Dimanche 9 septembre 2007
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Je viens de visionner un épisode d'une série américaine "Law and Order" et à vrai dire il m'est très difficile d'écrire cet article en français, toutes mes idées me
venant en anglais... après avoir vu Sicko de Michael Moore et dont je vous ai déjà parlé précédemment, voici que par hasard l'épisode 11 de la saison 17 de cette série plus connue chez nous
sous le nom de "New York District" aborde plus ou moins le même sujet.
Il semble qu'à des degrés divers même si le problème ne touche "que" 50 millions (46 millions et des brouettes selon la série mais on est pas à quelques milliers de personnes près, are we ?) de
gens, il semble que cela soit le problème du plus grand nombre.
Dans la série il est question d'un cas fictif (mais est-il si fictif que ça ?? On sait bien que toute fiction est basée sur au moins un peu de vérité) où un docteur prélève des tissus de
corps morts dont il n'a pas eu l'autorisation de la famille. Résultant de ce fait, il n'a pas les antécédants médicaux de la victime et forcément commet des erreurs. En l'occurence un homme
qui n'avait pas les moyens de se payer une greffe des jambes se retrouve avec des greffons d'une femme accidentée dont personne ne savait qu'elle était atteinte d'un cancer ovarien. Il se trouve
que ce monsieur meurt de ce cancer sans le savoir. Techniquement, c'est un meurtre.
Un autre patient se trouve avoir reçu des tissus de la même doneuse sans en avoir eu conscience, sans avoir eu "le choix". Mais il n'aurait pu, sans l'aide de ce docteur qui ne faisait pas payer
les patients "pauvres" continuer ses études, son talents résidant dans le basket, sa greffe concernant le genou, je vous laisse supposer les concéquences pour un basketteur avec un genou en
moins.
Pas de bol, lui aussi est atteind de ce cancer ovarien. Mais c'est encore à un stade curable, il n'en veut pas au médecin sans son intervention de toute façon, il n'aurait pas eu la bourse
pour continuer ses études.
Evidemment, le procureur fait son job, il est contre le médecin. Y'a le jugement, les arguments pour, les arguments contre.
Ce que retient la série, c'est que finalement, seuls les plus riches peuvent et se disent, qu'ils sont en droit de recevoir des soins de premier ordre, parce qu'ils payent pour. Quid des plus
pauvres alors ?
Pour résumer bêtement, on s'en fout.
Le docteur avait-il vraiment tord alors de faire ce qu'il a fait ? Surtout quand on sait que l'on hésite pas à retirer un membre greffé à celui qui ne peut payer la greffe ? Et dont l'assurance,
la mutuelle chez nous, a refusé l'opération ou le remboursement ?
En définitive je crois que oui, les Etats-Unis ont oublié ce que c'était que l'entre-aide, effrayés qu'ils sont par le spectre du communisme et de la guerre froide.
On ne verrait jamais ça en France.
Pour autant notre système est-il parfait ?
Je ne crois pas.
A priori, pour en avoir discuter avec un anglais, je dirais que le système britanique est pas si mal. Peut être mieux que le nôtre.
Je m'explique.
En France, si vous ne voulez pas faire l'avance des frais de consultation de docteur, généraliste ou non, il faut vous rendre à l'hôpital. Et encore j'en suis même pas sûre à 100 % , je
n'ai jamais essayé, si quelqu'un sait et peut me renseigner ce sera avec plaisir que je l'écouterais.
Donc en dehors de l'hôpital, où il arrive que vous ayez à débourser quelques euros malgré tout, rien n'est vraiment gratuit. Car si l'on songe que l'on est obligé de payer une mutuelle...
la gratuité des soins, on repasse. De même, on est obligé de faire l'avance lorsqu'on se rend dans un cabinet de médecine générale, ou autre. Sans parler des examens. Du moins dans la plupart des
cas. Certains médecins vont vous demander si vous préférez être encaissé de suite ou plus tard... mais vous avez intérêt à payer par chèque. Mais voyons les choses en face, 9 fois sur 10 on fait
l'avance des soins et on est remboursé plus tard. Quid si nous n'avons pas les moyens de faire cette avance sans pour autant être si démunis qu'on nous prendrais en charge à 100 % ?
Hors, en discutant avec cet anglais, j'ai appris qu'à partir du moment où on quotise à la NHS (National Health Service - Sécurité sociale) il suffit de prendre rendez-vous dans des cabinets
dépendants de la NHS et on ne débourse pas un seul penny et ce ne sont pas des hôpitaux ou des services d'urgence. Ok, le gars n'a pas su me donner les délais d'attente, si c'est comme chez nous
pour un cabinet de médecin généraliste : entre tout de suite et une semaine. Lui n'y va pas, de part son travail il a accès à des cabinets privés, des mutuelles qui ont leur propres "cabinets de
médecins"...
Le trou de la sécu, si vous l'ignoriez, est surtout constitué des défauts de paiement des entreprises étrangères établies en France aux côtisations sociales. Ben oui, elles nous font pour la
plupart le chantage suivant : "si je dois payer vos côtisations, je déménage"... après on s'étonne qu'on ne gagne pas assez. Je parle bien sûr de gros groupes internationnaux, je n'en citerais
pas les noms, parce que trop nombreux et puis à quoi bon, j'ai qu'à laisser votre intelligence faire le reste, vous trouverez bien. Et sans forcer.
Ok, y'a aussi les gens comme vous et nous qui grugent... mais bon... dans la masse je suis pas sûre qu'ils puissent vraiment combler les lacunes.
Alors le système britannique parfait ? J'y crois pas trop non plus. Il y a forcément des inconvénient qu'on nous a pas dit.
Mais entre tout ça, y'a une chose qu'il ne faut pas qu'on perde de vue totalement, c'est qu'il est impératif qu'on garde notre capacité d'empathie, de solidarité.
Je ne sais pas ce que nous réserve l'avenir, mais la voie que choisi notre cher Président pour certaines choses ne me plait guère.
Privatisation... on sait que ce n'est pas la solution.
Il faut pouvoir trouver une solution intermédiaire, trouver encore des choses pour que les moyennes classes soient aussi bien traitées que les plus démunis ou les plus riches.
Car finalement, en France, fait pas bon être le cul entre deux chaises.