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Citations

"Happiness always looks small while you hold it in your hands, but let it go, and you learn at once how big and precious it is. "  - Maksim Gorky

"Si nous voulons construire une amitié durable, nous devons aimer nos amis pour eux et non pour nous." - Charlotte Brontë


"Every man is the architect of his own  life. He builds it just the way he  wants it. However,  after he  has built  what he  wants, he  sometimes decides that he doesn't like  what he  has built  and looks  for someone  or something  to blame instead of changing himself." - Sidney Madwed

"L'imagination porte bien plus loin que la vue." - Baltasar Gracian Y Morales


"La connaissance a de commun avec la  bêtise qu'elle n'a pas de limites. Il  est commun que les limites de nos connaissances sont des bêtises. Les limites de nos bêtises sont nos connaissances communes. La connaisance de nos limites met à  nu nos bêtises communes. C'est une  bêtise d'arrêter nos connaissances aux  limites de nos bêtises communes."





A mes visiteurs...

Je vous souhaite la bienvenue sur ce modeste Journal, intime parfois (qui a dit souvent, là bas au fond ??!! ;-) ), réactif souvent, photographique le lundi, "littéraire" le mercredi, à propos du Japon (pays que j'aime beaucoup) le samedi et aussi humouristique, du moins je l'espère !

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Jeudi 26 juillet 2007
Petit post en réaction à des commentaires sur le post d'avant-hier.

Je comprends le point de vue de certaines personnes qui disent : "quand on veut, on peut" ou encore qui disent que tout n'est qu'une question de savoir "se bouger le cul".

Cependant, j'y ajouterais des bémols.

Surtout quand ça concerne le boulot.

Pour la faire courte, j'ai pas eu mon DUT en informatique parce que je me suis fait tirer mon scooter. Scooter qui me servait à faire l'aller/retour entre Antibes et Nice tous les jours. Transport en commun ? là où j'habitais, les bus commençaient à 7h. Pour être à Nice à 8h30, c'était même pas en rêve. Vu qu'il fallait une bonne demi-heure pour atteindre la gare, puis ensuite attraper un train qui était toujours en retard, et encore un bus pour atteindre l'IUT.

Une chambre étudiante alors ?

Allez demander ça au mois de Mars... et on en reparlera.

C'est impossible.

Donc j'ai été virée pour absences non justifiées à trop de modules de cours.
Sentence sans appel, le directeur de l'IUT m'ayant dit quand je suis allée le trouver pour expliquer ma situation que Lui, en 20 ans, on lui avait tiré 7 scooters et qu'il avait toujours pu aller travailler. Sûr, le gars avait une voiture pour les jours de pluie... no comment.

Alors j'ai un peu glandé à la fac sans être inscrite, poursuivre un peu les apprentissages, parce que ça me saoulait.

Et j'ai cherché un job.

J'ai trouvé un contrat de qualification pour faire du design web en trois langues : français, anglais et italien.

Problème, je suis tombée sur un con, qui à la fin du premier mois, n'a pas voulu me payer. Je passe les détails. J'ai tenu six mois. Six mois où j'ai eu du mal à vivre, parce que payée avec un lance pierre, pas de fiches de payes, pas de paye fixe, mais c'était mon premier taf et j'ignorais mes droits et mes devoirs.

J'ai pris un congés maladie de trois jours pour pouvoir aller voir l'inspection du travail, j'ai appris plein de trucs, et ça s'est terminé aux prud-hommes.

4 ans de procédures, mais j'ai gagné.

Bien.
Suite à ça, comme j'étais pas trop mauvaise, c'est la boite où je suivait  les cours de mon contrat alternance qui m'a embauchée pour faire les sites et donner des formations d'info aux adultes. Un contrat d'une année.

J'ai pas donné suite au bout des un an parce que ça ne me convenait pas, c'était pas ce que je voulais faire.

J'ai retrouvé de suite autre chose pour une autre boite où je me suis littéralement épanouie. Je fais de la prog web (entendre par là du php, html et autres barbaries) de l'administration réseaux et systèmes, un peu de développement, bref, un rêve. Et en plus, j'étais super bien payée.

Oui, mais voilà. Dans la série "pas de bol", la boite a fermé par manque de crédits et on m'a viré en premier pour tout un tas de raisons, dont notamment un différent avec le "directeur technique" et le fait que j'avais trouvé et prouvé que le designeur faisait du détournement de factures.

Et pour preuves que j'étais pas si inutile, j'ai été rappelé deux ou trois fois en free-lance après avoir été virée... faut le faire quand même.

Suite à ça... traversée du désert. Je voulais une formation en informatique, mais j'avais atteint l'âge fatidique des 26 ans. Plus de contrats en alternance avec super réductions pour le boss. Plus de formation tout cours sans que ce soit de ma poche, quasiment.

Je galère. J'essaie de faire une formation en BTS info gestion financée par le conseil régional, mais suite à des désaccords entre le conseil et les Assedics, la formation n'a jamais eu lieu. Ils m'ont fait poireauter deux ans. J'ai adoré.

Alors quid ?

Reconversion, j'avais plus le choix.

Alors j'ai fait ce qu'ils appellent les bilans de compétences. Tests d'aptitudes. Toute la panoplie fournie par l'ANPE.

J'ai eu de la chance.

J'ai trouvé un contrat de qualification adulte. A 29 ans, il m'était donné la possibilité de passer un BTS Assistante de Gestion PME PMI en étant payée au minimum de la branche, soit 1200 euros brut. En plus je dépendait de la convention du Syntec qui est super souple.

On pouvait pas rêver mieux, non ?

J'ai tout donné. J'ai même bossé un mois en avance et "gratos" (je percevais mes allocations mais le boss voulait quelqu'un de suite). Je me suis défoncé pour un type de poste qui de toute façon n'est pas franchement ce que j'apprécie faire, mais diable, qui peut se montrer tatillon à ce stade.

J'étais la première de ma classe. Meilleures notes en toutes les matières.

Ca a duré une année. Et puis j'arrivais au bout de ce que le boss voulait bien me donner comme travail. Il me fallait plus, histoire d'avoir un dossier solide aux épreuves du BTS, quelque chose de significatif, il fallait que j'ai plus de responsabilités, plus de travail.

Faire des devis, établir les factures, les envoyer, vérifier leur paiement, le standard téléphonique... ce n'était plus suffisant. Il fallait que je mette en place des procédures un peu plus concrète et en rapport avec le poste d'assistante de gestion.

J'ai donc discuté avec mon boss. Refus sans concession. Pour lui c'est ce qu'il voulait comme employé. Pas la peine de donner plus de responsabilités et de toute façon, il avait pas le temps pour former lui même (alors que pourtant il percevait une aide de l'Etat en ce sens, avoir le temps de me former).

J'ai prévenu mon centre de formation. Le directeur est venu voir mon boss, lui a expliqué les enjeux et que c'était vital s'il voulait que j'ai mon diplôme.

Le gars s'en foutait, c'était pas son problème.

Tensions au boulot. Dès qu'il n'y avait personne, c'était prise de tête.

De moins en moins de travail m'était donné. Au final, je passais plus de temps à répondre aux rares appels et surfer sur le net tout en travaillant mes cours, révisant mes acquis.

Ce qui engendrait des disputes bien sûr.

Il a commencé à faire du harcèlement moral. Une de ces meilleures répartie fut de me dire que "j'étais moins que rien, rien pour l'entreprise, et qu'il avait les moyens de me briser, de me casser en mille morceaux".

J'ai hurlé.

Littéralement.

Nous étions seuls. Si je ne pouvais me servir de ça au tribunal, lui non plus ne pouvait se servir de ce que je dirais.

Absence de preuves.

Deux mois et demi de tensions, de disputes, de vilénies, de bassesses. Jusqu'à ce qu'il me mette à pied avec suspension du salaire en septembre.

En novembre, j'étais finalement licenciée. La procédure avait été respectée, mais les motifs, eux... étaient plus que fallacieux.

Il ne l'avait fait que dans un seul but avoué : il savait que mon diplôme comptait plus que tout, il ne voulait pas que je l'ai.

En cela, je l'ai bien eu... mon ex-boss. Grâce à mon prof de compta du centre de formation, j'ai pu m'inscrire dans un lycée privée. 2000 euros pour l'année. En ce temps là, j'avais des économies. C'était une chance.

J'ai été prise en cours d'année, vers Noël.

J'ai bien sûr poursuivi mon ex-patron pour licenciement abusif.

Une année de procédure. J'ai rédigé moi même mes conclusions, j'ai saisi moi-même le conseil des prud'hommes.

8 mois de procédures parce que je me suis pas laissée faire.

Le type voulait un renvoi au prétexte que j'avais pas eu les pièces en temps et en heures, mais j'ai rédigés mes conclusions annexes en une après midi... alors que le surlendemain j'avais un exam.

J'ai préparé et passé mon diplôme et même temps que j'ai préparé et plaidé devant le conseil pour mon affaire.

J'ai eu mon diplôme avec 14 de moyenne générale et j'ai gagné mon procès.

Oui, mais j'étais carrément dégoutée de la France, de la façon dont les choses se passaient, des patrons, de la Côte d'Azur, de tout.

Je suis partie au Japon.

Pour voir si ça venait de moi ou des autres, pour faire autre chose, pour voir autre chose.

J'y ai gagné de l'expérience, j'ai appris.

Je suis rentrée en France et parce que je ne pouvais prétendre au RMI parce que les Assedics m'avaient menties à mon départ (je voulais cotiser de moi même mais on m'avait dis "pas la peine", quand je revenais j'avais des droits, et quand je suis rentrée, en fait je les avais plus...) parce que j'étais hébergée chez un gars et que partant de là, c'était forcément un concubinage caché... parce que de toute façon, j'y avais pas droit car je n'étais pas sur la commune depuis assez longtemps pour prétendre à demander de l'aide à celle-ci...

Alors j'ai pris le premier job qui s'est pointé sous mon nez, celui qui voulait de moi en premier.

Et j'ai démissionné 7 mois plus tard.

Et je suis descendue sur Lyon pour un autre job, un qui me plait moyen mais qui donne d'autres avantages.

Alors, il me semble, que oui, j'ai le droit d'être exigeante, que j'ai le droit, cette fois-ci de choisir ce que je veux faire.

Je ne ferais pas ce qu'on attend de moi parce que c'est "le plus sage", parce qu'il faut que je rencontre du monde ou je ne sais quoi.

Je ferais ce que je veux.

Je choisirais un job qui me plait.

Parce que j'en ai assez des jobs alimentaires, parce que j'ai assez fait de sacrifices, qu'il est temps que je pense à moi en premier.

Alors à tous les bons penseurs qui se disent que puisque j'ai pas trop les moyens je devrais prendre ce qui vient, je leur dis... vivez ma vie, une fois... et on en reparlera.

J'ai assez d'empathie pour comprendre les autres, il est temps que les autres fassent preuve d'empathie pour me comprendre. Et si c'est pas possible ?

Tant pis pour eux.



Il est des fois où, bien qu'on se bouge le cul, bien qu'on ai raison et la société, les administrations, tords, on se retrouve dans la merde la plus profonde, l'injustice la plus totale. Avec les cercles vicieux qu'on connait : manque d'argent, découvert, agios etc...
La société fait de nous des êtres sans aucune considération pour son prochain, chacun voyant son propre cas...

Je m'en suis toujours sortie. Plus ou moins. A force de rage et de colère.

Tout le monde n'a pas cette "chance" pour plein de raisons qui font que nos histoires à tous sont différentes.

Le premier pas ?

Comprendre l'autre, ses besoins, ses attentes et l'aider sur son chemin dans la mesure du possible. Surtout si la situation de base est le résultat d'une injustice.

Qu'une administration file pas le papier en temps et en heure, puis ferme pour cause de vacances, je trouve ça injuste.

Qu'on pique le scooter d'un étudiant et qu'il lui soit répondu : "démerde toi pour venir en cours sinon t'es viré", c'est injuste...

Et y'en a à la pelle des comme ça.

Je ferais ma licence en droit. Réussirais-je ? Je ne sais pas. Mais si oui, ce sera avant tout pour réparer un peu des injustices... parce que pardonnez moi mon vocabulaire : Mais putain, ça fait chier les injustices.

Et si on se donnait un peu plus la main tous, ben, ça tournerait peut être plus rond, ce petit monde.

Arrêtons de juger, essayons d'aider.
par Cassandre publié dans : Coup de Gueule
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