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Citations

"Happiness always looks small while you hold it in your hands, but let it go, and you learn at once how big and precious it is. "  - Maksim Gorky

"Si nous voulons construire une amitié durable, nous devons aimer nos amis pour eux et non pour nous." - Charlotte Brontë


"Every man is the architect of his own  life. He builds it just the way he  wants it. However,  after he  has built  what he  wants, he  sometimes decides that he doesn't like  what he  has built  and looks  for someone  or something  to blame instead of changing himself." - Sidney Madwed

"L'imagination porte bien plus loin que la vue." - Baltasar Gracian Y Morales


"La connaissance a de commun avec la  bêtise qu'elle n'a pas de limites. Il  est commun que les limites de nos connaissances sont des bêtises. Les limites de nos bêtises sont nos connaissances communes. La connaisance de nos limites met à  nu nos bêtises communes. C'est une  bêtise d'arrêter nos connaissances aux  limites de nos bêtises communes."





A mes visiteurs...

Je vous souhaite la bienvenue sur ce modeste Journal, intime parfois (qui a dit souvent, là bas au fond ??!! ;-) ), réactif souvent, photographique le lundi, "littéraire" le mercredi, à propos du Japon (pays que j'aime beaucoup) le samedi et aussi humouristique, du moins je l'espère !

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Mercredi 25 juillet 2007
Bon, c'est pas dommage, il m'en aura fallu du temps pour pondre la fin... sûrement que c'est parce que je ne suis pas une poule ? ^^"

Les deux premières parties sont LA et ICI
...

Merci de me donner vos avis. :)





Elle ouvrit la porte d'un coup de poing bien placé et s'affala pratiquement sur l'homme pâle, qui finissait une tasse de café de l'autre côté.
- C'est vous le médecin ?
- Oui, pourquoi ?
Une colère noire, une onde ce choc qui lui écrasait le sternum. Un voile glacial lui enveloppait l'intérieur du crâne.
- Si on te le demande, mon gars, tu réponds que ceci est un service d'urgences et que des gens sont en train de mourir dans le couloir.
Il se passa la main sur le visage. Il semblait défait, crevé. Rien à foutre. Il articula sur un ton monocorde :
- Ecoutez je suis ici depuis plus de douze heures, on manque de personnel, on manque de lit, on ...
- Ouais et alors ? C'est de la faute à ceux qui sont dans le couloir ? On vous a mis un flingue sur la tempe pour vous forcer à devenir médecin ?
La fatigue rattrapa le jeune homme, et il éclata :
- Mais vous ne savez pas... Je suis payé des clopinettes pour des journées de boulot qui n'en finissent pas... Vous n'avez pas idée...
- Non, et je m'en fous. Je paye des impôts, la Sécu, je paye tout. Eux aussi, dans le couloir. Vous êtes smicard, vous allez le rester toute votre vie ? Vous avez fait de longues études ? Moi aussi, très, très longues. Mais j'ai toujours trouvé que c'était plus gratifiant que se faire chier à vie dans un usine. J'ai donc jugé que c'était une chance extraordinaire. De surcroît, les bicoques et les caisses des médecins de mon quartier ne me font pas vraiment pleurer sur la misère du monde.

Il se leva, les mâchoires crispées, et elle se demanda s'il n'allait pas la cogner. Mais il expira et la suivit dans le couloir.

Diane perdit la notion du temps, s'affairant autour des civières avec une énergie et une efficacité qu'elle avait la sensation de redécouvrir. D'où venaient-elles ? De ces années de petits rien accumulés en pile les uns sur les autres, jusqu'à dissimuler tout le reste ? Des préoccupations mollement économes qui avaient remplacées le sens de sa vie ?

Une voix féminine péremptoire la fit sursauter. Elle se retourna. Une femme d'une cinquantaine d'années, enveloppée dans un manteau de vison noir, tendait une main ensanglantée dont l'énorme bague sertie d'émeraudes se coloraient de beaux reflets vert. Elle était assise dans un fauteuil roulant poussé par un jeune homme très classe dans son costume gris anthracite. Il expliqua, exaspéré, dans un grand mouvement de sa belle mèche blond cendré :
- Vite... Madame De La Tour vient de se blesser avec un verre... L'hémorragie a cessé, mais il faut immédiatement vérifier qu'il ne reste pas de morceaux de cristal dans la plaie.
La femme le fit taire d'un petit geste sec de main blessée et renchérit :
- Mais où est le médecin ? (s'adressant à Diane, elle ordonna :) Enfin, dites-lui de venir, mademoiselle, au lieu de rester planter là à me regarder sottement. Je suis pressée, très !
- D'autres gens attendent, depuis longtemps.
- Oui, je sais. Peu importe, qu'il me prenne en clientèle privée.
Amusant comme la rage réveille et nourrit la rage. Celle de Diane, qu'elle croyait endormie depuis un moment, explosa. La gifle qu'elle avait destinée au médecin éreinté s'abattit de toute violence sur la joue de la femme. Elle se vit la soulever par les revers de son manteau hors de prix et la secouer en lui hurlant au visage :
- Connasse, vous avez besoin d'un fauteuil roulant pour y reposer vos bijoux ?
La femme cria, le jeune homme tenta d'intervenir, mais un coup de pied vicieux dans le tibia le plia sur le lino.

Diane, avachie, assise sur un gros plot de ciment, tenta de retrouver assez d'énergie pour se lever et tenir debout. Depuis combien de temps était-elle là, à cinq cent mètres de l'hôpital ? Depuis qu'ils l'avaient foutues à la porte après lui avoir arraché des mains la femme au vison.
Le gigantesque vide de son cerveau était assez agréable. Enfin, un premier souvenir s'y risqua : la jolie bouche fardée, arrondie en gros cul de poule de la femme, juste avant la gifle qui lui avait renversé la tête. Un gloussement, un autre, et un fou rire secoua Diane, la faisant presque pleurer. Elle haletait, incapable de reprendre son sérieux, poussant de petits gémissements essoufflés et ravis entre deux hoquets de rire. Enfin, elle parvint à retrouver un tant soit peu son contrôle.
D'accord : elle avait failli mourir, étrangler un médecin, assommer une conne, ça faisait très longtemps qu'elle n'avait pas ri de la sorte, et elle avait une faim de loup.
Elle avança vers l'avenue pour y trouver un taxi. Réfléchir, réfléchir un peu, s'en donner le temps. Tout cela venait d'elle, elle était la seule fautive. Le ressentiment qu'elle finissait par éprouver vis-à-vis de Xavier naisssait de celui qu'elle s'inspirait sans oser le reconnaître. Sans doute finissait-elle par lui en vouloir d'avoir conservé assez de solidité pour ne pas se diluer comme elle.
Xavier vivait sa vie avec délectation, parce qu'elle lui semblait toujours aussi précieuse. Il existait, il était là, présent, et ce phénomène lui paraissait grandement suffisant. Assez important pour qu'il s'y consacre. Alors que Diane était devenue creuse, prête à se déformer sans s'en apercevoir pour s'adapter aux autres et à leurs volontés, désirs. N'en ayant plus vraiment elle-même. Elle avait permis à ces gens de déteindre sur sa vie. Finalement, elle n'existait plus depuis longtemps. Moi-Je-Rien. Elle ne s'était poussé au cul que parce qu'il ne fallait pas décevoir quelqu'un d'autre, elle ne s'était tolérée que parce que l'autre l'aimait. Elle était heureuse d'être la femme de Xavier, heureuse d'être l'auteur star des petits heureuse de mener intelligemment son service. Elle avait attendu que la vie des autres se substitue à la sienne. Quand avait-elle dit, ne serait-ce qu'une fois : "Je suis heureuse d'être moi. Voilà, je vis. C'est fatiguant mais j'existe,  et bon sang, qu'est-ce c'est bon !" ?
Le jour tombait lorsque le taxi la déposa dans la grande maison Louis-Philippe.
Xavier l'accueillit en hurlant. Il avait eu peur.
- Mais qu'est-ce que tu foutais, bordel ? Je suis mort d'inquiétude !
- J'ai eu un accident de voiture.
- Hein ? Tu es blessée ? Mais c'est vrai que tu es livide. Tu as vu un médecin ?
- Oui, oui. Tout va bien, mais la voiture est foutue.
Inutile de lui raconter le reste : les urgences, la vie qui déboule presque inattendue, l'idée que l'on s'est tant fourvoyé sans avoir le courage de s'en apercevoir. Une fois apaisé, tranquillisé sur son état, il lui répondrait d'un ton léger : "Je me tue à te le répéter ! "
Il l'attira contre lui et expliqua au-dessus de ses cheveux :
- On s'en fout. Ecoute, chérie, j'ai repensé à cette bêtise de buée ce matin. Maintenant, quand tu dois te laver les cheveux, tu me préviens et ...
- On s'en fout, mon Xavier. La mode des tignasses anarchiques va revenir un jour ou l'autre... Je t'aime, tu sais ?
Il la fixa, étonné et souriant :
- Ben oui, bécasse. Moi aussi. Qu'est-ce que tu crois ?
- Ca,  et plus que deux trois autres choses.

C'est vraiment chouette la vie. Mais c'est surtout fabuleux lorsqu'on se donne la peine de s'en apercevoir. L'écrire partout et ne jamais plus l'oublier.
par Cassandre publié dans : Textes
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