lui un être chaleureux, ouvert et amusant. Ca compensait celui de Diane qui n'existait que pour lui gâcher la vie. Avait-elle fait les choses comme il faut ? N'était-elle pas en train d'abuser ? S'occupait-elle assez des besoins des autres ? Bref, ce genre de litanie lui collait aux neurones, et qu'elle devait sûrement à sa chère mère : "Je t'ai quand même élevée, tu devrais m'en être reconnaissante. Espèce d'ingrate."
Ecrire. Il fallait vraiment plonger ce coup-ci. Le texte était là, sous ses yeux, et pourtant il n'avançait pas. Il le fallait cependant.
Le cri joyeux de Xavier l'interrompit dans ses pensées :
- Chérie, je prend une douche. On y va ensuite.
Tant pis, elle prendrait sa douche plus tard, en rentrant, ou demain. Sinon, ils allaient faire la queue à l'hypermarché. Cette après-midi, elle cuisinerait le "plat de la semaine", puis le "dessert de la semaine", pour Xavier, qui se plaignait d'être quelque peu à la diète lorsqu'elle était en période d'écriture. Elle sourit. Elle adorait Xavier.
Le week-end s'écoula paisiblement, si paisiblement qu'elle n'écrivit pas une ligne. Samedi matin, les courses. Samedi midi, crêperie. Samedi après-midi, fourneaux.  Dimanche matin, grasse matinée, Xavier étant un gros dormeur, contrairement à Diane. Dimanche après-midi, Xavier, très tendre, "en manque" comme il disait, d'autant que le sexe le détendait, et dimanche soir, un film qu'il avait acheté, un truc que Diane jugea plutôt nul, ils n'avaient pas les même goûts cinématographiques. Nuit de dimanche à lundi : somnifères. Les grasses mat' à répétition dont avait besoin Xavier gavaient Diane au point de l'empêcher de dormir correctement les premières nuits de la semaine.
Nuit de lundi à mardi, impossible de trouver le sommeil. Diane tournait et virait dans le lit conjugal, même le chat avait déserté son flanc, impatienté par ses mouvements brusques. Le lent écoulement des minutes sur l'affichage à quartz du réveil la rendait folle. Merde. Plus que quatre heures avant que l'alarme ne retentisse. Elle avait une important réunion ce matin, pas question donc de prendre de somnifère. Sinon elle allait avoir la tête dans le paté. Et la jupe noire qu'elle n'avait pas eu le temps de repasser hier, trop crevée. En plus, elle n'avait pas pu prendre de rendez-vous chez le coiffeur et à moins d'un vigoureux brushing et d'une tonne de laque, elle allait avoir l'air d'une dingue échappée de l'asile.
Diane finit par s'endormir, deux heures avant le réveil. Elle se leva en bougonnant. Le rite matinal, mis en place de façon tacite depuis des années, fonctionnait habituellement bien. Xavier se levait en premier et préparait le café. Il réveillait sa femme.  Diane débarrassait ensuite la vaisselle du petit déjeuner, nourrissait les animaux puis fonçait dans la salle de bains, recordwoman de la douche, coup de brosse, crème hydratante, brossage de dent : sept minutes en moyenne. Xavier s'installait ensuite pour une bonne demi-heure, rêvassant à sa journée, parce que, disait-il, ça le mettait en condition.
Ce matin là, les nerfs à fleur de peau, Diane cria de la cuisine :
- Tu peux nourrir les bêtes s'il te plaît ? Je suis vraiment à la bourre !
- Ah non, non, non ! Je te vois venir avec tes gros sabots. Après il faudra que je le fasse tous les matins !
Agacée, Diane répliqua :
- Ecoute, il faut que je me lave les cheveux et ils mettent une plombe à sécher. Tu peux faire un effort tout de même !
- Mais je fais déjà plein de trucs ! C'est moi qui vide les poubelles, qui sors les chiens et qui m'occupe des deux bagnoles.
- Tu veux que te fasse la liste de mes corvées ?
Diane sentait qu'elle perdait le contrôle. Il valait mieux s'en tenir là avant d'exploser.
- Bon, laisse tomber Xavier. Je prends ma douche, je me lave les cheveux, je nourris les bestiaux et je me sècherais ensuite.
Lorsqu'elle pénétra à nouveau dans la salle de bains, il était encore sous la douche. Il régnait dans la pièce une chaleur de sonna, et une buée suffocante collait aux murs et au miroir. Merde, ses cheveux commençaient à friser dans tous les sens. L'agacement cédait la place à une colère bouillonnante. Diane, armée d'une brosse, entreprit de civiliser un peu la masse de cheveux rebelles qui frisotaient anarchiquement. Vingt secondes plus tard, le sèche cheveux refusa de continuer de fonctionner. Xavier chantonnait sous le jet d'eau chaude. Elle secoua le machin dans tous les sens, comme si la solution résidait dans ce geste. Mais qu'est qui lui prenait à se foutu machin ?
La sécurité.
Ce truc était muni d'un disjoncteur qui se déclenchait lorsque la température était trop élevée. "Indispensable pour les enfants", avait précisé le vendeur, à ceci près qu'elle n'avait pas de marmots mais une crinière qui virait naturellement au chaos le plus total. La panique commença à la gagner. Il faudrait qu'elle se remouille les cheveux, elle allait être en retard, Lydia, la peste gourdasse qui ne digérait pas que Diane l'ait coiffée au poteau de direction, allait en faire des gorges chaudes. Elle s'étrangla presque en criant :
- Xavier, tu peux finir s'il te plaît ! Il faut ouvrir la fenêtre et la porte, faire courant d'air. Ce truc est bloqué, il fait trop chaud dans cette pièce.
Enervé à son tour, il déclara d'un ton sec et sans appel :
- Bon, là, il faut pas pousser Diane ! J'ai bien le droit de prendre une douche au chaud tout de même ! Ce n'est pas parce que tu as une panne d'écriture qu'il faut me tomber dessus !
- Ca n'a rien à voir avec mes problèmes d'écriture. Il est question d'un brushing.
- Si. D'ailleurs, j'en ai marre d'entendre parler de cette Nadia à tous les repas, je m'en tape ! C'est clair ?
Ce qui lui restait de calme quitta Diane d'un coup, elle hurla :
- Non, parce que moi, ça me fascine, Gomez et son assistante ? La Liz de la photocopieuse et le Maxime de la compta qui se ronge les ongles ? Ca rempli mes soirées. Mais bordel, il n'y a pas que toi qui as des besoins ! Ta douche, ta vie, ton rythme, tes petites manies. Et moi, je peux crever, c'est ça ?
Elle fondit en larmes et s'effondra sur le rebord de la baignoire, le sèche-cheveux pendant dans la main. La mauvaise humeur de Xavier s'évapora d'un coup. Il sortit de la douche et s'approcha d'elle, stupéfait :
- Mais qu'est-ce que tu racontes, chérie ?
Diane se dressa comme une folle et hurla de plus belle :
- Les besoins de mon mec, les besoins de ma mère, les besoins des chiens, ceux des gens au boulot, et les miens, mais ensuite, après, si j'y pense, et surtout, si j'ai le temps !
Le sèche-cheveux vola dans la pièce et s'écrasa contre le miroir qui explosa en mille morceaux.
Diane sortit en furie de la salle de bains, attrapa son sac à main, fila dans le garage comme une folle, monta en voiture et démarra. La porte n'était pas fermée.
Une crise de larmes la plia sur le volant, diluant le parcours de la route devant elle. Merde, où elle allait là ? Il fallait s'arrêter, se calmer, rentrer. Sans même qu'elle s'en aperçoive, son pied enfonça l'accélérateur : tant pis pour la réunion, tant pis pour ses tifs à la con, tant pis pour Xavier qui devait se faire un sang d'encre, tant pis pour tout.
par Cassandre publié dans : Textes
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