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"Happiness always looks small while you hold it in your hands, but let it go, and you learn at once how big and precious it is. "  - Maksim Gorky

"Si nous voulons construire une amitié durable, nous devons aimer nos amis pour eux et non pour nous." - Charlotte Brontë


"Every man is the architect of his own  life. He builds it just the way he  wants it. However,  after he  has built  what he  wants, he  sometimes decides that he doesn't like  what he  has built  and looks  for someone  or something  to blame instead of changing himself." - Sidney Madwed

"L'imagination porte bien plus loin que la vue." - Baltasar Gracian Y Morales


"La connaissance a de commun avec la  bêtise qu'elle n'a pas de limites. Il  est commun que les limites de nos connaissances sont des bêtises. Les limites de nos bêtises sont nos connaissances communes. La connaisance de nos limites met à  nu nos bêtises communes. C'est une  bêtise d'arrêter nos connaissances aux  limites de nos bêtises communes."





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Je vous souhaite la bienvenue sur ce modeste Journal, intime parfois (qui a dit souvent, là bas au fond ??!! ;-) ), réactif souvent, photographique le lundi, "littéraire" le mercredi, à propos du Japon (pays que j'aime beaucoup) le samedi et aussi humouristique, du moins je l'espère !

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Mercredi 10 janvier 2007
La suite du chapitre 1 bien sûr ! =^.^=

Et nous retrouvons donc nos héros, Steven [Seagull], le sheriff de Buffalo, et son adjoint Marty [Fellow] flanqués de leur nouvelle recrue Amélia Heart...





Voilà ce qu'Amélia aimait par dessus tout dans ce petit poste de sheriff de Buffalo, et qui la tenait toujours sous le charme, malgré les cinq mois déjà passés dans ce petit coin paumé du Nebraska. Elle n'avait qu'à tourner la tête pour regarder par la fenêtre s'étendre le magnifique lac, où l'on pouvait voir quelques pêcheurs passer le temps, en buvant quelques bières... le long des berges, les cabanes se succédaient toutes semblables et pourtant si différentes les unes des autres, celle-là en bois clair, celle-ci ancienne ou encore décorée façon indienne... Une odeur de marécage remontait parfois, un peu douce amère... mais une fois qu'on s'habituait et qu'on croyait l'oublier, elle revenait de plus belle flatter les narines, mais donnait presque la sensation, alors, d'un doux parfum. Les couchers de soleil étaient particulièrement magnifiques, donnant l'impression d'un embrasement intense autant qu'éphémére...
Elle se demandait comment elle pourrait un jour rentrer à Omaha, revenir à la vie urbaine trépidante après avoir goûté au charme magique de la campagne.

Il va falloir vous montrer prudente, Amélia, lui avait dit un jour Marty, alors qu'elle regardait par la fenêtre de son petit bureau, ce mode de vie, ici, à Buffalo, on ne s'y habitue pas, il pénètre en nous, et ensuite, on ne peut plus s'en défaire, il devient comme une seconde peau.

A présent, le soleil finissant de darder ces rayons de fin d'après-midi, elle ne put s'empêcher de jeter un oeil attendri à son carnet d'amendes... après tout, c'était son travail, et elle l'aimait, même si ce n'était que de rappeler à l'ordre des gamins dans des magasins de bonbons et de distribuer quelques prunes à des automobilistes oublieux du code de la route.

Steven vient s'assoir à son propre bureau grognant comme un ours, suivit des craquements distinctifs qu'il faisait pour "remettre sa colonne", comme il disait. Marty lui disait qu'un jour il finirait paralysé de la tête aux pieds à force de se "remettre la colonne", mais cela n'avait pas l'air de l'affecter outre mesure. Il alluma son ordinateur, tandis que son adjoint allumait une cigarette, bien que cela fut officiellement interdit, il était d'entente tacite que nul n'allait l'empêcher de s'adonner à son vice.

"Alors on a quoi de beau aujourd'hui ? demanda Marty entre deux bouffées pendant que Steven attendait que son engin veuille bien démarrer. Du feu ? Du sang ? Une révolution ?
- Je crois qu'il faudrait commencer par Samantha Rigbie et son accident avec la borne à incendie. Si on n'écrit pas le rapport rapidement, je crains que l'administration ne mette un temps fou à réparer c'te foutue borne, et après on aura les pompiers sur le dos... répondit Steven s'appliquant maintenant à faire craquer les jointures.
Marty leva les yeux au ciel, puis regarda Amélia et lui dit : "D'abord le dos, puis les jointures... pour peu qu'on lui apprenne à jouer Dry Bones* avec sa cage thoracique, on pourrait l'envoyer passer les auditions d'A la recherche de la nouvelle star.
- Pff, toujours bon pour la critique hein ! lança Steven attendant toujours que sa machine daigne lui donner la main. Il y a quelque chose d'étonnant ici. Me voilà du haut de mes quasi quatre fois vingt printemps à utiliser un Macintosh dernier cri, et vous avec vos tout juste vingt ans, vous lui préférez encore le stylo et le papier... comme une poétesse anglaise du seizième siècle...
- Je ne pense pas que les stylos Bic existaient à l'époque", tenta de glisser Amélia tout en fouillant parmi ses liasses d'amendes et de rapports à rédiger... "L'un d'entre vous sait-il quel formulaire je dois remplir pour finaliser le rapport sur l'incident du bal des pompiers du 4 juillet ?
- Sûrement le E415C10 qui se trouve juste sous les A747B, répondit Steven alors que sa machine émettait un "bip" final indiquant qu'elle était prête à fonctionner. Je voulais vous dire, Amélia, que vous faites un travail du tonnerre ici.
- C'est ben vrai ça, renchérit Marty. Personne ne se plaint de vous et mieux, les gens payent même leurs contraventions en temps et en heure ! A part si l'on considère la mère Danielle, qui n'est heureuse que lorsqu'elle embête le monde, elle est complètement frappée...
- Pire que la téquila" acquiesça Steven.
Amélia sourit, songeant combien il était rare d'avoir une si bonne ambiance au travail, quelqu'un lui avait dit une fois que c'était de "l'or en barre", ce n'est qu'à ce moment présent qu'elle mesurait la véracité de ces propos.
"Merci, dit-elle, merci à tous les deux." Puis : "Je peux vous poser une question ? Sincèrement ?"
Steven se tourna vers elle et regarda la jeune femme dans les yeux : "Tout ce que vous voudrez, Amélia, du moment qu'on se tient éloigné de la Mère Danielle...
- Et moi de la paperasserie administrative ! compléta Marty.
- Mais combien de fois faudra-t-il que je te dise de faire tes rapports tous les jours ! lança Steven
- Facile à dire pour toi, tu n'en as pas rempli un depuis au moins une décennie !"
Amélia ne voulait pas les laisser changer de sujet et les laisser s'embarquer, une fois de plus dans cette vieille chamaillerie de gamins.
"Arrêtez un peu tous les deux."
Ils se turent d'un coup et la regardèrent, on ne peu plus surpris.
"Marty vous avez plus ou moins dit au journaliste du Lincoln Review, que Steven et vous travailliez pour la police de Buffalo depuis plus de 40 ans...
- Pou' su'...
- Et que vous étiez devenu sheriff, Steven, en 1952.
- C'est exact, j'étais jeune et plein d'enthousiasme, et on a eu pas mal de travail avec les incendies des usines de feu d'artifice... c'est peut être parce que nous avons résolu cette histoire de fraude à l'assurance en un temps record que je suis toujours à mon poste aujourd'hui.
- Donc vous êtes dans le métier depuis plus de 50 ans et depuis toutes ces années vous n'avez jamais eu une seule affaire réellement non résolue ? Un vrai mystère, comme ceux que cherchaient à récolter notre hôte de ce midi ?
Marty Fellow prit un air outragé.
"On n'a jamais sorti un truc pareil !
- Diantre, vous étiez pourtant là !" déclara Steven tout aussi offusqué.
Il purent, l'espace de quelques secondes garder leur sérieux, mais tandis qu'Amélia Heart les dévisageait tour à tour avec cet air austère de mère supérieure dans le film Sister Act, il finirent par craquer. C'est d'abord les commissures des lèvres de Steven qui se mirent à tressauter. Ils commirent l'erreur de se regarder. Une seconde plus tard, ils se tordaient de rire comme deux gosses.


*~~~~~~~~~~~~~~~*


"C'est toi qui a parlé de l'Anne-Marie Céleste" dit Marty à Steven, une fois leur fou rire terminé. L'Anne-Marie Céleste était un petit bateau de plaisance qui s'était échoué sur les berges du lac au début des années 30, avec le cadavre d'un homme affalé à l'avant, et les membres de sa famille portés disparus. "D'après toi, combien de fois notre ami du Lincoln Review a-t-il entendu parler de cette histoire, en faisant le tour du lac ?
- oh... je dirais au moins autant de fois qu'il a du demander son chemin, mon ami", contra Steven, et les deux hommes de repartir de plus belle, se pliant de rire, Steven se frappant le genou cagneux de la main, tandis que Marty se flanquait une grande claque sur sa cuisse rebondie.

Amélia les regardait en fronçant les sourcils - pas contrariée, pas amusée (encore que...), mais essayant tout bonnement de comprendre où les deux compères voulaient en venir. Elle même trouvait l'histoire de l'Anne-Marie Céleste assez bonne pour figurer dans la série sur les "Enigmes non élucidées" du journal de la ville pour le prochain Halloween, mais elle était loin d'être complètement stupide et avait bien compris que le journaliste, lui, ne l'avait pas trouvée assez bien. Et, elle avait aussi lu sur son visage, quand Steven avait commencé à aborder le sujet, qu'il l'avait entendu déjà plusieurs fois avant d'atterrir dans leur petite bourgade.

Steven et Marty approuvèrent lorsqu'elle le leur suggéra. "Pou' su', fit Marty. Ce journaliste avait beau ne pas être du coin, il n'est pas pour autant tombé de la dernière pluie. L'Anne-Marie Céleste - dont la solution de l'énigme réside sans doute des méfaits d'un groupe de contrebandiers un peu susceptibles et faisant passer en douce de la gnôle, même si on n'en sera jamais sûr à 100% -, ce mystère court depuis des années. Il a même été narré dans une bonne demi-douzaine de bouquins, sans parler des magazines Yankee ou Nebraska Today. Et... dis donc Steven, est-ce que le Lincoln Review lui-même n'a pas..."
Steven hocha positivement la tête. "C'est probable. Doit y'avoir une paire d'années, peut être un peu plus. Dans un supplément quelconque, mais je me trompe peut être... à mon âge ! Mais je suis sûr que le Kearney Telegram a parlé des Mormons qui se sont pointés pour creuser une mine en plein Désert du Nebraska...
- Et les Feux Follets de 1955 font un tabac dans les journaux pratiquement tous les ans... ajouta gaiement Marty. Sans parler des E.T.
- Tu oublies cette femme qui a écrit le bouquin sur l'empoisonnement du pic-nic paroissial à North Platte," conclut Steven.

C'était la dernière "énigme non résolue" qu'ils avaient livrée en pâture au journaliste du Lincoln Review, au déjeuner. C'était juste avant que celui-ci ne se décide à courir attraper son train, et on ne pouvait guère l'en blâmer, au fond.

"Alors vous l'avez mené en bateau, c'est le cas de le dire, avec vos vieilles histoires.
- Mais absolument pas !" répliqua Steven, l'air offusqué pour de bon, cette fois-ci. "Chacune de ces histoires est un authentique mystère non élucidé au Nebraska.
- On ne pouvait pas être certain qu'il les connaissait avant de les lui avoir tous relatés, renchérit Marty. Même si nous n'étions pas surpris de voir que c'était le cas.
- Pas surpris du tout, acquiesça Steven, après tout elles n'étaient pas non plus de toute première jeunesse, il faut le reconnaître. Mais on aura gagné un bon déjeuner, pas vrai Marty ? Sans compter de voir l'argent tourner, comme dans une machine à laver, et atterrir là où il devait... soit dans la poche de Liz Tallor.
- Et ce sont vraiment les seuls mystères non résolus qu'il y ai dans le coin ? Il me semblait pourtant que vous m'aviez dit..."
Steven lança un regard à son vieux complice de toujours. "Est-ce qu'on a dit ça ?
- Nope, fit Marty. Et j'crois ben qu'moâ non plus.
- Eh bien, alors, quelles autres histoires connaissez-vous et que vous ne lui avez pas racontées ? Et surtout pourquoi ?"

Les deux filous échangèrent à nouveau un regard, et Amélia sentit comme un courant télépathique qui les unissait. Ce n'était pas la première fois, non, qu'un tel sentiment la submergeait, mais c'était la première fois qu'il était aussi palpable. Steven fit un petit signe de tête en direction de la porte, Marty se leva et alla la fermer retournant le petit panneau qui annonçait "En patrouille". Puis il revint vers eux.
"En patrouille ? Mais la voiture est juste derrière dans le parking ? s'étonna Amélia avec une petite pointe de gêne.
- Si quelqu'un débarque avec une plainte, il frappera, fit remarquer Steven avec raison. Et si c'est réellement important, il tambourinera.
- Et si le centre-ville est le théâtre d'une émeute, on entendra les sirènes des pompiers, ajouta Marty. Venez donc un peu dans le coin cuisine, nous y serons plus à l'aise que derrière nos bureaux."

Elle jeta un regard à Marty, puis à Steven Seagull, qui était aussi vif malgré ses quasi quatre-vingts ans que lorsqu'il en avait trente. Elle en était certaine. "Les cours reprennent ? demanda-t-elle.
- Absolument, acquiesça Steven, et bien qu'il afficha un sourire radieux, elle sentait bien qu'il était sérieux. Et vous savez ce qu'il y a de chouette pour des vieux de la vieille comme nous ?
- C'est que vous n'avez à faire la classe qu'à des gens qui ont envie d'apprendre ?
- Pou' su'. Avez-vous envie d'apprendre, Amélia ?
- Oui."
Pas une seconde d'hésitation.
"Alors venez vous assoir à la table de la cuisine un petit moment."

A suivre...

* Dry Bones : chant religieux afro-américain. Littéralement "Os desséchés".




Comme la dernière fois... commentaires etc...

Et promis, la prochaine fois.. on attaque la "vraie" histoire... si si... :) mais il faut bien que je vous tienne en haleine hein ? après tout y'a 52 semaines dans une année !

Eh !!!

Nan !!!

Revenez !!!

Promis y'aura pas 52 chapitres.. je crois pas que je tiendrais la distance de toute façon... ^^"

Edito : 
La suite : Chapitre 3

par Cassandre publié dans : Textes
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